Le Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales est en visite de travail dans la région de l’Adamaoua. Au cours de cette descente sur le terrain, il a inauguré le laboratoire d’entomologie médicale et vétérinaire et a présidé les 5èmes Journées du Vétérinaire.
De la prévention des maladies qui se transmettent de l’animal à l’homme et inversement, à la sécurité alimentaire, les médecins vétérinaires contribuent à la protection des populations et à la transformation économique du Cameroun, conformément aux orientations des pouvoirs publics.
Pendant longtemps associés exclusivement aux soins aux animaux, les médecins vétérinaires occupent de nos jours une place stratégique dans la promotion de la santé publique et le développement socioéconomique du Cameroun. Leur contribution s’inscrit dans les ambitions du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), qui a couvert la période 2010-2020, et de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui lui succède dans la perspective de l’émergence du pays à l’horizon 2035.
À travers la surveillance sanitaire des animaux, la vaccination, le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et la lutte contre les zoonoses, les médecins vétérinaires participent directement à la prévention des maladies susceptibles d’être transmises de l’animal à l’homme. La rage, la tuberculose bovine, le charbon et certaines infections alimentaires illustrent l’importance de leur intervention.
Leur expertise contribue ainsi à réduire les risques sanitaires et à renforcer la sécurité des consommateurs. « Le vétérinaire est un acteur clé de la santé. Dans le concept One Health ou une seule santé, le vétérinaire est un polytechnicien qui est au service de la population », a précisé le Dr Albert Doufissa, médecin vétérinaire émérite, qui cumule, à ce jour, plus de 40 ans de pratique vétérinaire. Lors de la leçon inaugurale intitulée « Historique et impacts de la privatisation des services vétérinaires au Cameroun », il a rappelé le rôle du vétérinaire, qu’il soit en clientèle privée ou travaillant dans l’administration publique.
Cette mission rejoint le concept One Health, qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Dans un contexte marqué par les défis épidémiologiques, ce concept plaide pour une collaboration renforcée entre vétérinaires, médecins, agronomes et spécialistes de l’environnement.Au-delà de la santé publique, les vétérinaires contribuent à la modernisation de l’élevage, à l’amélioration de la productivité animale et à la sécurisation des filières agropastorales. En accompagnant les éleveurs, en prévenant les épizooties et en améliorant la qualité des produits animaux, ils soutiennent les revenus ruraux, l’approvisionnement des marchés et la création d’emplois.
La région de l’Adamaoua, connue pour son important cheptel, bénéficie des retombées de la recherche en médecine vétérinaire, dont les résultats ont permis de faire face aux pathologies animales. La Mission spéciale d’éradication des glossines en est une illustration parfaite. Ces actions convergent avec les orientations de la SND30, notamment la transformation structurelle de l’économie, la modernisation du secteur rural, la promotion de l’import-substitution et le développement du capital humain.
Des défis importants à releverMalgré leur rôle essentiel, les médecins vétérinaires font face à plusieurs contraintes : insuffisance des moyens de surveillance, couverture sanitaire animale inégale, difficultés d’accès aux services vétérinaires dans certaines zones rurales et importance du secteur informel dans la commercialisation des produits animaux. En outre, les jeunes médecins vétérinaires qui sortent chaque année des écoles de formation peinent à trouver du travail, alors que le secteur public a du mal à absorber ces professionnels de la santé.
Selon les chiffres présentés par le docteur Albert Doufissa, le Cameroun dispose d’environ 1 229 vétérinaires, de 4 écoles de formation, et seulement 200 d’entre eux ont réussi à s’installer en clientèle privée. Le secteur connaît une montée en puissance de la gent féminine, car selon lui, les femmes constituent un cinquième de l’effectif des vétérinaires en activité au pays.
Le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), le docteur Taïga, a insisté sur les guichets de financement qui seront ouverts afin d’appuyer les vétérinaires qui innovent. Par les soins qu’ils prodiguent aux animaux, les vétérinaires contribuent à garantir la santé des populations tout en participant au développement du pays.








