L’addiction, loin d’être un simple vice, est une pathologie complexe aux conséquences dévastatrices sur la santé physique, mentale et la vie sociale.
Face à ce fléau qui touche toutes les strates de la société, l’Hôpital Jamot de Yaoundé fait œuvre de pionnier en se dotant d’un service d’addictologie spécialisé, prêt à offrir une prise en charge complète aux patients en quête de sevrage et de guérison.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’addiction aux substances et aux comportements représente un problème de santé mondiale majeur. En 2019, l’usage d’alcool a causé 2,6 millions de décès dans le monde, tandis que les drogues psychoactives ont été responsables de 600 000 décès.
Etymologiquement, l’addiction est définie comme un comportement associé à une dépendance, où la perte de contrôle sur la consommation ou la pratique devient la règle. Elle englobe non seulement les dépendances aux substances psychoactives – les drogues comme la cocaïne, l’héroïne, le crack, mais aussi l’alcool et la cigarette mais également les addictions sans substance (dites comportementales) : téléphone, sexe, jeux de hasard, pour n’en citer que quelques-unes. Selon Dr Nelly Ekotto Mvondo, Addictologue en service à l’hôpital Jamot de Yaoundé, les méfaits de cette maladie sont multiples et profonds. La consommation de substances, par exemple, expose à des risques d’overdose, de troubles cardiaques, de maladies neurologiques et respiratoires graves, sans oublier les cancers associés à l’alcool et au tabac.
L’abus de substances altère la maturation cérébrale chez l’adolescent, pouvant entraîner des troubles de l’attention, de la mémoire, de l’anxiété et de la dépression. Les modes de consommation spécifiques (injection, snif, etc.) augmentent les risques d’infections (VIH, hépatites). Sur le plan social, l’addiction mène progressivement à l’isolement, la marginalisation, et la stigmatisation. Les relations avec l’entourage se dégradent, l’absentéisme scolaire ou la perte d’emploi deviennent fréquents. La recherche incessante du produit ou de la pratique prend le pas sur les obligations quotidiennes, entraînant souvent des problèmes financiers (surendettement, délits). L’impact sur la vie du patient est tel qu’il nécessite une intervention professionnelle et spécialisée pour briser ce cercle vicieux.
L’Hôpital Jamot : un centre d’Excellence pour la rupture
Face à ce fléau, l’Hôpital Jamot de Yaoundé s’est positionné pour devenir un pôle de référence dans la lutte contre l’addiction au Cameroun, en créant un service entièrement dédié à cette prise en charge. La particularité de l’Hôpital Jamot réside dans la composition de son équipe. Dr Ekotto Mvondo souligne la présence d’addictologues spécialisés, une ressource rare dans le pays. Actuellement, deux spécialistes, dont l’un est également psychiatre, travaillent au sein du service. Comme elle le précise : « Il y a toute une équipe qui est mise en place, il y a les addictologues, les psychiatres pour ceux qui ont des problèmes de complications de psychiatrie, les psychologues qui sont là aussi.».
Cette approche pluridisciplinaire est essentielle, car les patients addictes présentent souvent des comorbidités psychiques (anxiété, dépression, troubles psychiatriques) qui doivent être traitées conjointement pour garantir le succès du sevrage. Le service propose une prise en charge complète, articulée autour de deux volets. Premièrement, l’Hospitalisation pour les patients nécessitant un sevrage intensif et une surveillance médicale étroite ; des salles bien aménagées sont dédiées à l’accueil pour assurer leur bien-être et leur sécurité pendant la période critique de sevrage. L’hospitalisation permet de gérer le syndrome de sevrage (symptômes physiques et psychiques liés à l’arrêt du produit) dans un environnement sécurisé.
Deuxièmement, le Suivi en Externe pour les personnes ne nécessitant pas d’hospitalisation ou après leur sortie. Un suivi régulier en externe est mis en place via des rendez-vous, incluant des traitements médicamenteux pour le sevrage, des psychothérapies individuelles et de groupe, et un accompagnement psychologique pour travailler sur les causes profondes et les mécanismes de rechute. L’objectif principal de ce service est d’accompagner les patients « dans le processus de sevrage pour pouvoir arrêter ce problème d’addiction » et de garantir la rupture de la consommation des substances.
Un engagement social fort
En tant qu’hôpital à caractère social, l’Hôpital Jamot réaffirme son engagement à rendre les soins accessibles. Dr Ekotto Mvondo insiste sur le fait que le service de garde et le processus de sevrage sont accessibles à tous, y compris au « camaraderie moyen ». L’ouverture de ce service spécialisé est une étape cruciale pour la santé publique au Cameroun. Elle offre un lieu d’espoir et de guérison pour des milliers de personnes, démontrant que, malgré les difficultés et les préjugés, l’addiction est une maladie qui se soigne. L’Hôpital Jamot garantit son accompagnement pour que « chacun puisse trouver son compte de guérison dans le service ». Le message est clair et sans appel : « Refusez les drogues !!! ». Et si l’addiction frappe, des professionnels sont désormais là pour aider à se relever.
Junior NTEPPE KASSI















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