Le Dr. BINGONO BINGONO François, explore les origines des maladies, et plus particulièrement de la drépanocytose, en confrontant les approches scientifiques et celles des “négro-cultures”. Il y est suggéré que les pathologies résultent souvent d’une “rupture de lois” – qu’elles soient divines, naturelles ou sociales – impliquant une part de responsabilité individuelle.
L’idée centrale est que toute maladie découle d’une transgression. Ainsi, le non-respect de préceptes spirituels ou religieux (rupture d’une loi divine), l’ignorance des équilibres naturels ou des règles biologiques fondamentales (rupture d’une loi de la nature), ou encore les manquements aux codes sociaux et aux traditions (rupture d’une loi sociale) pourraient entraîner des affections. Par conséquent, selon cette perspective, il existerait toujours une part de “culpabilité” ou de responsabilité chez la personne malade, liée à une transgression.
Concernant spécifiquement la drépanocytose, ce texte met en avant deux origines prépondérantes au sein de la “négro-culture” africaine. Premièrement, il est avancé qu’une cause majeure de la drépanocytose serait la “rencontre de sang à l’occasion d’une rencontre sexuelle”, suggérant des unions entre personnes ayant des liens de parenté trop proches. À cet égard, cette observation est corroborée par la science qui reconnaît que les maladies génétiques, dont la drépanocytose, sont plus fréquentes dans les sociétés endogames où les mariages intrafamiliaux sont courants. Deuxièmement, une autre explication avancée est la transgression d’interdits alimentaires par la femme enceinte. Il est suggéré que la consommation de certaines viandes ou nourritures spécifiques, pourtant interdites durant la grossesse, pourrait augmenter la probabilité que le fœtus soit affecté par une pathologie.
Le texte souligne que, dans certaines communautés africaines, des solutions préventives sont mises en œuvre en amont, basées sur cette “sagesse des villages”. Ainsi, on observe la prévention des mariages consanguins, les communautés s’assurant qu’il n’y a pas de lien de parenté entre les futurs époux afin de réduire le risque de maladies génétiques comme la drépanocytose. De même, le respect des interdits alimentaires et sociaux est encouragé : les jeunes femmes enceintes sont incitées à respecter scrupuleusement les interdits alimentaires et sociaux traditionnels. L’auteur exprime son enthousiasme face à une ouverture des scientifiques à cette “sagesse des villages”, qu’il considère comme une forme de savoir légitime, même si elle n’est pas étudiée dans les universités.
Propos recueillis par Elvis Serge NSAA








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