Le secteur de l’élevage est vital pour le Cameroun. Il ne fournit pas seulement des protéines essentielles, mais crée aussi des emplois et des revenus pour des milliers de familles, surtout en milieu rural. Pourtant, ce secteur clé rencontre des défis majeurs qui l’empêchent d’atteindre son plein potentiel, ce qui demande une approche coordonnée et stratégique.
Malgré son dynamisme, l’élevage et ses industries associées font face à plusieurs obstacles. De plus, le manque d’organisation des acteurs de la chaîne de valeur et des infrastructures adéquates, comme les systèmes de réfrigération et les laboratoires de contrôle qualité, limite la transformation et la valorisation des produits animaux. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs, souvent liés à l’accès à la terre et à l’eau, aggravent cette situation. Les changements climatiques, avec des sécheresses et des inondations plus fréquentes, menacent directement les pâturages et les troupeaux. Par ailleurs, la crise de l’aquaculture, en partie due au manque de financement, contribue également au déficit en protéines animales.
Le gouvernement camerounais est conscient de ces enjeux et a lancé diverses initiatives pour stimuler le secteur. Le Programme de Développement des Productions et Industries Animales (Programme 053) vise à augmenter la productivité et la compétitivité des filières, en se concentrant sur les bovins, porcins et l’aviculture. Des projets comme le Projet de Développement de l’Élevage (PRODEL) et la Société de Développement et d’Exploitation des Productions Animales (SODEPA) s’efforcent de moderniser les pratiques d’élevage, d’améliorer la santé animale et de développer les infrastructures.
L’aviculture traditionnelle, par exemple, est vue comme un moyen important d’améliorer la sécurité alimentaire des ménages, particulièrement dans l’Extrême-Nord. L’accent est aussi mis sur la transformation locale des produits animaux pour créer de la valeur ajoutée et réduire la dépendance aux importations. L’intégration des femmes et des jeunes dans ces programmes est une priorité, reconnaissant leur rôle crucial dans les systèmes d’élevage traditionnels.
Pour maximiser l’impact, des stratégies plus ambitieuses et durables sont nécessaires. Cela implique des investissements massifs dans la recherche et le développement pour obtenir des races plus productives et résistantes aux maladies, l’amélioration de l’accès au financement pour les petits et moyens éleveurs, le renforcement des chaînes de valeur et l’établissement de politiques foncières claires pour prévenir les conflits. La promotion de l’agroécologie et de systèmes d’élevage plus résilients au climat est aussi une piste prometteuse pour assurer la sécurité alimentaire à long terme.
En résumé, le développement des productions et industries animales est une priorité absolue pour la sécurité alimentaire du Cameroun. Les efforts doivent se poursuivre pour lever les contraintes structurelles, investir dans la modernisation et l’innovation, et soutenir les acteurs locaux, afin que le pays puisse transformer son potentiel en une autosuffisance alimentaire durable et une prospérité accrue pour tous ses citoyens.
Angélique EKAMAN Stg














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