Face à la montée fulgurante de la variante Bundibugyo, en RDC, le bureau de coordination des affaires humanitaires OCHA, a annoncé le réajustement de son plan humanitaire 2026, jeudi 16 juillet 2026. Un budget de 2,3 milliards de dollars ciblant 10,8 millions de personnes ciblées sur 18,5 millions de personnes en détresse. Un plan stratégique qui laisse 7,7 millions de personnes vulnérables à leur propre sort.
Un arbitrage budgétaire sous contrainte L’insuffisance des ressources dicte désormais la stratégie de la riposte en RDC. Malgré l’augmentation de l’enveloppe budgétaire, l’écart entre les besoins réels et la capacité d’intervention reste abyssal : sur 18,5 millions de Congolais en situation de vulnérabilité, seuls 10,8 millions bénéficieront d’une aide directe.
Une optimisation à double tranchantLa RDC fait face à une aggravation exponentielle des crises sécuritaires et sanitaires, marquées par une flambée concomitante d’Ebola et de choléra. Pour maximiser l’impact de chaque dollar investi, l’addendum au plan de réponse 2026 passant de 1,4 à 2,3 milliards de dollars recentre les opérations sur les zones d’urgence maximale, telles que l’Ituri et le Nord-Kivu.
Si cette concentration des moyens est nécessaire pour gérer l’urgence, elle crée un fossé humanitaire aux conséquences potentiellement désastreuses pour les zones exclues.7,7 millions de laissés-pour-compteEn excluant 7,7 millions de personnes du périmètre d’intervention, ce plan fragilise des populations dont la survie dépendait déjà de l’aide humanitaire.
Privés de soutien alimentaire, ces laissés-pour-compte s’exposent à une malnutrition aiguë, aggravant les taux de mortalité, particulièrement chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.Par ailleurs, l’absence de kits d’hygiène et de programmes de sensibilisation dans ces zones non prioritaires favorise une circulation silencieuse du choléra.
Sans moyens de surveillance et de dépistage, le confinement devient impossible, multipliant le risque d’apparition de foyers secondaires qui menacent de compromettre les efforts nationaux et régionaux de contrôle des épidémies.Une survie compromise par le désengagement internationalCette situation est exacerbée par une réduction globale de l’aide internationale, marquée notamment par la suspension du financement par les Etats-Unis.
Contraints à des choix drastiques, les acteurs humanitaires tels que l’OMS, l’UNICEF et le PAM sont obligés de concentrer leurs interventions sur les foyers les plus critiques de la 17ème épidémie d’Ebola.Si le réajustement d’OCHA est une mesure salutaire dans ce contexte d’austérité, elle ne suffit pas à endiguer le fléau.
Un appel urgent est lancé à la communauté internationale pour renforcer le financement et éviter que 7,7 millions de personnes ne soient définitivement abandonnées à leur triste sort.







