En pleine saison de forte transmission du paludisme, leaders communautaires, agents de santé communautaire, femmes enceintes, parents d’enfants de moins de cinq ans et jeunes se sont retrouvés à la chefferie de Kongola Saïd, dans le District de Santé de Maroua 3.
Dans l’arrondissement de Maroua 3, la lutte contre le paludisme ne se limite plus aux structures de santé. En cette période de forte transmission de la maladie, les communautés sont appelées à jouer pleinement leur rôle dans la prévention. C’est dans cette perspective qu’un dialogue communautaire consacré à la prévention du paludisme s’est tenu à la chefferie de Kongola Saïd, réunissant plusieurs catégories d’acteurs directement concernés par la maladie.
La rencontre a rassemblé des leaders communautaires, des agents de santé communautaire, des femmes enceintes, des parents ou personnes en charge d’enfants de moins de cinq ans ainsi que des jeunes. Tous ont été invités à partager leurs expériences, à identifier les obstacles qui limitent l’efficacité des actions de prévention et surtout à réfléchir à des solutions adaptées aux réalités des quartiers et villages concernés.
Le choix d’un dialogue communautaire répond à un constat : malgré les différentes interventions menées contre le paludisme, la maladie continue de représenter un important problème de santé publique, particulièrement pendant les périodes favorables à la transmission. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes figurent parmi les personnes les plus exposées aux formes graves de la maladie.
Les échanges ont ainsi permis de mettre l’accent sur la responsabilité des familles et des communautés dans la prévention. La disponibilité des moyens de prévention ne suffit pas toujours. Leur utilisation régulière et correcte, mais aussi l’adhésion des populations aux interventions recommandées par les services de santé, demeurent essentielles pour réduire le risque de contamination.
La chimioprévention saisonnière du paludisme (CSP) a notamment occupé une place importante dans les discussions. Cette intervention consiste à administrer, pendant la période de forte transmission, des médicaments préventifs aux enfants appartenant aux groupes d’âge ciblés, conformément aux orientations du Programme national de lutte contre le paludisme. Son efficacité dépend notamment de l’adhésion des familles et du respect des différentes étapes de l’intervention.
Dans les communautés, les agents de santé communautaire et les leaders locaux constituent des relais essentiels pour expliquer les mesures de prévention, répondre aux préoccupations des familles et favoriser l’adoption des bonnes pratiques. Leur proximité avec les populations leur permet également de mieux comprendre les difficultés qui peuvent expliquer la faible utilisation de certains moyens de prévention.Le dialogue de Kongola Saïd a donc privilégié une approche participative.
Plutôt que de se limiter à transmettre des messages, les organisateurs ont voulu donner la parole aux acteurs communautaires afin de faire émerger des réponses correspondant aux réalités locales. Les participants ont notamment échangé sur les défis auxquels les familles sont confrontées et sur les moyens de renforcer la sensibilisation au niveau communautaire.À l’issue des discussions, plusieurs engagements ont été pris.
Les participants ont convenu de renforcer la sensibilisation sur le paludisme au sein de leurs communautés et d’encourager davantage les familles à adhérer à la chimioprévention saisonnière. Ils se sont également engagés à promouvoir les autres mesures de prévention recommandées par le ministère de la Santé publique.
Ces engagements visent à faire de la prévention une démarche quotidienne et collective. L’utilisation des moyens de protection disponibles, la participation aux campagnes de prévention, l’adhésion aux interventions de santé publique et la recherche rapide de soins en cas de symptômes constituent autant de comportements susceptibles de contribuer à réduire l’impact de la maladie.Pour les acteurs communautaires, l’enjeu est également de maintenir la mobilisation dans la durée.
Les périodes de forte transmission nécessitent une vigilance accrue, mais la prévention du paludisme doit se poursuivre au-delà des campagnes ponctuelles. La sensibilisation des familles, particulièrement celles ayant des enfants de moins de cinq ans, demeure un maillon important de cette mobilisation.
L’initiative a été mise en œuvre par CADELCO, partenaire d’Impact Santé Afrique, avec l’appui de AJESPI EN, ARDIC, ALDEC et ASGARA. Elle s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer l’implication des communautés dans les interventions de lutte contre le paludisme.









