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MEDECINE TRADITIONNELLE

Insuffisance rénale : La Centella asiatica pour freiner la maladie

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En limitant la fibrose et le stress oxydatif, cette plante médicinale freine la progression de la maladie. Une prudence stricte reste toutefois de mise.

L’insuffisance rénale chronique (IRC) constitue une urgence silencieuse de santé publique au Cameroun. Evoluant longtemps sans symptômes apparents, la pathologie toucherait entre 10 et 13 % de la population adulte. Très souvent diagnostiquée à un stade avancé, elle ne laisse alors d’autre choix aux patients que le recours vital à la dialyse. Etroitement liée à la poussée des maladies non transmissibles en particulier le diabète et l’hypertension artérielle, l’IRC place le système de santé sous tension. A l’échelle nationale, plus d’un millier de personnes vivent sous dialyse pour un taux de couverture d’à peine 10 %. Face à cette impasse, la médecine traditionnelle et la recherche scientifique se croisent autour d’une piste naturelle : la Centella asiatica.

Une alliance entre savoir ancestral et science moderne

Présente dans les zones humides de Madagascar, d’Afrique du Sud et des régions tropicales, la Centella asiatica (communément appelée Gotu Kola) occupe une place de choix dans les pharmacopées traditionnelles. Utilisée historiquement pour stimuler les fonctions hépatiques et rénales, l’organisme et soutenir la microcirculation, elle suscite aujourd’hui l’intérêt croissant de la recherche médicale.

Les travaux scientifiques contemporains viennent en effet valider certains de ses usages ancestraux. Le secret de la plante réside dans ses principes actifs, notamment les saponines triterpéniques. Ces molécules agissent directement sur la protection du tissu rénal : Elle ralentit la formation de tissu cicatriciel (fibrose) et la glomérulosclérose, préservant ainsi les néphrons encore fonctionnels. Ses

composés luttent activement contre le stress oxydatif, responsable de la destruction progressive des cellules rénales. La plante agit favorablement sur l’axe FGF23-Klotho, un marqueur biologique majeur dans l’évaluation du pronostic rénal. « Certains composés de la Centella asiatica aident concrètement à ralentir la dégradation de la fonction rénale », confirme le Dr Ibrahim, naturopathe.

Vigilance obligatoire : le risque de l’automédication

Malgré ces propriétés prometteuses, les spécialistes rappellent à la rigueur. L’insuffisance rénale se traduit par une incapacité du rein à filtrer les toxines du sang, qu’elle soit aiguë (brutale et potentiellement réversible) ou chronique (progressive et irréversible). Devant des signes d’alerte tels qu’une fatigue persistante, des œdèmes, des modifications urinaires ou des nausées, la consultation médicale est une urgence absolue.

L’usage de la Centella asiatica ne saurait en aucun cas remplacer un traitement allopathique conventionnel ou une prise en charge néphrologique. Une utilisation non encadrée présente de réels dangers : Les feuilles de la plante sont naturellement riches en potassium. Or, des reins défaillants n’éliminent plus cet élément correctement, entraînant une accumulation sanguine qui peut s’avérer toxique, voire mortelle pour le cœur. Des organes d’élimination affaiblis peinent à métaboliser les principes actifs fortement concentrés, ce qui peut fatiguer le foie.

Un accompagnement prometteur sous encadrement strict

La redécouverte des vertus de la Centella asiatica représente une avancée intéressante pour intégrer la pharmacopée locale dans l’accompagnement des maladies chroniques. Toutefois, pour bénéficier de ses bienfaits sans mettre sa vie en danger, une règle prévaut : toute intégration de cette plante doit impérativement faire l’objet d’un accord préalable et d’un suivi rigoureux par un néphrologue.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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