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Hôpital Central de Yaoundé : Son personnel soignant marche contre les féminicides et les infanticides

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Samedi 19 septembre 2026, le personnel soignant de l’Hôpital Central de Yaoundé a massivement pris part à la Grande Marche de la Paix, du Vivre-ensemble et de lutte contre les féminicides et les infanticides.

La cité capitale s’est éveillée sous un frisson d’effroi et de dignité ce samedi 19 septembre 2026, alors qu’une marée humaine s’ébranlait de la Voirie Municipale pour converger vers le Boulevard du 20 Mai sous la bannière de l’Association Jeunesse Émergente et Républicaine du Cameroun pilotée par Cathy Meba. Au premier rang de cette mobilisation historique contre les violences basées sur le genre, les féminicides et les infanticides qui meurtrissent le pays, l’Hôpital Central de Yaoundé s’est imposé comme le phare incontesté de la conscience

professionnelle et citoyenne. Porté par la vision rigoureuse de Madame Bouba Glory Nalela, Head of Administrative and Finance Unit, et sous la supervision du Professeur Ongolo Zogo Pierre, Directeur de l’Hôpital central de Yaoundé, avec la présence engagée de figures éminentes telles que la Professeure Martine Etoa, le personnel soignant de cette institution sanitaire de référence a tenu à descendre massivement dans la rue pour exprimer son ras-le-bol face à un bilan macabre intolérable.

Le Cameroun fait en effet face à une terrifiante flambée de violences conjugales et intrafamiliales, avec plus de 60 cas de féminicides officiellement recensés depuis le début de l’année 2026, traduisant une recrudescence systémique qui décime les foyers. Au moins 60 à 61 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint, ex-conjoint ou d’un proche depuis janvier 2026, portées par des vagues particulièrement meurtrières comme celle d’août 2026 où plusieurs épouses et mères ont été exécutées en l’espace de quelques jours.

Cette terrifiante liste noire égrène des prénoms brisés à jamais, de Chimène, 19 ans, à Josiane, 17 ans, en passant par Lydie, 23 ans, Marie, 38 ans, Dominique, 26 ans, Émilienne, 20 ans, Valérie, 17 ans, Fatoumata, 42 ans, Roseline, 45 ans, Céline, 31 ans, Priscilla, 21 ans, Vanessa, 27 ans, Esther, 34 ans, jusqu’à Bertille, 41 ans, fauchées dans la force de l’âge. Le pays est également secoué par la barbarie des infanticides et des enlèvements d’enfants, à l’instar du drame du 16 février 2026 où une mère de famille a empoisonné ses trois enfants avant de se donner la mort, ou encore des affaires tragiques de la petite Divine Mbarga, 11 ans, retrouvée morte dans un chantier en mars 2026 après un viol, et de la petite Noëlle Wandji Bengono, âgée de seulement 18 mois, kidnappée en mai 2026 dans la concession familiale, portant à plus d’une dizaine le nombre d’enfants victimes d’enlèvements ou

d’assassinats entre 2025 et 2026. Face à cette déliquescence morale où nos cœurs sont sales comme nos rues remplies de poubelles, et dimanche on verra les églises saturées, l’Hôpital Central de Yaoundé a choisi d’agir au lieu de subir.

Tout au long de l’itinéraire menant du Poste Central à la Boulangerie Selecte, de Camair-Co à l’Intendance, en passant par la Montée Anne Rouge, l’Avenue des Banques, le MINREX, la Maison de la Radio, le Collège de la Retraite, la Falaise du Mfoundi et le Monument J’aime Mon Pays, le personnel de l’Hôpital Central de Yaoundé a fait résonner sa voix à travers des cartons portés haut et fort, traduisant son combat quotidien au cœur des urgences.

Les agents brandissaient des messages percutants pour dénoncer les ravages du whisky en sachet, qualifié tour à tour de danger silencieux pour notre santé et notre avenir, de facteur favorisant des féminicides, et d’alcool bon marché dont il faut absolument protéger nos jeunes sous le leitmotiv évocateur de tout petit sachet, gros risque.

Les pancartes du personnel insistaient également sur l’impératif du bien-être psychologique en proclamant que la santé mentale compte, qu’il faut parler, écouter et accompagner, et que souffrir en silence n’est pas une solution car il faut demander de l’aide. Dans un souci d’apaisement global indispensable à l’équilibre psychique, d’autres messages de sensibilisation portés par les blouses blanches rappelaient que bien dormir, c’est aussi protéger sa santé mentale, qu’il faut moins de bruit, plus de sommeil, moins de stress, respecter le repos des autres en réduisant les nuisances sonores, et rester vigilants car le bruit peut masquer les appels au

secours. Enfin, les slogans institutionnels assuraient avec force que stop aux féminicides, chaque vie compte, que la violence détruit la santé physique et mentale, et qu’ensemble, il faut dire non aux féminicides, le tout unifié derrière la grande banderole de l’hôpital proclamant que marcher pour la paix, c’est aussi marcher pour la santé, la prévention et le bien-être de tous.

Au cœur de ce cortège de la dignité retrouvée, Richard Tchadap, surveillant général adjoint, et Bouba Glory Nalela, Head of Administrative and Finance Unit, ont apporté l’éclairage institutionnel et analytique de l’Hôpital Central de Yaoundé sur les causes profondes de ces tragédies. Nous pensons à l’hôpital central que nos phénomènes, déjà, nous sommes contre la violence sous toutes ses formes, pose d’emblée Richard Tchadap pour délimiter l’engagement total des équipes soignantes qui se trouvent en première ligne dans la réception quotidienne des victimes de traumatismes et de viols sur mineurs.

Lorsque les praticiens écoutent les anamnèses des patients, un lien de cause à effet s’impose avec une implacable régularité, montrant que les agresseurs agissent quasi systématiquement sous l’emprise de l’alcool, des drogues ou des stupéfiants. C’est pour ces raisons que nous pensons que pour combattre efficacement ce phénomène de violence féminicide et autres, il faudrait que la société civile, que toutes les forces publiques puissent s’unir pour combattre la consommation des stupéfiants, de la drogue ou alors l’abus d’alcool, martèle le surveillant général adjoint, appelant à une synergie nationale pour éradiquer ces catalyseurs de la mort.

Poussant son analyse sociologique plus loin, le haut responsable de l’Hôpital Central

de Yaoundé décortique le profil psychologique et existentiel de ces bourreaux ordinaires broyés par les réalités économiques. La plupart du temps, ces hommes qu’on accuse généralement d’être à l’origine de ces violences sur les femmes et les enfants, lorsque vous regardez bien leur parcours de vie, vous allez remarquer qu’à un certain moment, il y a eu des situations où ces personnes n’ont pas pu gérer, analyse Richard Tchadap en évoquant la détresse de ces hommes frustrés, sans emploi et étouffés par la pression sociale.

Lorsque les exigences de vie dépassent les moyens dont on possède pour y faire face, cela laisse place directement au stress, et le stress peut entraîner beaucoup de choses, y compris la consommation abusive d’alcool, la drogue, la construction de pensées négatives qui pourraient pousser les hommes à adopter des comportements violents, démontre-t-il avec finesse pour expliquer comment la précarité se convertit en agression destructrice au sein des foyers camerounais.

Face à ce constat alarmant, l’Hôpital Central de Yaoundé ne s’est pas enfermé dans le constat défaitiste et a concrétisé son action par des mesures internes d’une efficacité redoutable pilotées par la direction. Nous avons pris une mesure très forte parce qu’on a remarqué que parmi ces stupéfiants, le tramadol, communément appelé tramol dans le jargon social, est utilisé, révèle Richard Tchadap pour illustrer la révolution administrative et médicale menée dans l’établissement. Dorénavant, la prescription de ce produit psychotrope n’est plus libre, car un groupe restreint de médecins a été rigoureusement sélectionné pour en assurer le référencement, interdisant de fait à n’importe quel praticien de le prescrire à tort et à travers.

Dans le même élan d’assainissement, l’hôpital a mis sur pied un système de tarification forfaitaire incluant les médicaments dans des kits constitués, de sorte que même en tant que personnel de la santé, vous ne pouvez pas vous rendre à la

pharmacie pour acheter du paracétamol, parce que tout est constitué. Cela fait en sorte qu’on a une meilleure lisibilité, un meilleur contrôle de ces médicaments, de telle sorte que certains médicaments délicats comme le tramol ont peu de chances maintenant de se retrouver entre les mauvaises mains, se félicite l’administration hospitalière, érigeant ainsi un modèle de gestion éthique et sécurisée.

Mais l’action curative et administrative de l’Hôpital Central de Yaoundé doit s’accompagner d’une refondation éducative et répressive globale pour espérer purger la société de ses démons. Dans les familles, à l’école, dès le bas âge, qu’on éduque l’homme contre la violence, qu’on éduque la femme au respect, qu’on éduque l’homme que le respect est réciproque, qu’on éduque l’homme à protéger, car quand on grandit, ce qu’on a acquis quand on est jeune, c’est difficile de s’en séparer quand on devient adulte, plaide avec force le surveillant général adjoint. Cet investissement dans la jeunesse doit impérativement se doubler d’une justice implacable pour briser le sentiment d’impunité qui encourage les criminels. Est-ce que ce genre de crime est réellement puni ? Est-ce qu’on met du sérieux pour arrêter ceux qui font ça ? Et quand on les arrête, est-ce qu’il y a vraiment une punition qui correspond au mal qu’ils ont fait ? s’interroge-t-il avec indignation, convaincu que seules des sanctions lourdes pourront constituer un facteur dissuasif infaillible.

En écho à cette vision globale, Bouba Glory Nalela, Head of Administrative and Finance Unit, apporte l’onction de l’administration financière à cette croisade salutaire menée par l’Hôpital Central de Yaoundé. Sa présence indéfectible aux côtés du corps médical et de la hiérarchie témoigne de ce que l’engagement de l’hôpital est total, unitaire et institutionnel, visant à tarir à la racine les facteurs économiques et logistiques qui facilitent la criminalité domestique. La participation éclatante de l’Hôpital Central de Yaoundé à cette marche historique n’est donc pas un simple feu de paille symbolique, mais l’expression vibrante d’un appel pressant à la responsabilité collective. Nous décrions, on dit non aux violences, mais nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent des mesures adéquates, des dispositions adéquates pour combattre, pour réduire l’accès aux stupéfiants, pour réduire l’accès aux whisky en sachet bon marché et toute autre chose qui facilite le dopage, conclut l’institution sanitaire, posant ainsi les jalons indispensables d’un Cameroun nouveau où la vie humaine retrouve enfin toute sa sacralité.

Réactions : « Dans 90 % des cas, ces agresseurs sont des hommes frustrés et sous emprise »

Richard Tchapda, Surveillant Général Adjoint de l’Hôpital Central de Yaoundé

L’Hôpital Central de Yaoundé se positionne en fervent opposant à toutes les formes de violence, qu’il s’agisse de violences faites aux femmes, d’agressions sur mineurs ou de féminicides. L’analyse des dossiers médicaux révèle un facteur récurrent : la grande majorité des agresseurs agissent sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants.

Pour lutter efficacement contre ce fléau, la société civile et les pouvoirs publics doivent unir leurs forces face à la toxicomanie et l’alcoolisme. Bien souvent, le parcours de ces agresseurs met en lumière des situations de détresse : dans environ 90 % des cas, il s’agit d’hommes frustrés, sans emploi ou sous forte pression sociale, incapables de subvenir aux besoins de leur famille.

Lorsque les exigences de la vie dépassent les ressources disponibles, le stress chronique qui en découle peut engendrer de graves dérives, telles que l’abus de substances ou l’émergence de comportements violents. L’action doit donc se mener à la source, nécessitant un renforcement des contrôles frontaliers et une réglementation accrue de la prescription et de la délivrance des substances nocives par l’État.

Face à l’implication massive du tramadol — communément appelé « tramol » — dans ces dérives, l’Hôpital Central a pris une mesure forte en restreignant strictement sa prescription. Désormais, seuls quelques praticiens habilités peuvent en assurer le référencement, évitant ainsi tout détournement de son usage thérapeutique.

De surcroît, pour optimiser la traçabilité et la sécurité, l’établissement a adopté un système de dispensation encadré. La mise en place de protocoles stricts de prescription et de circuits de distribution rigoureux garantit qu’aucun produit sensible ne puisse tomber entre de mauvaises mains, renforçant ainsi la protection de la santé publique.


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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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