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SANTE ANIMALE

Cuniculture : Sa rentabilité et ses multiples débouchés

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Entre production d’une viande blanche faible en graisses et en cholestérol et valorisation des biofertilisants naturels pour l’agriculture, la cuniculture s’impose au Cameroun comme un levier stratégique de santé publique et de sécurité nutritionnelle.

Au cœur des stratégies de diversification agricole et de souveraineté alimentaire, un élevage discret mais prometteur gagne du terrain au Cameroun : la cuniculture. Pratique ancestrale remise au goût du jour, l’élevage de lapins domestiques séduit par sa simplicité, sa rentabilité et ses multiples débouchés. Que ce soit pour la production d’une viande saine, riche en protéines et faible en graisses, pour la valorisation des poils et fourrures, ou encore pour l’expérimentation scientifique et le loisir, cet élevage s’impose comme une activité stratégique pour les petits et grands exploitants.

Une filière en pleine structuration

L’un des atouts majeurs de la cuniculture réside dans sa capacité à s’inscrire dans une logique d’économie circulaire. Les déjections, et en particulier l’urine riche en azote, constituent un fertilisant naturel d’une grande efficacité pour l’agriculture. Des entrepreneurs camerounais, comme Thierry Nguefack à Yaoundé, ont développé un biofertilisant baptisé « lapurine », qui permet de revitaliser les sols appauvris par les engrais chimiques. Avec 100 sujets, il est possible de collecter jusqu’à 500 litres d’urine par mois, offrant ainsi une ressource précieuse pour les cultures tout en réduisant les coûts d’intrants. Des entreprises comme Farm Industries, spécialisée dans la valorisation durable des ressources animales, intègrent pleinement cette approche en combinant élevage, transformation de

viande, production de fourrures et fabrication de fertilisants biologiques. Cette synergie entre élevage et agriculture crée des boucles vertueuses, où les déchets d’un système deviennent les ressources d’un autre.

Des défis à relever pour une filière durable

Si les perspectives sont prometteuses, la filière cunicole camerounaise doit surmonter plusieurs obstacles. La maîtrise des aspects sanitaires est cruciale, car des maladies comme la maladie hémorragique du lapin peuvent décimer des élevages en quelques jours. Une biosécurité stricte, des suivis vétérinaires réguliers et des campagnes de vaccination sont indispensables pour prévenir ces risques. Par ailleurs, l’alimentation des lapins, basée sur des fourrages verts, des graminées et des compléments adaptés, doit répondre à des besoins précis en protéines (15 à 18 % selon le stade), en cellulose (12 à 16 %) et en minéraux. L’utilisation de ressources locales et d’aliments biologiques, comme le maïs, la banane ou le soja, est encouragée pour réduire la dépendance aux intrants importés.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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