Quelles sont les principales activités menées par NAMé Recycling au Cameroun, et dans quelles villes ou régions êtes-vous actuellement implantés?
NAMé Recycling SARL est une entreprise spécialisée dans la Collecte, le Transport, le Stockage, le Traitement et la Valorisation des déchets plastiques; ce sont là les principales activités que nous menons au Cameroun. Nous intervenons donc à toutes les étapes de la gestion des déchets. NAMé Recycling a son usine de transformation dans la Région du Littoral au Cameroun précisément à BEKOKO; avec en terme d’activités de collecte un maillage territorial progressif couvrant plus de la moitié des grandes villes du pays dont Yaoundé dont je suis le responsable.
Quel type de plastique recyclez-vous principalement, et que deviennent les matériaux recyclés (produits finis, réutilisation industrielle, etc.)?
Nous collectons une multitude de déchets plastiques et en recyclons deux types principalement: Le PET (PolyEthylène Terephtalate) et le PEHD (Poly Ethilène Haute Densité) alors considérés comme des matières premières secondaires à partir desquelles nous obtenons deux produits finis. Avec le PET, nous fabriquons localement du Feuillard PET, ces bandes de cerclage qui servent à stabiliser les marchandises notamment du bois transformer. A partir du PEHD nous fabriquons les Palettes en plastiques servant à disposer et manutentionner les produits à partir d’un chariot élévateur communément appelé Hyster. A terme, l’impact recherché c’est la baisse significative des coupes de bois très prisé dans la fabrication des palettes.
Comment vos actions contribuent-elles à restaurer ou protéger les écosystèmes camerounais les plus menacés par la pollution plastique, notamment dans les zones côtières, urbaines ou fluviales?
Par la collecte j’ai envie de dire. NAMé Recycling c’est un large réseau de plus de 200 collecteurs indépendants qui travaillent qui dans des drains, qui sur des dépotoirs anarchiques d’ordures, qui sur des décharges; NAMé Recycling c’est aussi des actions coup-de-poing comme des « Clean-up campaigns » dans des mangroves ou d’autres zones polluées par exemple.
Il est néanmoins important de souligner qu’au-delà des aspects visibles de la pollution plastique et ses conséquences (engorgement des caniveaux, des drains, inondations, dépotoir anarchique d’ordures…), la dangerosité des déchets plastiques réside dans ses formes micro et nano particulaire que nous inhalons. Sous l’effet des intempéries, les déchets plastiques se dégradent (certes lentement) libérant des particules de plastiques invisibles à l’œil nu que nous consommons de diverses manières; ce qui affecte le système rénal et cardiovasculaire entre autres avec les maladies touchant les tranches d’âge autrefois épargnées. Nous inhalons chacun(e) en moyenne 5 grammes de plastiques par jour sous ses formes micro et nano particulaires.
Par notre activité de collecte nous soulageons donc l’environnement de ces déchets plastiques dont l’espérance de vie va au-delà de plusieurs centaines d’années et partant, sauvegardons en quelque sorte la santé des populations.
NAMé Recycling c’est aujourd’hui 15 000 tonnes de plastiques recyclées soit 432 millions de bouteilles; ce qui équivaut à 51 millions de Kilogrammes de CO2 dont on a ainsi empêché l’émission dans l’atmosphère; ou encore 5869 voitures retirées du traffic; ou même 2300 ha de terre reboisées.
Quels types de partenariats locaux avez-vous mis en place pour renforcer l’impact de votre mission sur l’environnement au Cameroun?
Dans l’implémentation de notre récente solution de collecte (les NAMéBOX), nous sollicitons les municipalités pour la mise à disposition des espaces sur lesquels nous construisons ces centrales d’achat des bouteilles plastiques.
Avec les Associations et les écoles nous apportons à l’occasion un accompagnement dans le sens des campagnes de sensibilisation.
Concernant les ONG, quand leurs moyens le permettent, nous sollicitons un appui dans le sens de la revalorisation du prix d’achat des bouteilles au kilogramme afin d’améliorer les conditions de vie des collecteurs indépendants.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, quelles actions spécifiques NAMé Recycling a-t-elle organisées ou soutenues au Cameroun?
La Journée Mondiale de l’Environnement (JME) se tient tous les 5 juin et le thème de l’édition 2025 était « Combattre la pollution plastique ». Nous avons mené plusieurs actions au Cameroun avec notre partenaire tradionnelles LES BOISSONS DU CAMEROUN; pour cette année TOTAL ENERGIES s’est joint aux festivités.
Pendant plusieurs jours (du 5 au 7 juin) avec nos équipes et les volontaires mobilisés par ces partenaires majeurs nous avons assaini une bonne partie de la rivière NTEM dans commune d’arrondissement de Yaoundé 1, complètement obstruée par des milliers de bouteilles et d’autres déchets plastiques. Les actions similaires s’étant également déroulées dans les villes de Douala et Bafoussam. Dans le même temps et jusqu’au 8, une campagne de sensibilisation s’est déroulée dans certaines Station-Service Total Energies des trois villes citées.
Comment votre modèle économique (notamment via le financement participatif sur Solylend) favorise-t-il un développement durable et inclusif?
Notre modèle de collecte est basé sur un large réseau de collecteurs indépendants repartis dans plusieurs quartiers dans les grandes villes du pays; c’est dire que notre modèle économique (qui répod à la logique de l’économie circulaire) favorise un développement participatif car ces collecteurs indépendants vivent (peut-être pas décemment) du produit de leur collecte qu’ils mettent à notre disposition contre rémunération.
A lire aussi: Frédéric, 29 ans: Le « comptable des ordures »
Quels sont vos objectifs à moyen terme pour renforcer votre contribution à l’économie circulaire et à la résilience environnementale de l’Afrique?
C’est de parvenir à faire du « bottle-to-bottle » ; c’est-à-dire partir d’une bouteille plastique collectée pour fabriquer des préformes qui formeront de nouvelles bouteilles. Sauf que cela demande évidemment beaucoup de moyens et un processus industriel très sophistiqué associé à une multitude de certification.
Quels sont vos projets d’expansion ou d’innovation technologique au Cameroun pour renforcer la collecte, le tri et la transformation des déchets plastiques dans les prochaines années?
C’est notre Département Stratégie et Développement qui serait bien placé pour répondre à cette question. Sinon grosso modo nous travaillons sur le projet de « Bottle-to-bottle » dont j’ai parlé; nous travaillons également sur d’autres projets industriels que je ne peux dévoiler ici.
Interview réalisée par Mireille Siapje









Comments are closed