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Flambée des féminicides : L’État d’urgence décrété

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Face à la hausse continue des crimes contre les femmes, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a mobilisé les administrations, les forces de sécurité, les acteurs de la société civile et les opérateurs économiques pour réajuster les politiques publiques et briser la spirale de l’impunité, ce 30 septembre 2026, à Yaoundé.

50 féminicides officiels en 2023, 67 en 2024, 77 en 2025, et une dramatique accélération avec huit vies brisées en seulement huit jours au mois d’août 2026. Derrière ces bilans macabres consignés par les services compétents se cache une réalité insoutenable qui endeuille les familles et interpelle la conscience nationale. Alors que l’Afrique enregistre le taux de féminicides le plus élevé au monde selon l’ONU, atteignant trois cas pour 100 000 femmes, le Cameroun refuse la fatalité. Face à la persistance de ces crimes intrafamiliaux et de violences basées sur le genre, la réponse institutionnelle s’organise avec une fermeté inédite.

C’est dans ce climat d’urgence absolue que s’est tenue ce mercredi 30 septembre 2026 à Yaoundé la grande réunion interministérielle élargie aux partenaires, placée sous la haute présidence de Moussa Aoudou, Secrétaire Général du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Autour de la table, une mobilisation multisectorielle sans précédent a rassemblé les représentants des ministères de la Justice, de l’Emploi, de l’Éducation de Base, des Enseignements Secondaires, de l’Enseignement Supérieur, des Affaires Sociales, de la Communication, de la Décentralisation, ainsi que la Délégation Générale de la Sûreté Nationale, la CRTV, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, Orange Cameroun et Camtel. Cette concertation d’envergure, inaugurée avec les administrations publiques, a pour vocation de s’étendre très prochainement aux acteurs de la société civile afin d’ériger un front commun infranchissable.

Ouvrant les travaux de cette rencontre décisive, le Secrétaire Général du MINPROFF a planté le décor en soulignant la nécessité impérieuse de réajuster les politiques publiques face à la mutation criminelle des violences. Pour Moussa Aoudou, l’objectif de la conférence est d’apporter des stratégies fortes, des

stratégies gouvernementales pour combattre les homicides au Cameroun : « Vous savez, c’est un phénomène qui a déjà existé, mais en raison de l’ampleur qu’il prend, il est bon que le gouvernement s’intéresse aux mesures susceptibles de le combattre efficacement. » Précisant les limites des dispositifs antérieurs, il a ajouté : « Nous savons que le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, en collaboration avec d’autres ministères sectoriels, les organisations de la société civile et même les partenaires au développement, a développé une stratégie pour combattre les violences basées sur le genre. Mais nous avons réalisé qu’avec la recrudescence des homicides familiaux, ou des féminicides, cette stratégie n’a pas effectivement atteint ses objectifs. Il est donc bon de prendre des mesures. C’est pourquoi nous avons invité les différentes administrations et les partenaires pour voir comment nous pouvons renforcer ces mesures. »

Cette volonté de refonte globale trouve un écho particulier dans les travaux d’affinage technique portés par les responsables de l’administration. Pour Françoise Bernadette Bekono, Sous-Directeur de la Promotion des Droits de la Femme, l’enjeu réside dans l’optimisation d’un cadre normatif qui doit s’adapter aux réalités contemporaines : « L’arsenal juridique existait déjà, avec la loi de 2016, mais nous voulons voir comment réfléchir encore avec les autres administrations pour déterminer ce qui peut être renforcé, afin que ces féminicides puissent être combattus et que ces réformes puissent se réaliser. » Dans le même sillage, Francisca Moto, Directeur de la Promotion Sociale de la Femme, insiste sur l’esprit de cette mobilisation collective : « L’objectif de cette rencontre est de réfléchir ensemble afin de déterminer les stratégies de renforcement des mesures gouvernementales à prendre pour essayer d’éviter les violences basées sur le genre. Vous savez, depuis 2003, nous voulons faire évoluer nos stratégies pour que chaque femme trouve une protection institutionnelle totale. »

Au-delà des cercles gouvernementaux, la société civile et les auxiliaires de justice appellent également à franchir un cap décisif. En scellant cette alliance stratégique entre l’État, les opérateurs économiques et les associations, le Cameroun entend transformer cette concertation en un véritable bouclier protecteur pour ses femmes et ses jeunes filles.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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