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Journée mondiale du pharmacien : Yaoundé clôture en beauté par le sport et la citoyenneté

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Entre débats scientifiques de haut vol, opérations de don de sang et grande marche sportive à Yaoundé, l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun a achevé ce 26 septembre une semaine commémorative axée sur la modernisation et l’impact social de la profession.

Rassembler autour d’une même table les sommités académiques les plus aguerries de la pharmacologie, les praticiens de terrain les plus pointus, les régulateurs institutionnels de premier plan et les hérauts de l’innovation numérique illustre à quel point la profession pharmaceutique au Cameroun refuse de subir l’avenir. C’est sous le signe de cette excellence pluridisciplinaire et d’une rigueur intellectuelle absolue que s’est ouverte la célébration de la Journée mondiale du pharmacien 2026. Du 21 au 26 septembre, sous le thème international « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir plus sain », l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun a offert une magistrale démonstration de force scientifique et citoyenne. L’épilogue de cette semaine intense s’est joué ce samedi 26 septembre à Yaoundé, entre sueur partagée, civisme transfusionnel et consécration d’une vision moderne du métier.

L’intelligence des grands rendez-vous : penser la santé publique de demain


L’emblématique conférence-débat qui a marqué le point d’orgue de cette semaine commémorative au siège du Conseil de l’Ordre a d’abord frappé les esprits par la qualité exceptionnelle des esprits mobilisés. Face aux défis immenses de notre système sanitaire, le panel a su incarner l’alliance parfaite entre la théorie et la pratique. Sous la houlette de figures respectées telles que le Pr Emmanuel Mpondo, le Dr Abong Bwemba, le Dr Hiag Prospère ou encore le Dr Lapnet Thomas, consultant OMS, les échanges ont volé haut. Autour d’eux, la présence

institutionnelle de haut vol incarnée par le Dr Solange Chantal Kouakap, Inspecteur Général des Services Pharmaceutiques et des Laboratoires représentant le ministre de la Santé Publique, et le Dr Christophe Ampoam, président régional du Centre de l’Ordre a conféré à ces assises une portée décisive.


Le diagnostic dressé sans complaisance a mis en lumière un impératif catégorique : la nécessité absolue d’opérer le passage du simple « pharmacien diplômé » au « pharmacien doté de compétences reconnues et habilité à agir ». Les travaux ont ainsi planché sur l’adéquation des cursus universitaires, l’urgence de certifications post-universitaires continues et l’intégration des spécialisations cliniques, biologiques ou industrielles pour répondre aux pathologies chroniques, aux exigences de la pharmacovigilance et aux innovations technologiques de l’intelligence artificielle.


Citoyenneté et don de sang : le médicament vivant à l’honneur

Mais la profession n’est pas restée enfermée dans les tours d’ivoire de la réflexion académique. Elle a, tout au long de cette semaine, démontré son ancrage sociétal profond à travers une vaste opération de don de sang menée en partenariat avec le Centre national de la transfusion sanguine. Comme l’ont souligné les organisateurs, le sang demeure ce médicament irremplaçable qu’aucune usine ne peut synthétiser et qui ne s’obtient que par l’élan de solidarité des donateurs. En capacitant désormais leurs membres à enrôler activement les populations dans leurs officines, les pharmaciens transforment chaque comptoir en un poste avancé de veille sanitaire et de sauvetage de vies, luttant ainsi concrètement contre le déficit chronique des banques de sang.


L’apothéose sportive : quand Yaoundé vibre pour la santé en mouvement

C’est par une vibrante communion pédestre que s’est achevée, ce samedi 26 septembre 2026, cette semaine mémorable. Dès l’aube, l’esplanade du ministère de la Santé Publique s’est muée en une ruche joyeuse et survoltée. Revêtus aux couleurs de l’événement, pharmaciens, étudiants, partenaires et sympathisants ont pris d’assaut les artères de la capitale pour une grande marche sportive hautement symbolique.

Donnant l’exemple par le mouvement et la prévention par l’effort physique, le peloton joyeux a tracé un itinéraire d’engagement à travers la Poste centrale, serpentant par le mythique marché du Mfoundi pour aller s’achever en apothéose au siège de l’Ordre des pharmaciens, sis à la rue Foe dans le 5e arrondissement de Yaoundé. Une manière éclatante de rappeler que le pharmacien d’aujourd’hui ne se contente pas de délivrer l’ordonnance : il est le premier acteur, sur le terrain, d’une culture globale du bien-être et de la santé durable.

« Renforcer la contribution des pharmaciens face aux défis de demain »

Dr Thomas Lapnet, pharmacien de santé publique

Au Cameroun, il a été convenu de sensibiliser la population au don de sang, un événement organisé en partenariat avec le Centre national de la transfusion sanguine. Aujourd’hui, un débat s’est spécifiquement tenu sur la formation des pharmaciens face aux défis d’aujourd’hui et de demain, afin d’optimiser leur rôle dans le système de santé. Nous avons souligné que ces formations doivent s’aligner rigoureusement sur les orientations de la stratégie sectorielle de santé. L’objectif est qu’elles débouchent sur des compétences concrètes pour servir notre population à travers la prévention, les soins, la réhabilitation et la réadaptation.

Nous avons également incité les jeunes à s’orienter judicieusement dans leurs études en consultant la stratégie sectorielle de santé, afin de se préparer à exercer un métier porteur de sens et d’épanouissement personnel. De plus, un consensus a été établi sur les activités clés auxquelles les pharmacies doivent participer au sein de leur communauté. Par exemple, elles mènent déjà des actions de plaidoyer en matière de santé et peuvent s’impliquer dans des programmes de rémunération ou d’autres initiatives sanitaires prioritaires. Cela permet de transformer leur image : elles ne doivent plus être perçues comme de simples officines privées indifférentes

à la vie de leur communauté. Tels sont les principaux points de l’activité que nous avons menée aujourd’hui.

S’agissant des difficultés auxquelles les professionnels font face, la première réside incontestablement dans le manque d’orientation. Les jeunes ne doivent pas embrasser la profession pharmaceutique par mimétisme, simplement parce qu’un voisin, un membre de la famille ou un ami l’a fait, mais en se demandant quelle valeur ajoutée ils comptent apporter à ce métier. Pour cela, un accompagnement est indispensable. Cette orientation peut facilement être obtenue auprès de l’Association nationale et de son Conseil, qui maîtrisent les besoins réels du pays et les mesures d’avenir pour la profession. Par ailleurs, certaines difficultés relèvent davantage de la situation sanitaire globale du pays. Dans certaines zones, on observe une pénurie d’officines parfois qualifiées de “pharmacies noires”, ce qui s’explique par la tendance des professionnels à s’installer dans les grandes villes, mais aussi par une démographie médicale insuffisante au regard d’une population nationale estimée à 30 millions d’habitants.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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