Docteur Anatole Doklaï, Chirurgien-dentiste, Responsable du Cabinet Dentaire La Référence.
Pourquoi organiser une campagne de soins buccodentaires ?
Nous avons pensé organiser cette campagne dans l’optique de permettre à ceux et celles qui n’arrivent pas à se soigner d’en bénéficier grâce à cette œuvre humaine que nous organisons tous les 4 mois dans le District de santé de Dang. Et c’est ça l’objectif de notre campagne puisque durant les 4 derniers mois, nous avons enregistré de nombreuses personnes qui sont venues en consultation pour différentes douleurs dentaires. L’objectif de notre campagne était aussi de réduire le coût des soins et leur donner la possibilité de se soigner.
Recevez-vous des personnes en consultation hors campagne quand le recours aux personnels soignants sans être malade n’est pas une habitude répandue dans la communauté ?
En dehors de la campagne, nous recevons presque chaque jour des malades qui viennent en consultation. Et nous pouvons estimer en moyenne 45 malades par semaine.
Quelles sont les principales pathologies buccodentaires que vous rencontrez au quotidien dans votre cabinet ?
Les pathologies buccodentaires enregistrées au quotidien dans notre cabinet sont les pulpites dentaires c’est à dire l’inflammation de la pulpe dentaire suite à un processus carieux bien que la carie demeure le fléau qui gangrène l’organe dentaire. Ces pulpites sont classées en plusieurs types. Celles chroniques et d’autres qui sont aiguës. Et ce sont les cas les plus aiguës qui amènent souvent les malades en consultation. En dehors de la pulpite, nous enregistrons également des cas de cellulite, ce sont les plus souvent des complications de ces pulpites mais aussi suite à d’autres pathologies comme la péricoronarite ou encore les traumatismes alveolodentaires. Et le conseil que nous donnons chaque jour aux malades, c’est de se rapprocher des chirurgiens-dentistes tous les six mois pour la prévention des pathologies buccodentaires, même s’ils ne sont pas malades. Même comme chez nous en Afrique, tant qu’on ne ressent pas de douleur, on ne se rapproche pas du personnel de santé pour la prévention.
A lire aussi: Ngaoundéré : Environ 45 consultations par semaine au cabinet dentaire La Référence
Quelles peuvent être les complications en cas de recours tardif aux soins pour les maladies buccodentaires ?
C’est ça l’objectif secondaire même de notre campagne. Et le plus souvent, en cas de recours tardif à des soins buccodentaires ou à des prises en charge, les complications qui peuvent survenir sont par exemple la perte de l’organe dentaire, c’est-à-dire la personne perd définitivement sa dent. Et là, le seul recours face à cette complication est la prothèse. Chose que tout le monde n’a pas la possibilité d’en procurer. Puisqu’il y en a plusieurs types de prothèses. Il y a les prothèses fixes qu’on implante dans l’os ou en prenant l’appui sur les dents adjacentes. Et il y a aussi la prothèse adjointe ou amovible que le malade peut en cas de nécessité retirer de temps en temps. Et tous ces moyens de restauration ou réhabilitation sont vraiment coûteux. Et ce n’est pas du tout évident. Pour la population. Et deuxièmement, d’autres complications peuvent aussi survenir comme la cellulite, c’est-à-dire le problème traverse le parodonte et se retrouve au niveau de tissu cellulo-adipeux.
Propos recueillis par Jean Besane Mangam










Comments are closed