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Eradiquer la Peste des petits ruminants : Le Cameroun affine sa stratégie

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Réunis à Mbankomo du 29 septembre au 1er octobre 2026, les experts du MINEPIA et de l’Union africaine ont révisé le plan national de lutte contre la peste des petits ruminants, avec l’ambition d’éradiquer la maladie d’ici 2030.

Elle décime les troupeaux, ruine les éleveurs et menace la sécurité alimentaire de toute une région. La peste des petits ruminants, communément appelée PPR, reste l’une des maladies animales les plus redoutées en Afrique. Pour lui barrer la route, le Cameroun a réuni ses experts. Du 29 septembre au 1er octobre 2026, la ville de Mbankomo a abrité un atelier de trois jours consacrés à la validation du Plan stratégique national d’éradication de la peste des petits ruminants et de contrôle des autres maladies prioritaires des petits ruminants.

Cette rencontre de haut niveau a rassemblé le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, représenté par son Conseiller Technique N°1, des experts de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale, de l’Union Africaine par le biais du Bureau Interafricain des Ressources Animales, des délégués régionaux ainsi que des responsables du MINEPIA. Objectif affiché. Établir une trajectoire coordonnée vers l’éradication de la PPR à l’horizon 2030, fondée sur une approche progressive et différenciée selon la situation nationale et régionale.

Dans son discours d’ouverture, le Conseiller Technique N°1, Dr Mimbang Guy Iréné, a rappelé l’engagement du Cameroun. « Le Cameroun s’est engagé à respecter et à suivre les objectifs mondiaux d’éradication de la PPR à l’horizon 2030. Cet atelier est là pour revisiter le plan stratégique d’éradication du Cameroun, avec l’accompagnement du Bureau Interafricain des Ressources Animales de l’Union africaine. Les trois jours que nous ferons ensemble serviront à revoir les documents, pour permettre que nous ayons un plan stratégique d’éradication qui nous permette d’atteindre ces résultats, mais qui soit également aligné aux autres plans panafricains et sous régionaux », a t il indiqué.

Les chiffres témoignent d’un effort considérable déjà accompli. Le ministère de l’Élevage a fait vacciner plus de 16 millions de têtes de petits ruminants. Des chiffres cumulés sur trois ans. Pour le Dr Ndongo Casimir, coordonnateur régional du programme de lutte contre la peste des petits ruminants en Afrique centrale, le Cameroun avance dans le bon sens. « Le ministère de l’Élevage du Cameroun a fait vacciner plus de 16 millions de têtes de petits ruminants. Des chiffres cumulés pendant trois ans. Alors, étant arrivé au stade 3 de ces efforts, il est important qu’on révise la situation épidémiologique et que les actions de lutte soient réorientées », a-t-il déclaré.

Mais la prudence reste de mise. La maladie possède un fort caractère transfrontalier. « L’Union africaine, avec les ressources et l’appui de l’Union européenne, vient à la rescousse de tous les pays infectés, dont le Cameroun. Mais dans une approche régionale, où tous les pays ensemble doivent évoluer. Le Cameroun a fait beaucoup d’efforts. La dernière carte épidémiologique de la PPR au Cameroun, le Plan d’Urgence Sanitaire de Prévention sur le Cameroun, nous montrent que l’aspect transfrontalier était le risque le plus élevé. Nous revisitons donc la stratégie du Cameroun », a-t-il expliqué.

Cette dimension régionale est essentielle. Aucun pays ne peut éradiquer seul une maladie qui ignore les frontières. La coordination entre les États, l’harmonisation des campagnes de vaccination et le partage des données épidémiologiques constituent des conditions de réussite. Le Cameroun, en organisant cet atelier, démontre sa volonté de jouer un rôle moteur dans cette dynamique.

Conduits par le Directeur des services vétérinaires du MINEPIA, le Dr Temwa Jonas, les travaux se sont poursuivis avec des exposés et des groupes de travail coordonnés par des experts. Les participants ont examiné les forces et les faiblesses du dispositif actuel, identifié les zones à risque et formulé des recommandations claires. Le plan revisité devra permettre de renforcer la surveillance, d’améliorer la couverture vaccinale et de garantir un meilleur suivi des troupeaux.

Pour les éleveurs, l’enjeu dépasse la simple santé animale. La PPR détruit des moyens de subsistance, appauvrit des familles et fragilise l’approvisionnement en viande et en lait. Chaque bête perdue représente un revenu envolé, une scolarité compromise, une sécurité alimentaire menacée. Éradiquer la maladie, c’est donc protéger des communautés entières et soutenir l’économie rurale.

Le Cameroun dispose désormais d’une feuille de route actualisée. Les recommandations issues de Mbankomo devront se traduire en actions concrètes sur le terrain. La vaccination, la sensibilisation des éleveurs, la formation des agents vétérinaires et la coopération sous régionale

seront déterminantes. L’horizon 2030 est fixé. Le compte à rebours est lancé. Chaque dose de vaccin administrée, chaque troupeau surveillé et chaque frontière coordonnée rapprochent le pays de cet objectif. La lutte contre la peste des petits ruminants n’est pas une simple affaire technique. C’est un combat pour la souveraineté alimentaire et la dignité des éleveurs.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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