Face à la recrudescence des crises sanitaires, notamment l’épidémie d’Ebola qui touche l’Afrique centrale et de l’Est, l’Africa CDC hausse le ton. L’agence sanitaire continentale appelle les gouvernements à rompre avec la dépendance historique à l’aide extérieure et à investir massivement dans leurs propres systèmes de santé et de recherche.
Africa CDC exhorte les pays africains a financé leur système de santé
L’épidémie d’Ebola en cours illustre dramatiquement cette urgence. Avec plus de 200 décès et près de 900 cas confirmés, les opérations de riposte restent lourdement compliquées par l’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo du virus. Pour le Dr Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC, la situation est claire : si une telle crise avait frappé des régions plus développées, des solutions thérapeutiques auraient été trouvées beaucoup plus rapidement. Un retard imputable au manque d’investissements locaux dans la recherche médicale.
L’urgence de produire localement
Le constat dressé par l’agence continentale est alarmant. Alors que l’Afrique porte 25 % de la charge mondiale de morbidité, elle ne produit que moins de 1 % des vaccins qu’elle consomme et une part marginale de ses médicaments. Une forte dépendance qui expose les populations à de récurrentes ruptures d’approvisionnement en temps de crise.
Pourtant, le jeu en vaut la chandelle sur le plan économique. Optimiser les investissements dans la recherche et le développement (R&D) permettrait au continent de générer à terme 668 milliards de dollars. Pour transformer les engagements politiques en investissements durables, l’Africa CDC entend bien capitaliser sur les 80 millions de dollars de promesses déjà récoltés pour le Fonds africain pour les épidémies, ainsi que sur les 900 millions de dollars d’engagements actés lors d’une conférence internationale de donateurs.
Des leviers financiers identifiés
Pour combler durablement ce déficit, l’Africa CDC, appuyé par des partenaires comme Afreximbank, remet sur la table des mécanismes précis et ambitieux : Atteindre enfin l’engagement de consacrer 15 % des budgets nationaux au secteur
de la santé, un seuil encore hors de portée pour de nombreux Etats. Instaurer des taxes de solidarité ciblées sur les billets d’avion, l’alcool ou encore les services mobiles. Mieux canaliser les 95 milliards de dollars de transferts annuels de la diaspora africaine vers des investissements productifs dans le secteur de la santé.
L’objectif est désormais d’amorcer un véritable virage industriel et souverain, permettant à l’Afrique de fabriquer ses propres vaccins et équipements médicaux pour parer, en toute autonomie, aux prochaines menaces sanitaires.











