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Yaoundé : L’addiction aux substances fortes défie les lois de la physique

Bouteilles plastique à la main, non pas pour étancher la soif, mais pour inhaler une ivresse dangereuse.
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Dans les rues de la ville aux sept collines, les adolescents, sous l’emprise d’une substance inquiétante, dorment debout, révélant l’absurdité tragique d’une réalité où précarité et désespoir poussent les jeunes à la consommation de drogues.

Le contraste saisit au cœur, une dissonance cognitive qui oscille entre l’hilarité nerveuse et une profonde tristesse. Une vidéo virale, diffusée en sourdine sur les réseaux sociaux, immortalise une réalité troublante qui émerge dans les rues de Yaoundé : des adolescents, les yeux hagards, le corps ballotant, semblent défier les lois de la physique en dormant debout. Une mélodie lancinante, qualifiée avec une pointe d’ironie sombre de “petit dark le ngue” – comprenez “mon petit fume le chanvre” en argot local – vient souligner l’absurdité tragique de cette scène.

Mais derrière le potentiel comique involontaire se cache une vérité bien plus amère. Sur l’emblématique avenue Kennedy, des observateurs attentifs remarquent un accessoire inquiétant entre les mains de ces jeunes : des bouteilles plastiques pour consommer la drogue. Loin de contenir une boisson énergisante classique, ces flacons sont utilisés pour inhaler les vapeurs d’un alcool bon marché, détourné de son usage premier pour procurer une intoxication rapide et dangereuse.

Ce spectacle désolant n’est pas sans rappeler une pratique alarmante observée en République Démocratique du Congo, où des jeunes sont accros à ce que l’on appelle la “bombé” : la cendre toxique récupérée des tuyaux d’échappement des véhicules. L’effet recherché est similaire : une altération de la conscience si puissante qu’elle conduit à un état cataleptique où le corps, paradoxalement, reste figé en position verticale, donnant l’illusion d’un sommeil debout.

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Selon la cellule de communication du ministère de la Santé publique, les chiffres de la consommation de drogues au Cameroun sont alarmants. En effet, depuis le 26 juin 2024, le Ministère de la Santé Publique à travers le Comité National de Lutte contre la Drogue (CNLD), a reçu au total 2057 patients parmi lesquels 932 anciens et 1125 nouveaux. Ainsi, 47 patients sont âgés de moins de 15 ans, dont 26 de sexe masculin et 21 de sexe féminin. De plus, 308 patients sont de la tranche d’âge de 15 à 19 ans, dont 278 de sexe masculin et 30 de sexe féminin. En outre, 679 patients sont de la tranche d’âge de 20 à 24 ans, dont 623 hommes et 56 femmes. Ces chiffres montrent que les jeunes sont les plus vulnérables à la consommation de drogues, et qu’il est essential de mettre en place des programmes de prévention et de sensibilisation ciblés pour cette population.

Selon les dernières statistiques, la substance la plus consommée au Cameroun est le cannabis avec 689 cas, suivi de l’alcool avec 378 cas, et du tabac avec 366 cas. Ensuite, il y a la cocaïne avec 219 cas, le tramadol avec 260 cas, les amphétamines avec 24 cas, et d’autres drogues avec 135 cas. Cela montre que la consommation de drogues est un problème complexe qui nécessite une approche globale et coordonnée pour être résolu.

L’apparition de ce phénomène à Yaoundé soulève une vague d’inquiétudes. Si l’ampleur exacte de cette nouvelle forme d’addiction reste à déterminer, les conséquences potentielles sur la santé de ces jeunes sont désastreuses. L’inhalation de vapeurs d’alcool concentrées et de résidus de combustion expose l’organisme à une myriade de risques : lésions pulmonaires et cérébrales irréversibles, troubles neurologiques, dépendance sévère et une détérioration générale de l’état physique et mental. Selon Audrey Yonga, psychologue, les raisons qui poussent ces adolescents à se réfugier dans cet état d’hébétude sont complexes et multifactorielles. La précarité socio-économique, le manque de perspectives d’avenir, la désintégration familiale et l’absence de structures de soutien adéquates sont autant de facteurs qui peuvent rendre ces jeunes vulnérables aux sirènes de l’addiction.

E.S.N

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