la ville aux sept collines est le théâtre d’un événement majeur pour l’inclusion sociale en Afrique qui se tient les 24 et 25 octobre 2024. Le Symposium Africain de l’Inclusion Sociale réunit des experts de renommée internationale pour proposer des solutions concrètes et durables pour faire tomber les barrières et construire une société plus juste pour les personnes en situation de handicap.
Au programme, une quarantaine de conférenciers se succèdent dans huit panels pour aborder des préoccupations aussi actuelles que pertinentes, notamment le développement local inclusif, l’autonomisation des personnes handicapées et l’accès inclusif aux soins de santé. Un panel spécial est également consacré à la situation des personnes handicapées en zone de conflit et à l’accès inclusif à l’aide humanitaire.
1,3 milliard de personnes vivent avec un handicap dans le monde, dont 80 millions en Afrique. Un chiffre qui interpelle et qui souligne l’urgence d’agir. C’est dans ce contexte que se tient, à Yaoundé, le Symposium Africain de l’Inclusion Sociale. « Notre prétexte ? Les droits des personnes handicapées ne sont pas toujours respectés, même au sein de leur propre famille », déclare Guy Martial-Tchinda, président du comité d’organisation.
Malheureusement, ces personnes sont confrontées à de nombreuses difficultés d’accès aux soins de santé, à l’information, à l’éducation, à un emploi décent et à l’autonomisation. Elles sont également victimes de stigmatisation, de rejet et de marginalisation, y compris par les membres de leurs propres familles. Ces barrières et comportements stigmatisant ont un impact négatif sur le moral et l’estime de soi des personnes vivant avec un handicap. Pourtant, même avec une déficience, ces personnes conservent toutes leurs chances de développer un potentiel, de se frayer un chemin et de réussir au même titre que leurs compères dits valides.
Les Etats et Gouvernements ont fait des efforts considérables pour améliorer cette situation, mais l’impact réel sur les bénéficiaires tarde à se faire ressentir ou à s’étendre à une bonne majorité. C’est pourquoi il est urgent de prendre des mesures fortes pour promouvoir l’inclusion sociale et l’accessibilité pour tous. Les Objectifs de développement durable des Nations Unies préconisent une société plus inclusive et plus accessible où personne n’est laissé pour compte. Il est temps de passer à l’action pour créer un monde où tout le monde, sans exception, a accès à la santé, à l’éducation, à l’information, à un emploi et à une vie digne.
Ce symposium, qui réunit des experts de quatre pays (France, Togo, Burundi et Cameroun), a pour objectif de sensibiliser sur les enjeux liés au handicap et à l’inclusion, échanger sur les bonnes pratiques et les défis à relever, proposer des solutions concrètes pour améliorer la vie des personnes handicapées. Au programme des conférences scientifiques sur des thématiques variées : développement local inclusif, autonomisation, accès aux soins, éducation, etc. Un panel spécial sur la situation des personnes handicapées en zone de conflit. Des échanges entre experts, décideurs politiques, représentants d’organisations de la société civile et personnes en situation de handicap.
Un plaidoyer fort pour une société plus inclusive
« Nous voulons inciter les États à accélérer les actions en faveur des personnes handicapées », affirme Guy Martial-Tchinda. « Ce symposium est le début d’un long processus ». Le ministère des Affaires Sociales, en partenariat avec plusieurs autres ministères, soutient activement cet événement. Les personnes handicapées ont souvent des difficultés à accéder aux soins. L’école doit être inclusive pour tous. Les personnes handicapées ont le droit de travailler et de vivre dignement. Il est essentiel de favoriser l’autonomie des personnes handicapées. Ce symposium est une étape importante dans la lutte pour l’inclusion des personnes handicapées en Afrique. Il démontre la volonté de la société civile et des pouvoirs publics de faire évoluer les mentalités et de construire un avenir plus juste pour tous.
Elvis Serge NSAA
Interview

Guy Martial TCHINDA
Le Symposium africain de l’inclusion sociale se tiendra du 24 au 25 octobre 2024 à Yaoundé, au Cameroun. Dans cet entretien, Guy Martial Tchinda, président du comité d’organisation, explique les objectifs de ce symposium et les défis que pose l’inclusion sociale en Afrique. Il aborde également les questions de l’accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi pour les personnes handicapées, et les efforts que les États africains doivent faire pour améliorer leur situation.
Vous n’êtes pas de ceux qui attendent les journées mondiales. Quel est donc votre prétexte?
Notre prétexte, c’est que, en 2023, en mars, l’OMS estimait déjà 1,3 milliard de personnes vivant avec un handicap à travers le monde, ce qui représente environ 16 % de la population. Et un article de l’ONU publié en 2019 estimait que 80 millions de ces personnes vivent en Afrique. C’est beaucoup. Et 4 millions de personnes vivent avec un handicap au Cameroun. Et il faut dire que ce sont des personnes qui sont confrontées à de nombreuses difficultés dans l’exercice quotidien de leurs droits, qui leur sont pourtant garantis par des législations internationales et nationales. Je voudrais vous surprendre peut-être en vous faisant remarquer que les droits des personnes handicapées ne sont pas seulement marginalisés par des personnes qui leur sont étrangères, mais aussi parfois par leur propre famille.
Croyez-vous qu’un handicap condamne la personne déficiente à ne rien valoir ou ne rien pouvoir?
Et il faut dire que c’est ce qui justifie la tenue, ce 24 octobre 2024, au siège de l’IRIC à Yaoundé, du Symposium africain de l’inclusion sociale. Nous allons débuter avec la conférence scientifique, qui est l’une des activités de cette grande rencontre internationale. Les États et gouvernements font déjà des efforts considérables pour améliorer cette situation.
Quelle est votre équation personnelle pour lever les obstacles d’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi décent et à l’autonomisation des personnes vivant avec un handicap?
L’équation n’est pas que personnelle, car l’inclusion sociale est une problématique très importante. Et puisque ce symposium repose sur mes épaules, président du comité d’organisation, je voudrais dire que la vision que nous avons, c’est de contribuer de manière pratique à l’amélioration des droits des personnes handicapées. Vous aurez ce symposium de deux jours, avec environ une quarantaine de communications scientifiques. Et à l’issue de ces sessions de conférences, nous aurons un ensemble de solutions qui seront proposées par les experts que nous avons invités et qui viennent de quatre pays : la France, le Togo, le Burundi et le Cameroun. Cet ensemble de solutions sera mis à la disposition des États pour améliorer leur avenir.
Et donc, vous vous sentez suffisamment investi de la légitimité d’inciter les États à accélérer les actions en faveur de la promotion et de la protection des personnes handicapées et même de les motiver à travailler davantage ? Vous ferez du lobbying ?
C’est ça. Mais il faut dire que, dans ce processus, nous sommes accompagnés au niveau étatique par le ministère des affaires sociales. C’est madame le ministre des Affaires sociales qui est la présidente de cette première édition. Mais à côté, vous avez également d’autres parties prenantes qui prennent part à cette édition, notamment le ministère de la santé publique, le ministère de la communication de la République du Cameroun qui nous apporte un appui institutionnel et technique pour la réussite de ce premier symposium.
Pour une société plus inclusive et accessible où personne n’est laissé pour compte, ce plaidoyer, le mènerons-nous en deux jours ?
Non, le plaidoyer se mène sur le long terme. On ne peut pas prétendre le gérer sur le moment et obtenir des résultats immédiats. C’est le début d’un processus. Nous aurons donc des participants qui viennent d’une vingtaine de pays, ainsi que des conférenciers qui viennent de quatre pays. Nous aurons une quarantaine de conférenciers qui se succéderont dans huit panels. Parmi ces panels, nous avons un panel spécial sur la situation des personnes handicapées en zone de conflit et l’accès inclusif à l’aide humanitaire. À côté, vous avez sept autres panels qui abordent des préoccupations aussi actuelles que pertinentes, notamment le développement local inclusif, l’autonomisation des personnes handicapées, l’accès inclusif aux soins de santé, l’éducation inclusive, les objectifs de développement durable et même l’accès à l’information et à la communication dans le contexte des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Afrique.
Propos recueillis par Elvis Serge NSAA
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