Une étude publiée par le Centre Africain pour la Santé Mentale et le Sport (ACSMH), basé au Kenya, a révélé que 72% des athlètes interrogés ont déclaré que l’échec avait un impact négatif significatif sur leur santé mentale, entraînant des sentiments de dépression, d’anxiété et de perte de motivation.
Dans le monde du sport de haut niveau, l’échec peut être un obstacle difficile à surmonter, et ses répercussions sur la santé mentale des athlètes sont souvent sous-estimées, en particulier sur le continent africain. Dr. Mwangi Kinyua, directeur du Centre Africain pour la Santé Mentale et le Sport (ACSMH), souligne l’importance de cette question : « Les athlètes africains, tout comme leurs homologues internationaux, subissent une pression énorme pour réussir. Cependant, l’accès limité aux ressources de soutien psychologique et la stigmatisation entourant la santé mentale dans certaines cultures africaines peuvent aggraver les effets de l’échec ».
Plusieurs athlètes de renom ont partagé leurs expériences personnelles avec l’échec et son impact sur leur santé. La sprinteuse camerounaise, Michèle Bissene, qui a connu une disqualification controversée aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, a ouvertement parlé de sa lutte contre la dépression après cet incident. « C’était un moment dévastateur pour moi. J’ai ressenti une immense pression et une perte de confiance en moi. J’ai dû faire face à des critiques publiques et à des doutes sur ma carrière, ce qui a affecté ma santé mentale », a-t-elle confié lors d’une récente conférence de presse.
Le footballeur sénégalais, Sadio Mané, qui a récemment raté un penalty crucial lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, a également abordé le sujet. « L’échec fait partie du sport, mais il peut être difficile à gérer. La pression et les attentes peuvent peser lourdement sur les épaules d’un athlète. Il est essentiel d’avoir un soutien solide et des ressources pour faire face à ces moments difficiles », a déclaré Mané dans une interview exclusive.
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Les institutions sportives africaines prennent également des mesures pour soutenir la santé mentale des athlètes. La Confédération Africaine de Football (CAF) a récemment annoncé un partenariat avec des organisations de santé mentale pour fournir des services de conseil et de soutien aux joueurs et aux entraîneurs. « Nous reconnaissons que la santé mentale est une composante essentielle du bien-être des athlètes. Nous voulons nous assurer que nos joueurs ont accès à l’aide nécessaire pour faire face aux défis émotionnels liés à la compétition de haut niveau », a déclaré le président de la CAF, Patrice Motsepe.
Une enquête menée par l’Union des Fédérations Sportives Africaines (UFSA) a mis en lumière l’ampleur du problème. Parmi les athlètes interrogés à travers le continent : 65% ont déclaré ne pas avoir accès à un soutien psychologique adéquat dans leur environnement sportif ; 48% ont indiqué que la pression de la performance avait un impact négatif sur leur santé mentale ; 30% ont rapporté avoir souffert de dépression ou d’anxiété à la suite d’un échec sportif majeur.
Face à ces statistiques et aux témoignages des athlètes, les experts appellent à une action collective pour améliorer le soutien en matière de santé mentale. « Il est essentiel que les fédérations sportives, les entraîneurs et les institutions gouvernementales travaillent ensemble pour fournir des ressources et une éducation appropriées », a déclaré le Pr Amina Traoré, psychologue sportive à l’Université de Dakar.
En conclusion, l’échec dans le sport peut avoir des conséquences profondes sur la santé mentale des athlètes africains. En reconnaissant ce problème et en offrant un soutien psychologique adéquat, les institutions sportives et les organisations de santé peuvent contribuer à créer un environnement plus sain et plus résilient pour les sportifs de haut niveau du continent.
Junior NTEPPE KASSI














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