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« Les visites médicales pré-compétitions sont importantes à la FECAFOOT»

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Dans un entretien exclusif, la présidente de la Commission en charge de la médecine sportive à la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), Dr Ngo Bilong Ekedi Ange Véronique, parle de l’organisation autour de la prise en charge médicale des acteurs du football camerounais. Elle évoque également les stratégies mises en place par son équipe et les difficultés rencontrées.

Docteur, pouvez-vous nous présenter la commission en charge de la médecine sportive de la FECAFOOT et ses principales missions ?

La commission médecine sportive de la Fédération Camerounaise de Football répond aux questions liées au domaine médical dans le football en général sur toute l’étendue du territoire camerounais, notamment dans les régions et les départements. En gros, notre mission est d’effectuer les visites médicales pré-compétitions des clubs professionnels et amateurs de toutes les régions et les départements avant le début de chaque saison sportive ainsi que le suivi des blessés au cours de la saison grâce à un logiciel mis sur pied. Après ces visites médicales, nous transmettons les listes des joueurs aptes au service des Licences qui par la suite, octroie les Licences aux différents clubs. Notre objectif est de prévenir au maximum l’apparition des phénomènes de mort subite dans le football, parce que nous savons que beaucoup de footballeuses et de footballeurs jouent mais, ils ne connaissent pas réellement leur état de santé.

Comment est-ce que la commission en charge de la médecine sportive est organisée au sein de la Fédération Camerounaise de Football ?

La commission est organisée comme suit : nous avons une présidente de la commission que je suis. Nous avons une vice-présidente. Nous avons un rapporteur et quatre membres. Parmi les membres, nous avons un pharmacien qui se rassure de la qualité des produits que nous commandons pour nos sélections nationales chaque fois qu’elles entrent en stage et lorsqu’elles vont en compétition à l’international. Nous avons un kinésithérapeute de commission qui est en charge de la vérification des capacités et des aptitudes des kinésithérapeutes engagés par les clubs, car chaque club professionnel doit être sous contrat avec un médecin et un kinésithérapeute. Nous avons un médecin en charge de la programmation des médecins référents pour les couvertures médicales des matchs du championnat national et des compétitions internationales. Le rapporteur de la commission transmet tous les rapports médicaux de couverture médicale transmis par les médecins référents après chaque match et bien évidemment de la rédaction de tous les mémos concernant la commission médicale.

Comment la commission collabore-t-elle avec d’autres entités de la FECAFOOT et des institutions médicales externes, notamment les équipes médicales des clubs et les hôpitaux ?

À chaque début de saison, nous dressons une liste de médecins référents régionaux et départementaux ainsi qu’une liste des structures hospitalières référentes par catégorie. Nous avons dans chaque région, une liste disponible de structures référentes. Lorsqu’on a un match et qu’il y a incident, altérant du stade où l’incident s’est produit, nous avons une structure sanitaire qui est recommandée pour évacuer le joueur et assurer sa prise en charge grâce au système d’assurances que nous avons mis sur pied. Le joueur est immédiatement pris en charge dès son arrivée à l’hôpital. J’avoue que nous avons une franche collaboration avec plusieurs structures sanitaires qui ont toujours pris en charge immédiatement les joueurs évacués avant d’aborder la question financière, et je profite de cette occasion pour remercier le Directeur de l’Hôpital Général de Yaoundé, celui de l’Hôpital Général de Douala, celui de l’Hôpital des Urgences de Yaoundé, celle de l’Hôpital Laquintinie de Douala, du CHR de Bafoussam ainsi que toutes les équipes des services d’urgence desdites structures. Nous remercions également le corps de la Croix-Rouge et celui des Sapeurs-Pompiers qui ont toujours été présents et ont mis à notre disposition les ressources humaines lors des différents matchs. Au nom de la Fédération Camerounaise de Football, nous vous exprimons toute notre gratitude.

Quelles sont les principales procédures et protocoles utilisés pour assurer la santé et le bien-être des joueuses, des joueurs, des encadreurs et des arbitres ?

Je dirai d’emblée que les visites médicales pré-compétitions sont la clé pour avoir un championnat avec le moins d’incidents majeurs possible. Elles incluent un examen physique, un électrocardiogramme, une échographie cardiaque si indication et des bilans sanguins. Car, nous ne souhaitons pas avoir des cas de mort subite sur le terrain. Par ailleurs, les cas de fractures et de traumatismes sont en revanche monnaie courante. On ne peut pas s’en passer car, c’est un sport de contact. En clair, nous faisons le travail en amont. Le plus important est de faire d’abord les visites pré-compétitions. Lorsqu’on a bien effectué ces visites, nous avons moins d’incidents sur le terrain. Pendant les réunions techniques d’avant match, le médecin référent désigné se rassure auprès du représentant de chaque club que les joueurs sont en parfaite santé apparente et également en fonction de la température le jour du match, il se rassure des pauses rafraîchissantes. Chaque médecin référent dispose d’un sac d’intervention avec le matériel médical minimum pour la prise en charge primaire des acteurs au stade. L’année passée, ce n’était pas évident pour nous, beaucoup de clubs ne concevaient pas l’idée selon laquelle il fallait faire des visites médicales pré-compétitions. Au jour d’aujourd’hui, tous les clubs professionnels ont passé leur visite médicale et plus de la moitié des clubs amateurs.

Quels sont les protocoles de détection et de prévention du dopage appliqués au sein de votre commission ?

Je dirai que nous n’avons pas encore mis sur pied le système d’antidopage pour le championnat régional et amateur. Mais nous pensons à une éventuelle collaboration avec l’organisation Camerounaise de Lutte contre le Dopage dans le sport.

Quels sont les programmes de formation et de développement professionnel disponibles pour les membres de la commission ?

Actuellement, nous sommes beaucoup plus axés sur la formation des acteurs du football notamment : les responsables de club, les officiels de chaque équipe et les arbitres sur le phénomène de la mort subite. Les mesures de premiers secours ne sont pas en reste. Parce que, nous avons constaté qu’un joueur peut s’écrouler mais son voisin le plus proche est incapable de le mettre en position latérale de sécurité. Cela nous embête énormément dans le cadre de notre travail. Car, tout acteur du football en particulier ou du sport en général doit être en mesure de le faire. Nous avons essayé avant le début de cette saison de faire des formations sur les mesures de premiers secours et la prévention du phénomène de mort subite dans le football. Au niveau de la commission médicale de la FECAFOOT, nous avons des séminaires et des forums internationaux dont le plus proche est la grande rencontre médicale FIFA ISOKINETIC qui se déroulera au mois de mai prochain en Espagne. Un séminaire auquel certains membres de la commission médicale prendront part.

Quelles sont les difficultés rencontrées par la commission médecine sportive de la FECAFOOT ?

Les difficultés que nous rencontrons au sein de la commission sont liées au fait que des responsables du club n’ont pas encore intégré le fait de prévenir les complications médicales qui peuvent subvenir au cours des activités. Ils ne sont pas encore totalement d’accord avec le fait de faire des visites pré-compétitions à leur club. Je pense qu’avec du temps, ils s’arrimeront. Parce que l’année dernière, j’ai eu tous les clubs professionnels qui ont fait les visites pré-compétitions. Même si ça a été difficile pour les convaincre. En revanche, nous n’avons pratiquement pas eu de club amateur, mais je vous assure que cette année, les clubs amateurs se conforment. À ce jour, je compte déjà plus de 60 clubs amateurs qui ont déjà effectué ces visites. Cela m’encourage à travailler davantage. Je pense que ce qui crée le problème, c’est beaucoup plus le manque d’informations sur les conséquences qui peuvent subvenir lorsqu’un joueur n’est pas au courant de son état de santé. Pourtant, une simple auscultation cardiaque chez un footballeur jeune suffit pour détecter par exemple une cardiopathie congénitale ou un trouble du rythme.

Quelles sont les doléances que vous adressez à votre hiérarchie pour améliorer vos conditions de travail ?

À l’endroit de ma hiérarchie, les doléances que je fais, sont d’organiser davantage de rencontres avec des responsables de club ainsi que les acteurs pour leur expliquer le bien fondé des visites médicales pré-compétitions ; organisateur davantage de séminaires de formation en gestes de premiers secours pour ces acteurs et pourquoi pas pour le personnel même de la fédération ; le rappel à tous les clubs, surtout professionnels, d’avoir un contrat avec un staff médical qualifié.

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI

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