Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji et la ministre de l’Habitat et du développement urbain, Célestine Ketcha-Courtès, se sont rendus sur le lieu du drame pour apporter le réconfort du couple présidentiel aux familles sinistrées et les premières mesures qui s’imposent.
Horreur et douleur à Mbankolo, dans le deuxième arrondissement de la ville de Yaoundé. Au moins 30 personnes sont mortes dans l’effondrement d’un pan de colline recouvert d’habitations précaires, provoqué par des pluies torrentielles. Le drame s’est produit en début de soirée dans le quartier de Mbankolo, le dimanche 08 octobre 2023. Celui-ci a été provoqué par la rupture d’une digue retenant les eaux d’un lac artificiel situé en hauteur, gonflé par des pluies diluviennes, selon la chaîne de télévision publique CRTV. « C’était aux environs de 19 heures 30 minutes, il pleuvait, on a coupé directement le courant, j’étais à l’intérieur de la maison. » Je sens un bruit assourdissant, je sors de la maison, je me place devant la porte et je demande à mes enfants de sortir. Quand je regarde en face, je vois quelque chose qui jaillit. C’était l’eau. Ça descendait de la colline. J’ai demandé à mes enfants de fuir. Au cours de son passage, ça terrassait les maisons. On retirait les corps dans l’eau avec les téléphones. Les populations faisaient des fouilles avec des téléphones, dans le noir, puisqu’on avait coupé la lumière. « Mama, les gens sont morts ooooo », explique Blandine Tchoundjo, survivante. Deux femmes en pleurs s’effondrent et se roulent au sol en hurlant leur douleur.
Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji et la ministre de l’Habitat et du développement urbain, Célestine Ketcha-Courtès, se sont rendus ce matin sur le lieu du drame pour apporter le réconfort du couple présidentiel aux familles sinistrées. « Ces maisons ont été construites dans une zone dangereuse », a déploré sur place le ministre Atanga Nji. « Nous allons travailler à sensibiliser les gens afin que toutes ces zones non constructibles soient libérées. Chaque année nous avons des morts ». « Mon neveu est sorti pour recueillir de l’eau et il a attendu un grand bruit comme un avion qui tombait ». Derrière lui, il me dit que c’est l’arbre, je crois que c’est l’arbre si, je lui dis, c’est quel arbre qui tombe sur la maison. Il me dit que la maison est en train de se verser sur nous. Quand je veux sortir, j’attends un autre bruit et je vois l’eau qui est déjà presque sur mon toit. L’enfant voulait fuir, l’eau l’a poussé sur la clôture et il a attrapé la clôture. Pendant ce temps, il observe sa maison en train de partir dans l’eau, et il voulait se jeter à l’eau. C’est un aîné qui l’a sauvé. Il y a également un nouveau-né de trois mois, qui a été retrouvé ce matin, 9 octobre 2023, dans les décombres. « Mon neveu en question est hospitalisé », explique une riveraine en larme.
Matelas, couvertures et recasement seront organisés par le ministre de l’Administration territoriale. « Une digue de retenue d’eau, qui avait été construite depuis l’époque coloniale, a rompu après une forte pluie. » Les eaux qui venaient des flancs du mont Mbankolo et du mont Fébé ont ravagé les habitations qui étaient construites en contrebas.
Nous sommes encore en train de faire des recherches, mais il y a quelques décédés, les enfants, les femmes et les hommes. « Je ne peux pas encore donner un bilan exhaustif, mais il y a des décédés », Maire de Yaoundé II, Martial Yannick Ayissi. Les sapeurs-pompiers sont arrivés et ils ont procédé à l’extirpation d’une dizaine de corps. Plusieurs membres des familles disent avoir perdu des proches et sont encore dans les fouilles.
C’est l’émoi et la consternation. « Nous sommes encore en train de chercher un petit garçon de 6 ans, on ne sait même pas s’il est encore en vie, ou s’il est mort. » C’est ça notre problème actuellement. Le corps on ne voit pas, l’enfant on ne voit pas. « J’ai déjà marché dans tous les hôpitaux, jusque-là, rien », relate une riveraine. Cette catastrophe arrive quelques jours après la célébration de la Journée Internationale de l’Habitat.
Au cours de cette célébration, l’habitat décent était l’une des thématiques débattues par les 360 édiles du Cameroun. « J’étais chez moi, le temps d’entrer pour me reposer, subitement, le sommeil ne me prend pas, je décide de sortir ». Et je constate que le niveau d’eau avait augmenté, je retourne pour appeler ma femme dans la chambre à coucher. J’ai sauvé ma femme avec deux enfants. Ce n’est que l’autre petit que je ne sais pas où l’eau l’a entraîné. « Dieu est grand », explique un chef de famille qui a vu sa maison ravagée par une marée d’eau. Les secouristes recherchent encore des victimes.
Elvis Serge NSAA









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