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Exploitation sexuelle : 13% de femmes ont été victimes au Cameroun, au cours des 12 derniers mois

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L’Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III 2004, EDS-MICS 2011 et EDSC-V 2018) réalisées auprès d’échantillons représentatifs des ménages aux niveaux national et régional, montrent que les différentes formes de violence, qu’elles soient sexuelle, physique, émotionnelle ou psychologique, y compris le mariage forcé, le déni de ressources, d’opportunités ou de services, persistent au Cameroun malgré la baisse des taux de prévalence observée depuis 2004.

L’exploitation sexuelle impacte majoritairement les filles et les femmes qui sont les plus vulnérables face aux violences sexuelles: 72 % de victimes de l’exploitation sexuelle sont des filles. D’après l’EDSC-V 2018, 13% de femmes ont été victimes de violences sexuelles à un moment quelconque de leur vie et 5% au cours des 12 derniers mois. Au rang des victimes rapportées en 2018, figurent 2% de femmes qui avaient subi leur première violence sexuelle avant d’atteindre l’âge exact de 15 ans, 6% de femmes avant l’âge exact de 18 ans. Les femmes sont presque autant victimes de violences sexuelles en milieu urbain (5%) qu’en milieu rural (6%). Par ailleurs, celles en union en rupture d’union sont plus exposées à ce type de violence que les célibataires. Ce phénomène est plus prononcé chez les femmes vivant dans la région du Centre que dans les autres régions.

Contrario, le phénomène est moins fréquent dans la région de l’Extrême-Nord. Pour les personnes en union ou en rupture d’union, le conjoint actuel (54% chez les femmes et 57% chez les hommes), l’ancien mari/partenaire (24% chez les femmes et 36% chez les hommes), sont les principaux auteurs des violences sexuelles aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

 Les violences physiques

En 2018, 39% de femmes et 42% d’hommes âgés de 15-49 ans ont déclaré avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans. Ce pourcentage élevé chez les hommes est dû à un nombre important de victimes dans la tranche d’âges 15-19 ans. 35% de femmes résidant dans la région du Centre (sans Yaoundé) sont victimes de violences physiques.

Tandis que les femmes vivant dans la région du Centre (sans Yaoundé) sont les plus touchées par le phénomène (35%), celles vivant dans le Littoral (sans Douala) sont les moins touchées (4%)…chez les hommes, c’est dans l’adolescence que le phénomène est relativement plus répandu. C’est surtout à 15-19 ans pour les hommes, et dans la tranche d’âges de 25-29 ans pour les femmes qu’il y a plus de victimes de violence.

En 2018, 7% des femmes enceintes auraient été victimes de violence physique au cours des 12 derniers mois. Il est à relever que cette prévalence a baissé de moitié par rapport à 2011, où elle était estimée à 14%. Les femmes enceintes vivant en milieu rural (8%) en souffrent plus que celles résidant en milieu urbain (5%). Celles des régions du Centre (sans Yaoundé) et du Sud en sont également plus concernées que celles des autres régions.

Pour environ trois cas sur cinq (64%), le conjoint actuel est l’auteur de la violence physique, et pour un cas sur cinq (21%), c’est l’ancien mari/partenaire qui en est l’auteur. Pour les femmes célibataires, la mère/femme du père (29,7%), le père/mari de la mère (26,8%), et/ou un membre de la fratrie (22,8%) sont les principaux auteurs des violences physiques qu’elles ont subies. Comparativement aux tendances observées chez les femmes, le mariage précoce est moins observé chez les hommes. En effet, près de 5% d’hommes âgés de 30-49 ans en 2018 étaient déjà en union avant l’âge de 18 ans. Ce phénomène varie selon l’âge, tendant à diminuer dans les jeunes générations.

Malgré la persistance de la violence émotionnelle, on a observé en 2018, une baisse de 14 points du pourcentage de femmes qui en sont victimes, comparativement à 2011 où 42% de femmes avaient déclaré avoir été victimes à un moment quelconque de leur vie et 22% au cours des 12 derniers mois. Les hommes sont également victimes de cette violence émotionnelle ; en effet, en 2018, ils sont 30% à avoir déclaré en être victimes à un moment quelconque de leur vie et 18% au cours des 12 derniers mois.

Les victimes de l’exploitation sexuelle sont souvent survivantes de violences physiques, de menaces, de manipulations psychologiques et d’autres formes de contrainte pour les obligées à des actes sexuels. Généralement, l’exploiteur (homme ou femme) profitera de l’état de vulnérabilité ou de dépendance de la victime, comme la dépendance aux drogues ou à l’alcool.

Elvis Serge NSAA

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