Grâce à la campagne de Chimio-préventive du Paludisme Saisonnier (CPS+), présentée mardi dernier à Ouagadougou, près de 5millions d’enfants auront le privilège d’être administrer d’un traitement préventif gratuit. Un défi titanesque à l’orée de la saison des pluies.
CPS+ : près de 5millions d’enfants à administrer un traitement préventif gratuit contre le paludisme au Burkina Faso
A Ouagadougou et dans tout le pays, l’arrivée des premières pluies sonne comme une alerte. C’est la période critique où le fardeau du paludisme s’alourdit drastiquement. Le Dr Ousséni Ouédraogo, chef de département prévention médicamenteuse et prise en charge, est formel : « Plus de 60 % des cas de paludisme surviennent pendant la saison des pluies, entre juin et novembre. Le moustique y trouve toutes les conditions favorables pour se développer. »
Pour couper l’herbe sous le pied à la maladie, le Secrétariat Permanent pour l’Elimination du Paludisme (SP/Palu) lance sa grande offensive CPS+. Structurée en cinq passages mensuels, la campagne s’étalera de juin à octobre. Le coup d’envoi est donné avec le passage P0, du 25 au 28 juin, visant en priorité 24 districts sanitaires durement frappés. Le dispositif s’élargira ensuite sans répit à l’ensemble des 70 districts du pays en juillet, août, septembre et octobre.
Une stratégie de terrain agressive et globale
Pour ne laisser aucun foyer à l’écart, les agents de santé déploient les grands moyens. Porte-à-porte, postes fixes et même postes fixes avancés dans les régions de Djoro et Tannouyan : tout est fait pour rapprocher les soins au plus près des familles.
Mais cette édition va plus loin qu’une simple distribution de médicaments. Le programme CPS+ intègre désormais une véritable mission de dépistage de la malnutrition aiguë, une vérification du carnet vaccinal contre le paludisme, ainsi qu’une destruction méthodique des gîtes larvaires. Une approche à 360 degrés pour blinder la santé des 3-59 mois. « Notre principal défi, c’est vraiment l’observance des trois prises correctement par les enfants. C’est la prise de ces trois jours qui fait que le médicament marche bien » explique, le Dr Ousséni Ouédraogo.
La discipline des familles, clés de voûte du succès
Le succès de cette vaste opération ne dépend pas uniquement des blouses blanches, mais aussi et surtout de la rigueur des parents. Le traitement préventif exige trois prises rigoureuses. Le Dr Sidzabda Christian Bernard Kompaoré, Secrétaire permanent, tire la sonnette d’alarme : « Malheureusement, ce sont les enfants qui n’auraient pas bénéficié du traitement complet qui vont grossir les rangs de nos formations sanitaires et développer des formes dont la prise en charge devient complexe. »
Pour éviter cela, les centres de santé sont sur le pied de guerre et rappellent les règles de base : administrer la solution progressivement, à heures régulières, et après avoir nourri l’enfant. À noter qu’un enfant qui est déjà fiévreux ou malade n’est pas éligible à la CPS et doit être référé en urgence vers une structure de soins.
Un tel déploiement a un coût lourd, mais entièrement assumé par la solidarité nationale. Le Dr Ouédraogo précise que sur les 5 milliards de francs CFA mobilisés en 2025 pour appuyer la lutte, 2,7 milliards sont spécifiquement dédiés à la CPS. Cerise sur le gâteau, l’extension de la campagne aux enfants de 5 à 9 ans dans les zones à forte incidence est entièrement financée sur le budget de l’État. « Le socle sur lequel repose cette stratégie, c’est véritablement l’État burkinabè », conclut fièrement le Dr Kompaoré. Une mobilisation nationale pour que l’hivernage rime enfin avec sérénité pour les tout-petits.









