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Affaire Manuella Fenou : Les éclairages du Dr Thom Bolivar

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Dans une interview accordée à notre rédaction, le Sous-Directeur en charge de la Médecine du Sport en service au ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) parle de la contribution de l’Etat dans la prise en charge de la jeune Judokate, Manuella Fenou (19 ans) immédiatement après l’accident dont elle a été victime au cours d’une compétition internationale de Judo disputée il y a quelques années au palais polyvalent des Sports de Yaoundé.  

Peut-on dire que les dispositions ont été prises par l’Etat à travers le Minsep pour assurer les athlètes Camerounais au cours de la compétition pendant laquelle la jeune judokate, Manuella Fenou s’est blessée ?

Il faut déjà savoir que toutes les prédispositions avaient été prises, parce que lorsqu’elle fait la chute au palais des Sports de Yaoundé, l’équipe médicale présente a immédiatement essaye de voir ce qui ne va pas. On est en face d’une patiente inconsciente et tétraplégique dont la région cervicale est presque inerte. Qu’est-ce qu’on fait directement ? On l’a mise dans une position sécurisée. Immédiatement, on a eu à lui mettre un conseil cervical. Ensuite, elle a été référée dans les hôpitaux de référence de proximité, et l’hôpital de choix a été porté sur l’Hôpital Général de Yaoundé. Parce qu’il faut noter que cette athlète a eu un traumatisme sévère du rachis cervical.

Une fois arrivée à l’hôpital, qu’est ce qui a été fait ?

Une fois qu’elle est arrivée à l’hôpital Général de Yaoundé, on a eu à faire à cette athlète un scanner. Et lorsque le scanner a été fait, il était clair. L’athlète souffre d’une fracture luxation de la zone cervicale avec une rupture complète de la moelle épinière. Et nous savons que ce sont des traumatismes où généralement le pourcentage du décès va jusqu’à pratiquement 98% et le pourcentage de suivi c’est de 2%. C’est pour ça qu’il fallait que des vrais spécialistes puissent prendre en charge cette jeune fille. On a fait appel au Pr Vincent de Paul Ndjientcheu, qui est l’ancien Directeur de l’Hôpital Général de Yaoundé. Il est un grand expert dans la chose. C’est un maître de la neurochirurgie au Cameroun. Donc le professeur Ndjientcheu et ses collègues spécialistes ont eu à la prendre en charge. Et laissez-moi vous dire, le pronostic était très clair. Parce que lorsque vous avez une fracture luxation du rachis cervical avec rupture de la moelle, c’est clair que vous allez perdre la motricité. Mais, il était question aussi qu’on se batte, afin qu’elle ne soit pas comme un légume. Nous devions au moins récupérer la stabilité du rachis ou de la colonne vertébrale.

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L’opération a été faite selon les règles de l’art, et cette dernière a récupéré. Et il faut savoir qu’avant d’entrer au bloc opératoire, le mandataire de la famille qui était le père de la famille a été interpellé par rapport à ce sujet. On lui a donné le pronostic de la malade, les pourcentages d’échec et les pourcentages de réussite de l’acte qui doit être opposé. Parce que je vous ai dit, le pourcentage de celui-là était quasi nul. Vous comprenez un peu. Donc, le papa a donné son accord, parce qu’il a dit, il aimerait au moins que sa fille ait une autre vie. Le plus important à ce moment-là était d’abord de récupérer la vie de la fille. Et qu’on puisse voir dans quelle mesure, ne serait-ce que la stabilité du rachis soit là. Et c’est ce qui a été fait.

Que s’est-il passé après le bloc opératoire ?

Donc après le bloc, on l’a récupéré. Elle est devenue consciente. Maintenant, il était question qu’on la réfère au Centre des handicapés, d’Etoug Ebe  à Yaoundé pour qu’elle puisse commencer à faire une rééducation fonctionnelle. Pour que le rachis soit de plus en plus stable. Et, lorsqu’on a commencé à faire la rééducation du rachis, Dieu merci pour nous, la tétraplégie est finie en paraplégie. Ça veut dire qu’elle commence déjà à légèrement mouvoir les membres supérieurs. Et, malgré qu’elle ait perdu la motricité des membres inférieurs. C’est pour ça que je parle de paraplégie. Donc il faut savoir que toutes les prédispositions ont été prises.

Et on est même allé jusqu’à un peu plus.  Je peux dire, qu’on a surpassé la police d’assurance de la compétition. Parce que la police d’assurance qui était prévue, c’était pour toute une équipe. Lorsque vous avez 10 Judokas, si on vous donne une police d’assurance, elle couvre les 10 judokas. Mais, le cas qu’elle a eu, a fait que l’état du Cameroun se mobilise.  Encore, en faisant un appui financier supplémentaire qui va au-dessus de la police d’assurance.

Parce que son acte chirurgical coûtait extrêmement cher. Et avec la rééducation fonctionnelle qu’elle a faite au centre des handicapés d’Etoug Ebe. Donc, ce n’était pas chose facile, mais Dieu merci.

Est-ce que vous avez noté quelques motifs de satisfaction ? Et quels sont vos pronostics pour l’avenir de cette jeune athlète ? 

Premièrement, là où nous sommes satisfaits, c’est que la jeune fille a eu à récupérer la vie. Deuxièmement, l’instabilité du rachis, malgré qu’elle soit sous fauteuil roulant. Troisièmement, c’est vrai qu’il y a eu perte de la motricité. Mais, cette perte de la motricité, nous avons espoir qu’avec le temps, qu’elle puisse aussi retrouver la motricité des membres inférieurs.  Mais, il faut savoir déjà que lorsqu’il y a fracture ou luxation avec section complète de la moelle épinière, ça il faut qu’on se dise la vérité, les scientifiques le savent, les chances pour que vous retrouviez votre motricité, sont très faibles. Je pourrais dire même dans les 2 à 3%. Mais vous savez, nous les médecins, ce qu’on fait, on soigne et le Seigneur fait le reste.

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI

 

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