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Journée mondiale du donneur de sang 2026 : 53 % des besoins en sang non couverts au Cameroun

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À l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang 2026, le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) a fait le point de la situation au Cameroun. Malgré une hausse de 27,33 % sur quatre ans, les 187 224 poches obtenues en 2025 ne couvrent que 47 % des besoins.

La Journée mondiale du donneur de sang s’est célébrée le dimanche 14 juin 2026 d’une manière particulièrement stratégique au Cameroun. Réunis sur l’esplanade du Musée National à Yaoundé, les responsables du Comité National de Transfusion Sanguine (CNTS) guidés par leur Directrice générale, le Pr Dora Ngum Shu Mbanya, le représentant du ministre de la Santé Publique et le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont partagé une tribune commune. L’objectif : faire un point sans fard sur la situation de la disponibilité du sang dans le pays et interpeller la conscience collective.

L’événement a servi de caisse de résonance aux mouvements de jeunesse et aux messages forts de sensibilisation. Parmi eux, le Club 25 Cameroon a déployé son mot d’ordre historique : « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies ». Dans les allées du Musée, plusieurs autres slogans percutants ont été mis en exergue pour inciter au passage à l’acte : « Un geste volontaire, un espoir pour quelqu’un », « Je donne mon sang, je sauve une vie », ou encore l’interpellation directe : « Et vous, quand donnez-vous le vôtre ? ». Le corps de métier de la presse a lui-même prêché par l’exemple à travers le témoignage de Martial Kombou, journaliste qualifié de « héros discret et quotidien » : « Au moment où je vous parle, j’ai effectué plus de 50 dons de sang. »

Une progression encourageante des indicateurs de collecte

Prenant la parole lors des allocutions officielles, le représentant du ministre de la Santé Publique, le Dr Yaba Basile, a mis en évidence l’intérêt majeur du gouvernement à voir le nombre de dons de sang augmenter pour couvrir la demande nationale. Les statistiques présentées par la direction générale du centre témoignent d’une réelle accélération sur les quatre dernières années. En valeur relative, le volume des collectes globales a progressé de 27,33 %. Cette dynamique s’appuie directement sur une augmentation de plus de 35 % du nombre de donneurs de sang en valeur relative. Pour les autorités sanitaires, cette courbe ascendante est la conséquence directe de l’intensification des stratégies de sensibilisation et de mobilisation sociale déployées par les pouvoirs publics et le CNTS. En investissant les espaces publics, les grands carrefours et les milieux professionnels à travers l’ensemble des dix régions

du Cameroun, les équipes mobiles s’efforcent de déconstruire les réticences culturelles pour faire du don un réflexe citoyen régulier.

Le revers de la médaille : un déficit structurel de 53 %

Pourtant, malgré ces motifs de satisfaction, le tableau national demeure préoccupant. Les chiffres consolidés révèlent qu’à la fin de l’année 2025, le Cameroun a enregistré un total de 187 224 poches de sang collectées. Ce volume, bien qu’en hausse constante, ne représente que 47 % des besoins théoriques du pays.


Le constat est mathématique et rigoureux : le système fait face à un écart permanent de 53 % de sang non couvert pour satisfaire la demande nationale. Cette pénurie structurelle signifie que si la tendance ne s’inverse pas radicalement via le don volontaire, plus de la moitié des patients camerounais en détresse chirurgicale, obstétricale ou pédiatrique risquent de ne pas avoir accès à une poche de sang sécurisée en temps utile.

Modernisation et perspectives politiques

Pour inverser cette tendance et bâtir une sécurité transfusionnelle souveraine, le ministère de la Santé Publique, à travers la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires, et le CNTS ont finalisé la révision de la Politique Nationale de Transfusion Sanguine et du Plan Stratégique National 2026-2030.

Sur le plan technique, des acquis concrets se déploient : la mise à disposition de congélateurs réfrigérés (jusqu’à -10°C et moins) pour la conservation des produits, le développement d’un laboratoire multidisciplinaire de contrôle qualité et le renforcement des capacités du personnel via le projet PADOC. De plus, les chantiers de construction des nouveaux bâtiments du centre avancent à Garoua et à Yaoundé, concrétisant la volonté de modernisation des infrastructures.

Le gouvernement étudie parallèlement l’intégration formelle des prestations de transfusion dans le mécanisme de la Couverture Santé Universelle (CSU), une modalité déjà effective pour le couple mère-enfant dans le cadre du programme du Chèque Santé. Enfin, pour motiver le vivier des donneurs bénévoles non rémunérés, le déploiement d’une nouvelle série de cartes nationales de donneurs de sang est annoncé dans les formations sanitaires afin de faciliter leur identification et leur prise en charge prioritaire.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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