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Semaine du pharmacien dans le Centre : Un triptyque d’actions pour la santé publique

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Entre collectes de sang salvatrices, réflexion scientifique sur l’autonomisation des praticiens et grande marche sportive, les pharmaciens démontrent leur rôle de premier plan au service des populations.

La blouse blanche ne se cache plus derrière le comptoir des officines : elle bat le pavé, se mobilise dans les hôpitaux et monte en première ligne pour porter le pouls de la santé publique au Cameroun. Alors que la Semaine du pharmacien bat son plein du 21 au 26 septembre 2026 sous l’égide de la Fédération Internationale Pharmaceutique (FIP), le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens insuffle un élan inédit à travers le pays. En plaçant cette édition sous le thème international « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir plus sain », la profession réaffirme sa mission fondamentale : être un acteur clé de la prévention, de l’éducation thérapeutique et de l’accès aux soins.

Pour relever ces défis complexes, la région du Centre a bâti un plan d’action articulé autour d’un triptyque fort, résume le Dr Christophe Ampoam, président du Conseil Régional de l’Ordre du Centre et président du comité d’organisation : « Si vous voyez trois activités, il y a une consistance, un triptyque, qui est de donner de notre sang, de réfléchir à travers une conséquence scientifique pour essayer de revoir notre façon de contribuer à une meilleure prise en charge, et enfin d’agir en essayant de faire en sorte que la plus grande communauté participe à l’exercice physique. »

Le premier volet de cette mobilisation s’attaque directement à une urgence vitale : la pénurie chronique de sang dans les formations sanitaires. Alors que le Cameroun a besoin d’environ 400 000 poches de sang par an et que le pays peinait à couvrir 47 % de ses besoins à la fin de l’année 2025, la profession s’est unie au Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS). « Le sang ne se fabrique pas au laboratoire ; ce n’est que le don d’un autre être humain qui peut aider l’autre », rappelle avec gravité le Pr Dora Mbanya, Directrice Générale du CNTS, en lançant un appel pressant : « Notre cri, c’est vraiment d’encourager tout le monde âgé de 18 ans à 60 ans, qui est en bonne santé, qui pèse au moins 50 kilos, à se lever et à aller donner son sang. » Du 23 au 25 septembre, des stands de collecte ouverts au CHU et au Conseil de l’Ordre permettent aux citoyens de poser cet acte hautement altruiste. Une démarche saluée par le Dr Christophe Ampoam, qui souligne que « les pharmaciens souhaitent contribuer concrètement à des thérapies majeures de santé publique et à la disponibilité du sang pour les patients qui en ont besoin ».

Mais pour soigner efficacement, encore faut-il que le praticien dispose des compétences adaptées aux réalités modernes. Point d’orgue de cette semaine, la grande conférence-débat du 25 septembre – date symbolique marquant la Journée Internationale du Pharmacien, créée en 2009 et célébrée depuis 2010 par une FIP

fondée dès 1912 – posera les jalons de l’autonomisation professionnelle. Face aux mutations épidémiologiques et aux nouvelles exigences des patients, le diplôme initial ne suffit plus. « Nous nous sommes rendus compte qu’au-delà de la formation initiale, nous avons d’autres problématiques. Alors, nous avons pensé réunir un panel scientifique avec des institutionnels, des universitaires et des professionnels pour voir quelles formations complémentaires et certifications adéquates sont nécessaires », explicite le Dr Christophe Ampoam.

Une vision partagée par le pharmacien, qui insiste sur la nécessité absolue pour ces professionnels de première ligne d’être outillés pour « guider l’avis clinique, promouvoir la qualité, combattre les contrefaçons et continuer à guider la lutte contre la résistance antimicrobienne ».

Enfin, la semaine s’achèvera dans l’effort et la cohésion ce samedi 26 septembre avec la traditionnelle marche sportive, dont le top départ sera donné à 06h30 précises sur l’esplanade du Ministère de la Santé Publique. Portée par le Dr Matip, cette ultime articulation traversera notamment la Paroisse Marie Gocker, le Pont de la Gare et le Stade Omnisport. « Pourquoi marcher ? Nous savons que le pharmacien est d’abord un acteur de prévention. La marche est également là pour lutter non seulement contre l’hypertension et bien d’autres maladies, mais c’est aussi un moyen puissant de sensibiliser et de communiquer », insiste le Dr Matip. Entre don de sang, réflexion scientifique de pointe et communion par le sport, les pharmaciens démontrent que la santé des populations se construit chaque jour, main dans la main avec les citoyens.

Le deuxième axe valorise la réflexion scientifique lors de la conférence-débat du 25 septembre – Journée internationale des pharmaciens. Elle réunira institutionnels, universitaires et professionnels autour de l’autonomisation des praticiens, des spécialisations et des exigences académiques face aux nouveaux défis sanitaires. Enfin, le troisième volet invite à l’action et au bien-être à travers une grande marche sportive prévue le 26 septembre, illustrant l’engagement global des pharmaciens au service de la santé des populations.

Réactions : « Semaine du pharmacien dans le Centre : Un triptyque d’actions mobilisateur »

Dr Christophe Ampoam, président de la région du Centre de l’ordre des pharmaciens

À l’occasion du lancement de la Semaine du pharmacien dans la région du Centre, placée sous le thème de la Fédération Internationale Pharmaceutique (FIP), le comité d’organisation a articulé sa programmation autour d’un triptyque fort : donner, réfléchir et agir. Le premier volet met l’accent sur la solidarité avec une grande campagne de dons de sang programmée les 23, 24 et 25 septembre à Yaoundé (dans plusieurs formations sanitaires et au Conseil de l’Ordre). Cette initiative vise à répondre aux urgences de santé publique et à pallier le déficit des banques de sang.

Le Pr Dora Mbanya, Directrice Générale du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS)

Le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), opérateur unique créé en 2003 et réorganisé par décret en 2019, veille à la disponibilité de sang sécurisé sur tout le territoire. Face à un lourd défi, il s’associe à l’Ordre National des Pharmaciens pour promouvoir le don durant la Semaine du pharmacien.

Le pays fait face à une urgence sanitaire critique : pour un besoin annuel estimé à 400 000 poches, seules 187 000 ont été collectées fin 2025, soit une couverture de 47 %. Le sang s’apparentant à un « médicament d’un autre genre » irremplaçable en laboratoire, seule la générosité humaine permet de renflouer les banques.

Le CNTS appelle ainsi les citoyens de 18 à 60 ans, en bonne santé et pesant au moins 50 kg, à accomplir cet acte civique les 23, 24 et 25 septembre dans les structures de collecte (notamment au CHU et au Conseil de l’Ordre à Yaoundé, ainsi qu’à Douala, Garoua, Maroua et Ngaoundéré). Un entretien médical préalable garantit la sécurité de chaque donneur, qui peut renouveler son geste jusqu’à trois fois par an.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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