Shopping cart

Subtotal 0 CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Inondations à Bamenda : Six mesures pour prévenir de nouveaux drames
ACTUALITE

Inondations à Bamenda : Six mesures pour prévenir de nouveaux drames

Email : 94

Face à ce constat, la ministre de l’Habitat et du développement urbain, Célestine Ketcha Courtès hausse le ton et exige un sursaut de responsabilité collective, dans un communiqué où elle pose un cadre strict pour inverser la tendance.

La Météo nationale a fait son travail. La délégation régionale des transports de l’Ouest a signé son bulletin numéro 8 : jusqu’à 25 % de pluie en plus du mois d’août au mois d’octobre. Cette région sous surveillance, précipitations attendues entre 75 et 286 millimètres. Sur le papier, nous sommes prêts. Sur le papier, seulement. Parce que sur le terrain, il y a Limbé, il y aura Douala, il y aura Yaoundé, Bertoua, Bafoussam, il y aura ces bas-fonds où l’on habite depuis vingt ans, il y aura ces caniveaux transformés en poubelles, ces rivières qu’on croyait apprivoiser et qui, la nuit venue, se souviennent d’être des rivières.

Le vendredi 14 août 2026, cette prévision est devenue une réalité cauchemardesque pour les habitants de Bamenda. Un déluge d’une intensité rare s’est abattu sur la capitale régionale du Nord-Ouest, métamorphosant en quelques heures ses artères habituellement animées en torrents de boue dévastateurs. Des quartiers entiers se sont retrouvés sous les eaux, des habitations ont été endommagées et des vies humaines ont été compromises. Face à cette énième catastrophe, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué publié le 17 août. Elle dénonce avec vigueur des comportements irresponsables qui transforment ces phénomènes naturels en

tragédies annoncées et lance un appel solennel à une prise de conscience collective.

Si les précipitations exceptionnelles enregistrées dans la région du Nord-Ouest sont indéniablement un facteur déclencheur, la ministre insiste sur un constat plus alarmant : la vulnérabilité croissante de Bamenda est également le résultat d’une urbanisation sauvage et d’une négligence chronique des règles les plus élémentaires d’aménagement du territoire. « La sécurité et la résilience de nos villes face aux effets de plus en plus accentués des changements climatiques dépendent non seulement des infrastructures publiques d’assainissement et de drainage, mais aussi du comportement responsable de tous les citoyens », rappelle-t-elle. Une mise en garde qui résonne comme un électrochoc, alors que la ville panse encore ses plaies et que les familles endeuillées tentent de surmonter leur douleur.

Les inondations du 14 août ont cruellement exposé les défaillances chroniques du système de drainage de Bamenda. Les caniveaux, souvent obstrués par des déchets solides et des débris de chantier, n’ont pas permis l’évacuation des eaux de ruissellement, provoquant une montée des eaux fulgurante dans plusieurs secteurs. Le quartier de Waterside, dans la vieille ville, s’est rapidement retrouvé submergé, obligeant l’unité de secours de l’armée à intervenir en urgence pour évacuer des familles prises au piège. Huit personnes, dont une majorité d’enfants, ont été secourues au cours de l’après-midi. Mais le bilan humain aurait pu être plus lourd : au début du mois d’août, deux enfants de 5 et 7 ans avaient déjà perdu la vie, emportés par les eaux à Ntarinkon.

Dans son communiqué, Célestine Ketcha Courtès détaille six mesures préventives urgentes que chaque citoyen, chaque entreprise et chaque partie prenante doit impérativement respecter pour inverser la tendance. Premièrement, il est impératif de se conformer scrupuleusement aux règles d’urbanisme et de construction, notamment aux plans d’occupation des sols, aux marges de recul, aux corridors de drainage et aux emprises routières. Deuxièmement, elle interdit formellement toute construction dans les zones inondables, les zones humides, les canaux de drainage et les berges des cours d’eau. Troisièmement, elle exige que toute entreprise de construction ou d’aménagement obtienne au préalable les autorisations requises. Les trois autres mesures concernent l’entretien et la salubrité du réseau de drainage : les habitants doivent maintenir les caniveaux, les ponceaux et les cours d’eau libres de tout déchet ménager ou débris de construction ; il est strictement interdit de jeter des ordures dans les rues, les caniveaux ou les systèmes de drainage ; enfin, la ministre invite chacun à signaler sans délai aux autorités compétentes toute situation dangereuse, tout système de drainage obstrué ou tout glissement de terrain.

img

Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

Comments are closed

Articles similaires