La 23ᵉ édition de la campagne “Vacances sans SIDA” a enregistré des performances remarquables avec 4,8 millions de jeunes sensibilisés, 336 000 préservatifs masculins et 26 094 tests de dépistage réalisés.
Le rapport du Minsanté révèle également un taux de prévalence du VIH de 0,7 % (avec 189 cas positifs identifiés) et de l’hépatite B de 3,9 % (avec 680 cas positifs), illustrant l’efficacité de l’approche de dépistage et d’orientation vers les centres de prise en charge.
Le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a dressé un bilan de la 23ᵉ édition de la campagne « Vacances sans SIDA », lors d’un point de presse tenu ce 23 septembre 2025 à Yaoundé.
Axée sur le thème « Zéro nouvelle infection à VIH chez les jeunes », la 23ème édition confirme les progrès du Cameroun dans la lutte contre le VIH/SIDA tout en révélant de nouveaux défis, notamment chez les adolescents et face à l’hépatite B.
Lancée le 23 juillet dernier, cette campagne a mobilisé 670 jeunes volontaires. Elle a touché des milliers de jeunes à travers les dix régions du pays. « Les résultats préliminaires, bien qu’encore en cours de consolidation, sont encourageants », a déclaré le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie. Au cours de cette campagne, plus de 4,8 millions de jeunes ont été sensibilisés via diverses approches, notamment les causeries éducatives, les réseaux sociaux et les médias.
Cette mobilisation a été accompagnée par la distribution de plus de 336 000 préservatifs masculins, 33 000 préservatifs féminins et 117 630 lubrifiants. « Il faut préciser qu’un accent particulier a été mis sur les activités d’éducation et sur l’utilisation correcte de ces préservatifs. Le dépistage volontaire du VIH et de l’hépatite B était au menu des services offerts aux populations en général durant cette 23e édition de Vacances sans sida. En ce qui concerne le dépistage volontaire et gratuit du VIH, il ressort des rapports disponibles que 274 674 personnes se sont présentées aux équipes des 10 unités mobiles des régions durant la campagne, dont 158 578 femmes et 116 106 hommes », révèle le Minsanté.

Ces personnes ont été accueillies suivant les protocoles en vigueur. 26 094 personnes ont effectivement réalisé un test de VIH, dont 15 245 femmes et 10 849 hommes. 25 964 ont retiré le résultat pour un taux de retrait de 99,5%. 189 cas positifs ont été identifiés, dont 92 hommes et 97 femmes, soit un taux de prévalence de 0,7%. 67 personnes étaient des cas VIH positifs déjà connus. Parmi les 122 personnes nouvellement testées positives, 115 ont été mises sous traitement antirétroviral immédiatement, soit un taux de mise sous traitement antirétroviral de 94,2%. Dans la même lancée, les cas testés positifs ont été encouragés à adhérer à la Couverture Santé Universelle pour bénéficier des offres gratuites de paquets de soins disponibles.
L’impact positif des dépistages volontaires de l’hépatite B
Le Dr Manaouda Malachie a précisé qu’en ce qui concerne le dépistage volontaire et gratuit de l’hépatite virale B, il ressort des rapports exploités que 288 650 personnes ont été conseillées sur la maladie durant la campagne dont 167 854 femmes et 122 796 hommes. « De ces chiffres, 17 247 personnes ont été testées et 14 104 ont retiré leurs résultats pour un taux de retrait de 81,7%. L’on a enregistré 680 cas positifs à l’hépatite B, soit une séroprévalence de 3,9%. Les personnes testées séropositives ont été orientées vers les centres de prise en charge. Les personnes testées séronégatives, notamment les jeunes filles, ont été sensibilisées et informées de l’existence d’un vaccin sûr et efficace qui permet de prévenir l’hépatite B. Les données en termes d’administration effective du vaccin pour prévenir l’hépatite B sont encore attendues. En attendant la consolidation finale de ces données, nous pouvons admettre, sans risque de nous tromper, que les objectifs de la campagne « Vacances sans SIDA » 2025 ont été atteints », révèle Minsanté.
De plus, les résultats préliminaires de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 relèvent une épidémie stable, comme je l’ai dit, dans la population sexuellement active, gage d’une bonne performance en termes de réduction de nouvelles infections et de baisse de la mortalité liée au VIH-SIDA. « Aussi, pour toute personne vivant avec le VIH-SIDA identifiée au Cameroun, notre capacité de mise sous traitement et d’atteinte de la suppression virale est déjà au seuil de 95 %, signe d’un progrès remarquable vers le contrôle de l’épidémie dans notre pays. De nombreux défis persistent, cependant, à notre ambition et détermination communes à inverser définitivement la tendance », précise le ministre de la Santé Publique.
Le rôle crucial du Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS)

Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance positive à l’échelle nationale, mise en évidence par les données récentes du Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS). « Le rapport du Comité National de Lutte contre le SIDA indique que 1 996 238 personnes ont été testées au VIH en 2024. 46 025 cas positifs ont été recensés, dont 36 171 nouveaux cas et 9 854 cas déjà positifs. L’analyse révèle que les cas nouvellement déclarés VIH positifs représentent 78,6% des cas positifs identifiés au niveau national. 336 cas et 1 184 cas ont respectivement été recensés dans les tranches 15-19 ans et 20-24 ans. Nous croyons que c’est encore énorme comme statistique. On peut donc le constater, les jeunes paient encore un lourd tribut », argumente le Dr Manaouda Malachie. Ces données confirment la stabilité de l’épidémie, un signe de la bonne performance des programmes de prévention et de traitement.
Cependant, le ministre a souligné que les adolescents et les jeunes adultes, notamment les 15-24 ans, représentent encore environ 30 % du poids des nouvelles infections, un chiffre alarmant qui justifie des actions ciblées comme la campagne « Vacances sans SIDA ». Le CNLS, placé sous la conduite de son Secrétaire Permanent, Dr Joseph Fokam, joue un rôle essentiel dans le suivi de ces statistiques et l’orientation des stratégies nationales pour réduire la propagation du virus dans ces groupes vulnérables.
Un signal d’alarme pour la Santé Publique
Pour l’avenir, le ministère de la Santé Publique prévoit d’intégrer davantage de services de dépistage et de prévention dans les prochaines éditions de la campagne, en y incluant la tuberculose et le paludisme, pour une approche plus globale de la santé des jeunes. L’édition 2025 de « Vacances sans SIDA » s’achève sur une bonne note. Pour le patron de la Santé au Cameroun, les efforts de prévention et de dépistage doivent se poursuivre, en ciblant particulièrement les jeunes, pour atteindre l’objectif de « zéro nouvelle infection » et éradiquer le VIH en tant que problème de Santé Publique au Cameroun à l’horizon 2030.
Junior NTEPPE KASSI















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