L’institution sanitaire a organisé une foire d’échanges qui aura permis aux mères d’enfants de poser leurs questions sur l’allaitement maternel et de recevoir des conseils pratiques.
L’auditorium de l’Hôpital Général de Garoua a connu une animation particulière ce mercredi 12 août 2026. Pendant près de deux heures, des mères d’enfants ont occupé les lieux pour parler d’un geste aussi naturel qu’essentiel, l’allaitement maternel. La rencontre, organisée dans le cadre de la poursuite des activités liées à la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, a surtout privilégié l’échange direct avec les femmes.
L’objectif était simple, celui de donner la parole aux mères, écouter leurs préoccupations et apporter des réponses aux nombreuses questions qu’elles se posent au quotidien. Face aux participantes, les Dr Kamo Selangaï et Soureya, toutes deux pédiatres, ont assuré les échanges. Pendant la rencontre, aucune question ne semblait superflue. De la composition du lait maternel aux techniques d’allaitement, en passant par l’introduction des aliments complémentaires, les femmes ont profité de cette occasion pour lever leurs doutes.
La rencontre s’est distinguée par son caractère participatif. Plutôt qu’une communication descendante, les animatrices ont choisi de partir des préoccupations réelles des mères. Les participantes ont ainsi pris la parole pour exposer leurs difficultés, leurs habitudes et parfois leurs incertitudes face à certaines situations rencontrées avec leurs bébés.
Pourquoi le lait maternel est-il si important pour l’enfant ? Que contient-il ? Quelle est la meilleure manière de mettre le bébé au sein ? Comment poursuivre l’allaitement lorsque l’enfant grandit ? Que faire lorsque surviennent certaines difficultés ? Autant de préoccupations qui ont nourri les échanges.
Les spécialistes ont également insisté sur les bonnes pratiques à adopter aux différentes étapes de la croissance de l’enfant. Car si l’allaitement est un acte naturel, il n’est pas toujours évident pour toutes les mères de savoir comment s’y prendre dans les meilleures conditions. Pour certaines participantes, la rencontre aura donc été l’occasion de repartir avec des connaissances nouvelles et surtout des réponses directement applicables à la maison. « Je retiens qu’il faut absolument allaiter l’enfant jusqu’à 6 mois, voire 2 ans même », indique Bofaï Fortune, participante à la rencontre. Aissatou Noura retient surtout les aspects pratiques. « Je sais maintenant comment allaiter mon enfant », partage-t-elle, satisfaite des échanges. Pour Edith, autre participante, les conseils reçus ont également permis de répondre à une difficulté très concrète. « J’ai un enfant de 6 mois, je ne savais pas comment donner de la bouillie à mon enfant », témoigne-t-elle.
La question de l’allaitement exclusif durant les six premiers mois a ainsi occupé une place importante dans les échanges. Les participantes ont été sensibilisées sur l’intérêt de privilégier le lait maternel pendant cette période, conformément aux recommandations sanitaires. Au-delà de six mois, l’introduction progressive d’aliments complémentaires vient répondre à l’évolution des besoins nutritionnels de l’enfant, tandis que l’allaitement peut être poursuivi.
L’originalité de cette activité réside aussi dans l’atmosphère qui a entouré les échanges. Pendant environ deux heures, les mères ont pu s’exprimer dans un cadre moins formel qu’une consultation médicale classique.
L’auditorium de l’Hôpital Général de Garoua s’est ainsi transformé en espace de dialogue. Les femmes ont posé leurs questions, écouté les réponses des spécialistes et partagé leurs propres expériences. La rencontre a également été ponctuée par un défilé de mode. Ce moment de divertissement a permis de rompre avec le caractère essentiellement médical des échanges. Surtout, il a contribué à mettre les mères allaitantes sous les projecteurs, dans une ambiance destinée à les valoriser.
Interview :« Nous avons eu l’impression qu’il y avait une soif de connaissances »

Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de cette foire aux questions sur l’allaitement maternel ?
Nous avons réalisé la foire aux questions auprès des mamans concernant l’allaitement maternel dans le cadre de la semaine mondiale de l’allaitement maternel. Et c’est une semaine qui est mondialement célébrée et l’hôpital général ne voudrait pas rester à la marche de cet événement.
L’allaitement maternel est une pratique connue. Pourquoi est-il encore important d’en parler aujourd’hui ?
L’urgence qui se cache derrière l’allaitement maternel, c’est parce que au Cameroun en général, et dans le septentrion en particulier, il y a encore la malnutrition. La malnutrition, c’est comme un nid. Un nid dangereux qui vient sacrifier toutes les maladies infantiles. C’est même la base de la lutte contre la maladie infantile. Donc quand il y a malnutrition infantile, il y aura les enfants malades. Lorsque nous faisons la promotion de l’allaitement maternel, un enfant qui prend seulement le lait maternel de 0 à 6 mois ne tombe pas malade. Il est à l’abri de la malnutrition
infantile. C’est pour cela que c’est une urgence.
Concrètement, de quoi était-il question au cours de cette foire ?
Au cours de cette foire, il était question de faire le diagnostic communautaire, de voir où est-ce que les mamans sont bloquées par rapport à l’allaitement maternel ? de les écouter. Elles ont l’habitude de venir à nos consultations, nous parlons toujours de l’allaitement maternel, mais on se demande est-ce que le message passe? Est-ce qu’on les écoute? Donc c’était l’occasion de les écouter et de résoudre les difficultés qu’elles rencontrent comme allaitantes.
Quel bilan faites-vous de cette rencontre avec les mamans ?
Nous avons eu l’impression qu’il y avait une soif de connaissances. Il y avait beaucoup de questions si bien que nous étions tenus d’arrêter. Il y avait beaucoup de questions non comblées des mamans et c’est comme nous avons l’habitude dit, c’était comme un désert, une terre sèche et nous sommes venus arroser. Donc il y avait beaucoup de questions, elles étaient intéressées.
Quelles sont les principales préoccupations que les participantes ont exprimés ?
Les préoccupations la qualité du lait, ce qui passe dans le lait maternel. Quand je donne mon lait, de quoi est-ce que j’ai peur? Lorsque je prends des médicaments, lorsque je consomme certains aliments, est-ce que l’enfant reçoit cela? Voilà des questions qui revenaient. Et en termes de qualité, qu’est-ce que je dois faire pour avoir un lait de qualité? Et je crois que nous avons essayé sur le plan scientifique de répondre à leurs préoccupations.
Qu’attendez-vous concrètement des mamans après cette rencontre ?
Nous attendons de ces mères un engagement. Vous avez suivi lors des échanges qu’il y a des mamans qui ont arrêter avec l’allaitement parce qu’elles avaient des difficultés qu’elles n’avaient pas à combler. Nous attendons de ce moment un réengagement et surtout de véhiculer ce message qu’elles ont reçu. Elles sont des ambassadrices, comme je l’ai dit, concernant l’allaitement maternel, elles ont eu des informations claires et qu’elles véhiculent cela et qu’elles reviennent, qu’elles reprennent leur engagement vis-à-vis de l’allaitement maternel.










