Grâce à l’entomoculture, des éleveurs camerounais réduisent drastiquement leurs coûts de production.
En aquaculture, l’alimentation représente le principal poste de dépense. Concrètement, pour produire un kilogramme de poisson, un éleveur dépense en moyenne 1300 FCFA. Or, le coût de l’aliment à lui seul absorbe 70 % de cette somme, soit environ 910 FCFA par kilo. Face à cette réalité, comment alléger la facture sans sacrifier la croissance des poissons ? En effet, avec les nouvelles techniques de production, il est possible de réduire significativement cette charge. Pour cela, une solution prometteuse émerge : l’entomoculture, c’est-à-dire l’élevage contrôlé d’asticots. Ces larves constituent en réalité un aliment de choix, hautement protéiné, pour les poissons et même les volailles. Toutefois, une nuance importante doit être apportée. Durant les premiers mois de vie des alevins, un aliment importé de démarrage reste impératif. Ce dernier booste la croissance initiale et assure un bon taux de survie.
Par conséquent, l’asticot ne remplace pas totalement l’aliment industriel, mais intervient comme un complément de finition stratégique. Ainsi, le schéma idéal est le suivant : démarrage avec un aliment classique, puis introduction progressive des asticots à un stade de croissance précis, lorsque le système digestif du poisson est mature. Cette complémentation permet de réduire la part d’aliment importé et donc de faire chuter le coût final du kilogramme produit.
Autre avantage considérable, produire des asticots ne nécessite pas de grands capitaux. En effet, avec seulement 25 000 FCFA, un éleveur peut se lancer. Un seau, un peu de son, des déchets organiques (marc de café, restes de fruits, sang de bétail) et quelques mouches suffisent pour démarrer un petit élevage. Ensuite, en quelques jours, la première récolte d’asticots est prête.
Néanmoins, cette technique requiert rigueur et hygiène. D’une part, il faut veiller à la qualité des substrats pour éviter les maladies. D’autre part, il est essentiel de ne nourrir les poissons aux asticots qu’à un stade bien défini, sous peine de troubles digestifs. C’est pourquoi, une formation légère est recommandée pour les débutants. En définitive, l’asticot devient un allié économique majeur, à condition d’en produire en quantité suffisante et de l’intégrer intelligemment dans la ration. Ainsi, pour un éleveur qui maîtrise la technique, le coût de production peut descendre bien en dessous des 1300 FCFA habituels, rendant le poisson frais plus abordable pour tous et l’activité plus rentable.
L’entomoculture, ou élevage contrôlé d’insectes, connaît un essor planétaire. Sur le plan écologique, l’entomoculture affiche une faible empreinte en eau et en espace. Elle s’inscrit dans une économie circulaire vertueuse en valorisant les coproduits agroalimentaires. Économiquement, la rentabilité est forte, avec des opportunités accessibles, notamment en Afrique centrale et de l’Ouest.










