Réunie ce 24 juin 2026 au Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique, l’équipe nationale de coordination a évalué le dispositif de riposte au virus Ebola sous la présidence du Dr Manaouda Malachie. Taux de réalisation : 32 %. Des progrès notables, des lacunes persistantes, et un appel pressant aux partenaires techniques et financiers.
Le Cameroun ne baisse pas la garde face à la menace Ebola. Réunie ce 24 juin 2026 au Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP), sous la présidence du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, l’équipe de coordination nationale de préparation et de riposte a procédé à une évaluation exhaustive du dispositif préventif mis en place depuis le déclenchement de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo et en Ouganda, deux pays voisins dont la situation sanitaire impose une vigilance accrue à l’ensemble de la sous-région.
32 % de réalisation : des progrès, mais le chemin est encore long
Trente-quatre jours après le lancement d’une feuille de route nationale articulée autour de neuf piliers stratégiques, le taux de réalisation s’établit à 32 %. Un chiffre qui traduit une mise en mouvement réelle du dispositif, sans pour autant masquer l’ampleur des efforts restants.
Parmi les acquis enregistrés : le dispositif de coordination est opérationnel, des procédures standardisées de réponse ont été élaborées, les outils de surveillance ont été actualisés et les équipes du Centre d’appels 1510 ont été formées à la détection et à la notification des cas suspects. Aux points d’entrée prioritaires, les aéroports internationaux de Yaoundé-Nsimalen et de Douala, des évaluations ont été conduites et des agents formés à la gestion des cas suspects. Des salles d’isolement sont déjà fonctionnelles à Nsimalen, et des exercices de simulation ont permis de tester les capacités de réaction des équipes sur le terrain.
Sur le plan biologique, le pays dispose d’un réseau de plus de 500 personnes formées pour les interventions rapides, ainsi que d’un laboratoire national capable de réaliser les diagnostics de la souche Bundibugyo, la souche actuellement en circulation dans la sous-région. Les intrants nécessaires au diagnostic ont été acquis grâce à l’appui des partenaires techniques.
Des lacunes qui appellent une réponse urgente
Malgré ces avancées, plusieurs insuffisances critiques ont été identifiées. L’absence de caméras thermiques fonctionnelles dans les deux principaux aéroports internationaux constitue une vulnérabilité majeure du système de surveillance aux points d’entrée. À Douala, aucune salle d’isolement n’est encore disponible. Les équipements de protection individuelle (EPI) restent insuffisants, et la disponibilité des intrants de diagnostic et de prise en charge demeure limitée.
Pour combler ces lacunes, les autorités ont arrêté un plan d’action à court terme : organisation d’exercices de simulation à grande échelle, renforcement des capacités du personnel, acquisition des équipements manquants, mise en place de nouveaux sites de prise en charge et déploiement de caméras thermiques dans les deux aéroports internationaux. Le ministre a annoncé la disponibilité de ces caméras dès le mois de juillet prochain, une bonne nouvelle, a-t-il souligné, qui renforcera sensiblement le dispositif de détection précoce.
Manaouda lance un appel aux partenaires
Prenant la parole à l’issue des présentations, le Dr Manaouda Malachie s’est dit satisfait du niveau de préparation atteint, tout en appelant à ne pas relâcher l’effort. Il a remercié les États-Unis pour leur accompagnement, représentés à cette rencontre par l’Ambassadeur John G. Robinson, avant de lancer un appel solennel à la mobilisation des autres partenaires techniques et financiers. Car face au virus Ebola, le Cameroun ne peut pas et ne doit pas se battre seul.









