Sous le haut accord de la Présidence de la République, la CAMWATER a signé ce 23 septembre un protocole avec CGCOC pour un projet de modernisation des systèmes d’eau potable. Réparti en deux phases, il permettra non seulement de sécuriser l’accès à l’eau dans dix villes, mais aussi de stimuler l’économie locale et de transférer des compétences.
La Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) vient de franchir une étape déterminante dans sa mission de service public. Ce mardi 23 septembre 2025, à Yaoundé, s’est tenue la cérémonie officielle qui a marqué la signature d’un protocole d’accord entre le Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise MOUSSA, et son homologue de CGCOC Cameroun LTD, Lu CHUNYU.
Ce partenariat vise la réhabilitation et le renforcement des systèmes d’approvisionnement en eau potable (SAEP) dans dix villes camerounaises. L’acte posé n’est pas anodin : il illustre l’engagement constant de la CAMWATER à offrir un service public de qualité et à répondre à une demande sociale pressante dans un contexte où l’accès à l’eau potable reste un défi pour de nombreuses communautés.
Dix villes bénéficiaires dans six régions
Les localités concernées par ce projet sont Tignère, Abong-Mbang, Guidiguis, Kribi, Mbandjock, Monatélé, Ndokayo, Ngong, Ntui et Pitoa. Réparties dans six régions du pays, elles présentent des profils variés allant de zones rurales enclavées à des centres urbains en pleine croissance.
Dans chacune de ces villes, les habitants connaissent des difficultés récurrentes liées à l’insuffisance ou à la vétusté des installations existantes : rationnements, coupures fréquentes, faibles débits ou encore recours à des sources d’eau non sécurisées. Le projet CAMWATER–CGCOC ambitionne de transformer cette réalité en améliorant la disponibilité, la qualité et la fiabilité de l’eau potable.
Une vision soutenue par la Présidence de la République
La signature de ce protocole d’accord bénéficie du Haut Accord de la Présidence de la République. En donnant son aval, le chef de l’État, S.E. Paul Biya, a une nouvelle fois démontré son intérêt stratégique pour les questions sociales essentielles, notamment l’accès des populations à l’eau potable.
Ce projet s’inscrit dans la droite ligne de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) et dans la dynamique des Objectifs de Développement Durable (ODD), en particulier l’ODD nᵒ 6. Celui-ci appelle à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement, et à assurer une gestion durable des ressources hydriques.
« Nous avons toute confiance en la rapidité de mise en œuvre de ce projet et l’entreprise qui a été choisie a des états de service, des capacités techniques, une réputation, mais surtout est très engagée en tout ce qui concerne la satisfaction des objectifs du développement durable, notamment l’accès sécurisé en qualité et en quantité à l’eau potable. » S’est ainsi exprimé le DG de la CAMWATER.
Un projet structuré en deux phases
La réalisation s’étalera sur une durée totale de 78 mois, soit un peu plus de six années, et se déploiera en deux grandes phases. La première phase, qui durera 36 mois, portera sur la modernisation et la réhabilitation des systèmes d’eau potable existants dans cinq villes pilotes. La seconde phase, également de 36 mois, permettra de construire de nouveaux systèmes intégrés et performants dans les cinq autres localités retenues.
Une phase préparatoire de maturation technique et institutionnelle de six mois inclus dans le timing global est prévue avant le démarrage effectif des travaux. Cette structuration vise à garantir une planification rigoureuse, un suivi rapproché et une mise en œuvre progressive des infrastructures afin d’en assurer la durabilité.
Partenariat technique et financier solide
Le projet repose sur une synergie entre acteurs locaux et partenaires internationaux. La CAMWATER, en sa qualité de maître d’ouvrage, assurera la coordination et le pilotage global. L’entreprise CGCOC Cameroun LTD, forte de son expertise dans le domaine des infrastructures hydrauliques, jouera le rôle de partenaire technique.
Sur le plan financier, le projet bénéficie du soutien d’Eximbank China, institution bancaire de premier plan qui a déjà contribué à la réalisation de plusieurs projets structurants au Cameroun. Ce montage institutionnel et financier démontre la confiance des partenaires étrangers dans la vision et la capacité de la CAMWATER à conduire des projets d’envergure.
« Nous sommes partenaires de la CAMWATER depuis 2007… Après la signature du protocole d’accord, nous allons suivre le programme établi par les techniciens de la CAMWATER, afin que les populations puissent bénéficier d’une eau potable de qualité dans les meilleurs délais. » Ainsi s’est exprimé Lu CHUNYU, DG de CGCOC Cameroun LTD.
Bénéfices attendus pour les populations
Les retombées de ce projet dépassent le simple cadre technique. À terme, près de 1,2 million de Camerounais devraient bénéficier directement d’un accès amélioré et plus fiable à l’eau potable. Ce chiffre représente une avancée significative dans la réduction des inégalités sociales liées à l’eau, ressource indispensable à la santé, à l’éducation et au développement économique.
Le projet contribuera également au transfert de compétences entre les experts étrangers et les ingénieurs locaux, renforçant ainsi la capacité nationale dans le domaine de l’hydraulique. Sur le plan socio-économique, il générera des emplois directs et indirects pendant la durée des travaux et stimulera les activités connexes, de la logistique aux services locaux.
Un appel à l’appropriation citoyenne
Dans son allocution, le Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise MOUSSA, a salué l’engagement de l’État et de ses partenaires, tout en rappelant la dimension citoyenne de ce projet. Il a invité les populations bénéficiaires à s’impliquer activement, à protéger les installations et à adopter une gestion rationnelle de l’eau.
« Ce projet est le vôtre, il est conçu pour améliorer vos conditions de vie. Son succès dépendra de la manière dont vous vous l’approprierez et contribuerez à le préserver », a-t-il déclaré.
Au-delà de son aspect technique, cette initiative se veut un levier de mobilisation collective autour d’un bien commun essentiel : l’eau. Elle symbolise aussi une nouvelle étape dans la marche du Cameroun vers un développement inclusif et durable.
Mireille SIAPJE















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