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Protection dentaire : Les dents ne sont pas un ouvre-bouteille

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Décapsuler une bouteille, couper un fil ou déchirer un emballage avec la bouche… Ces mauvais réflexes du quotidien font subir des pressions extrêmes à nos dents. Derrière ces gestes anodins se cachent des risques de fissures, de cassures irréparables et des factures de soins bien lourdes à supporter.

« Trop tard ! J’ai déjà ouvert ma bière. Moi, je ne tarde pas ! » Tels sont les propos que l’on a coutume d’entendre dans les bars et les bistrots du coin. Décapsuler une bouteille avec les dents est un geste banal auquel s’adonnent de nombreux consommateurs, sans jamais mesurer la gravité de leur acte.

« C’est une question d’habitude. Certaines serveuses mettent du temps pour nous apporter à boire, alors s’il faut encore attendre le décapsuleur, c’est une perte de temps », explique un habitué, d’un air amusé. Cependant, ce qu’il ignore, c’est que derrière cette petite économie de temps, des conséquences médicales et financières très lourdes peuvent rapidement en découler.

Des gestes simples aux conséquences immenses

Utiliser ses dents comme des outils pour décapsuler une bouteille, ouvrir un sachet en plastique, couper du fil (électrique ou de couture), casser des noix ou des graines, mais aussi tenir des objets en bouche (stylo, aiguille, clou, épingle,

bouchon) constitue un réel danger pour notre santé bucco-dentaire. Comme l’explique le Dr Ornela Takam, médecin bucco-dentaire : « Certaines mauvaises habitudes ne provoquent pas forcément une douleur immédiate. Elles peuvent cependant entraîner progressivement des fissures, de l’usure, des fractures ou des problèmes de gencives. »

Selon l’experte, la force brutale exercée sur la dent lors de ces manœuvres peut provoquer une fracture coronaire, une fêlure grave ou une atteinte directe de la pulpe dentaire (le nerf). Nos incisives et nos molaires n’ont jamais été conçues pour couper du plastique ou du métal. Lorsqu’une pression importante est concentrée sur une minuscule surface de la dent, le risque de casse est maximal un danger d’autant plus grand si la dent est déjà fragilisée par une carie ou par un ancien traitement.

Par ailleurs, garder des objets entre les dents, même pendant deux petites secondes, reste néfaste. Répétées des centaines de fois, ces deux secondes créent un microtraumatisme régulier et installent une habitude destructrice.

Un organe résistant, mais pas indestructible

La dent est un organe vivant et, à ce titre, elle n’est pas incassable. Le Dr Ornela Takam rappelle : « La dent possède une structure minérale très résistante, mais celle-ci peut être fragilisée par les caries, les anciennes restaurations, les traitements endodontiques, l’érosion, l’abrasion ou des traumatismes répétés. »

De surcroît, sa mécanique naturelle n’est pas faite pour encaisser n’importe quelle contrainte. Mordre dans un aliment lors de la mastication n’a rien à voir avec l’action d’utiliser sa mâchoire comme une pince. La direction de l’effort, l’intensité, la répétition de la pression et la dureté de l’objet sur lequel on mord jouent un rôle déterminant dans la santé de la dent.

Pour y remédier, il est important de garder toujours à portée de mains des ciseaux, un ouvre-bouteille ou des pinces à portée de main. De plus il y’a dans les marchés des petits décapsuleurs facilement portables en ventes. Repérer les moments (stress, ennui…) où l’envie d’utiliser les dents comme outils se fait ressentir. Si un emballage résiste, il faut prendre le temps de chercher un ustensile adapté au lieu de forcer avec la mâchoire. Plus important encore, faire des examens de dents pour vérifier qu’il n’y a pas de microfissures invisibles pourraient être source de problèmes dentaires. En clair, la prochaine fois qu’une bouteille ou un emballage vous résiste, rappelez-vous qu’un décapsuleur coûte quelques pièces de monnaie, alors qu’une prothèse dentaire se chiffre en centaines de milliers de francs.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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