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Affaires triplés – hôpital de district de Logbaba-douala : Le rapport d’expertise dévoile les erreurs humaines et les failles du système de santé

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Le décès de trois nouveau-nés prématurés à l’hôpital de district de Logbaba, à Douala, a suscité une vive émotion et mis en lumière les graves lacunes du système de santé camerounais. Un rapport d’expertise accablant révèle une série d’erreurs humaines et de manquements matériels, soulignant l’urgence d’une réforme profonde pour éviter de nouvelles tragédies.

« Nous certifions avoir rempli, en notre âme et conscience, notre mission les 29 et 30 janvier 2025, respectivement à l’hôpital de district de Logbaba et à l’hôpital Laquintinie de Douala. La mission qui nous a été confiée consiste à faire toute la lumière, aux plans technique, éthique et déontologique, sur les circonstances ayant entraîné le décès de trois nouveau-nés prématurés à l’hôpital de district de Logbaba, et, si possible, à formuler des recommandations pour éviter que pareil accident ne se reproduise dans l’avenir », écrit la commission, présidée par Pauline Ndobo, gynécologue-obstétricienne, et composée de Bilkissou Moustapha, gynécologue-obstétricienne, et Béatrice Kaptue Moudze, pédiatre-néonatologiste. En effet, Nguemga Kameni Maeva, enceinte de 25 semaines, est admise à l’hôpital de Logbaba pour perte des eaux.

Le diagnostic de menace d’avortement tardif est posé, mais le transfert vers un établissement mieux équipé n’est pas organisé immédiatement. « On aurait dû organiser le transfert in utéro immédiat de la parturiente avec une ambulance médicalisée dans un hôpital de niveau 3 », déplore le rapport. Face à l’évolution rapide de la situation, les trois bébés naissent prématurément avec un poids de naissance extrêmement faible. Faute de couveuse de transport et d’oxygène portable, ils sont transférés dans des conditions rocambolesques : « Les enfants seront bien enveloppés dans des draps secs et placés dans un carton avec des bouteilles d’eau tiède tout autour d’eux », relate le rapport. Un mode de transport “indigne” pour des prématurés. Les triplés sont nés prématurément, avec des poids de naissance très faibles (650 g, 500 g et 600 g).

Arrivés à l’hôpital Laquintinie, les bébés sont pris en charge dans l’unité de soins intensifs néonatals. Malgré les efforts de l’équipe médicale, les trois nourrissons décèdent peu de temps après leur admission. Le rapport pointe du doigt le manque de matériel adapté : « Même dans les hôpitaux de niveau 3, tout le matériel n’est pas disponible pour la prise en charge de la très grande prématurité : absence de matériel pour prendre les voies centrales, le manque d’anesthésiste spécialisé pour nouveaux-nés et le manque de matériel pour intuber les nouveaux-nés de très petit poids de naissance. Actuellement, aucun hôpital au Cameroun n’est capable de prendre en charge un bébé de 25 semaines ayant un poids de naissance de 500 g ».

Au-delà des aspects techniques, le rapport souligne également des manquements éthiques et déontologiques. L’information des parents sur le pronostic des bébés a été jugée insuffisante, et l’absence de consentement éclairé est pointée du doigt. « La traçabilité écrite des informations données aux parents concernant le pronostic des triplets dans le dossier de maternité » est une des recommandations formulées par la commission d’enquête. La commission d’enquête a rendu son rapport au ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, qui aura le pouvoir de sanctionner tout manquement dans la prise en charge médicale. L’objectif de l’enquête est d’établir les responsabilités et de sanctionner tout manquement dans la prise en charge médicale.

Des recommandations pour éviter de nouvelles tragédies

Face à ces constats alarmants, le rapport formule plusieurs recommandations. Il insiste sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des grossesses à risque, de renforcer la formation du personnel médical et d’équiper les hôpitaux en matériel de réanimation néonatale adéquat. « Faire le transfert in utero pour toutes les femmes ayant une grossesse à risque… dans un hôpital de niveau 2 ou 3 », préconise le rapport. L’affaire des trois bébés de Logbaba met en lumière les défis majeurs auxquels est confronté le système de santé camerounais en matière de prise en charge de la prématurité. Le rapport d’expertise, s’il est suivi d’actions concrètes, pourrait être une étape cruciale vers l’amélioration des soins de santé maternelle et infantile au Cameroun. En effet, les recommandations formulées dans le rapport pourraient conduire à des changements significatifs dans la façon dont les hôpitaux et les équipes médicales gèrent les cas de prématurité et les grossesses à risque.

A lire aussi: 6èmes journées scientifiques de la Société camerounaise de médecine périnatale : Les recommandations pour une meilleure prise en charge de la santé maternelle et infantile

Il est essentiel que les autorités sanitaires camerounaises prennent des mesures concrètes pour mettre en œuvre les recommandations du rapport, telles que la formation régulière des médecins et des infirmières pour améliorer leurs compétences en matière de soins aux prématurés et aux femmes enceintes à risque, l’équipement des hôpitaux de district et des hôpitaux de niveau 3 avec des couveuses de transport, des appareils de réanimation néonatale et d’autres équipements essentiels pour les soins aux prématurés. la mise en place d’un système de transfert in utéro efficace pour permettre aux femmes enceintes à risque d’accéder à des soins spécialisés dans les hôpitaux de niveau 3 ; l’amélioration de la communication entre les équipes médicales et les parents pour garantir que les familles soient informées de la situation de leurs enfants et impliquées dans les décisions concernant leurs soins, la création d’un système de suivi pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place et identifier les domaines qui nécessitent des améliorations supplémentaires.

Elvis Serge NSAA

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