Le 12 juin 2026, l’agence technique de l’Union africaine a diffusé une directive officielle sommant les États membres de blinder en urgence les contrôles au niveau de toutes leurs frontières.
Africa CDC demande aux États membres de renforcer les contrôles au niveau de toutes les frontières
L’heure est à la mobilisation générale sur le front sanitaire africain. Face à la progression inquiétante de l’épidémie de maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) sont passés à l’offensive. Le 12 juin 2026, l’agence technique de l’Union africaine a diffusé une directive officielle sommant les États membres de blinder en urgence les contrôles au niveau de toutes leurs frontières.
Une urgence de sécurité continentale
Érigée dès la mi-mai au rang d’« urgence de santé publique de sécurité continentale », la crise actuelle exige, selon l’organisation, un renforcement immédiat et sans concession de la surveillance dans les aéroports, les ports maritimes et les postes-frontières terrestres. L’agence a formellement identifié dix pays à haut risque, particulièrement exposés à la contagion transfrontalière : le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo, le Burundi, l’Angola, la République centrafricaine et la Zambie.
Dans un courrier direct adressé aux ministres de la Santé du continent, le Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, a plaidé pour une réponse coordonnée, rapide et rigoureusement adossée aux données scientifiques pour éviter que l’épicentre ne se transforme en crise généralisée.
Protéger les populations sans asphyxier l’économie
L’enjeu majeur de cette stratégie réside dans un équilibre complexe : sanctuariser l’espace public tout en garantissant la continuité des flux économiques. « La protection de la santé publique et la sécurisation des déplacements doivent progresser de concert », a martelé le Dr Kaseya. L’agence privilégie ainsi le dépistage non invasif et le contrôle sanitaire strict au départ et aux points d’entrée plutôt que des restrictions économiques aveugles ou un blocage des opérations humanitaires.
Un déploiement technique massif
Pour opérationnaliser cette riposte, l’Africa CDC a publié un guide de nouvelles directives techniques. Celles-ci imposent la prise de température systématique, des formulaires de déclarations sanitaires rigoureux, le déploiement de personnel qualifié, ainsi que des procédures d’isolement strictes en cas de symptômes compatibles. Ce sursaut sécuritaire, mené en collaboration avec l’OMS, intervient alors que l’organisation a salué le soutien de l’Europe, matérialisé par la récente visite de Hadja Lahbib en Afrique de l’Est. L’effort politique culminera le 16 juin prochain lors d’une réunion de haut niveau réunissant les chefs d’État africains et leurs partenaires internationaux pour sceller le financement et accélérer la lutte.







