Ils se sont retrouvés le jeudi 24 avril 2025 à la Maison Nazareth de Mvolyé à Yaoundé pour échanger sur les stratégies à mettre en œuvre pour éradiquer le paludisme au Cameroun.
La Maison Nazareth de Mvolyé a abrité le 24 avril 2025 un symposium scientifique organisé par Impact Santé Afrique (ISA) et le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) placé sous le thème : « La recherche et les innovations en faveur de la lutte contre le paludisme ». Présidé par le Secrétaire Permanent du Programme National de Lutte contre le Paludisme, Dr Albert Zeh Meka, cet événement organisé en marge de la 18ᵉ Journée mondiale de lutte contre le paludisme, a réuni un panel composé de chercheurs, scientifiques, parlementaires, acteurs du ministère de la Santé, de la Société Civile et autres parties prenantes. Ensemble, ils ont passé en revue les avancées, les défis et les perspectives de la lutte contre le paludisme au Cameroun.
Dans son propos liminaire, le Secrétaire Permanent a salué la mobilisation observée, remerciant tout particulièrement l’ensemble des corps présents pour l’occasion. Il a également annoncé la tenue prochaine de journées scientifiques similaires, visant à renforcer les efforts et les actions en faveur de l’élimination du paludisme.

Pour la conduite des travaux, le choix a été porté sur les chercheurs Pr Antonio Nkondjio assisté du Pr Innocent Ali et du Dr Jessy Ngoupayou. Ainsi, les participants ont pu échanger sur 16 sous thèmes notamment : Emergence de la maladie en Afrique : comment résister ?; Contrôle du paludisme en Afrique : situation et challenge ; Innovations vecteur de contrôle des outils de lutte contre le paludisme ; Evaluation du système de surveillance du paludisme au Cameroun ou encore spéciation moléculaire de Plasmodium ovale sur différents sites au Cameroun.
Parmi les sous thèmes sus évoqués, celui axé sur le contrôle du paludisme en Afrique : situation et challenge aura le plus retenu l’attention des participants. En effet, au cours de son exposé, le Pr Antonio Nkondjio, représentant l’Organisation de Coordination pour la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale (OCEAC) a présenté la situation du paludisme en Afrique en 2024 avec 597 000 cas de décès enregistrés sur un échantillon de 263 millions de personnes contre 619 000 cas de décès enregistrés sur 247 millions de personnes en 2022. Ce qui montre une baisse du nombre de décès entre ces deux années. De son exposé, il ressort également que le Cameroun représentait en 2022, 12% de cas de paludisme en Afrique Centrale. Dans le même exposé, avec les mécanismes mis sur pieds dans le cadre de la Lutte contre cette maladie, le plan global d’élimination du paludisme entre 2020-2030 en Afrique prévoit une réduction allant de 75% en 2025 à 90% en 2030. Pour y parvenir, plusieurs stratégies sont mises en oeuvre à l’instar de la conception de nouveaux types d’insecticides moins connus des moustiques, la multiplication des moustiquaires imprégnées d’insecticides et surtout l’amélioration du cadre de vie de l’ensemble des populations africaines et Camerounaises en particulier.

Ces prévisions ont été appréciées par les participants. Toutefois, l’apport des chercheurs Camerounais a été remis en cause. Car, les solutions de lutte contre le paludisme proposées par le Pr Antonio Nkondjio et les autres intervenants s’appuyaient beaucoup plus sur l’usage des produits issus des chercheurs des pays autres que le Cameroun. En réponse aux multiples interventions sur l’absence d’apport des chercheurs camerounais dans le cadre de cette lutte, le Pr Antonio Nkondjio a déclaré : « Les chercheurs camerounais développent des outils qui peuvent être utilisés dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Mais, ces outils là doivent être validés par les instances compétentes avant leur mise à disposition pour usage ».
Cet évènement très couru a été marqué par la présence des représentants du ministère de la Santé Publique, du ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, du ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, des enseignants de haut volt et aussi des parlementaires à l’instar de l’Honorable Bienvenu Ndjip, député PCRN à l’Assemblée Nationale du Cameroun qui montre un intérêt particulier pour l’éradication du paludisme au Cameroun. Le rendez vous est donc pris pour le prochain Symposium Scientifique.
Junior NTEPPE KASSI
Réaction
« De pareils initiatives sont louables»

« De pareils initiatives sont louables. Il faut travailler davantage pour faire reculer la maladie. Nous avons obtenu auprès du président de l’Assemblée Nationale la création d’un Caucus des parlementaires pour la lutte contre le paludisme. Dès lors, nous nous sommes mis sur le terrain pour essayer de lutter contre cette maladie. Nous sommes appelés à travailler davantage avec tous les partenaires tant les ONG que les chercheurs afin que les objectifs zéro palu en 2035 soient atteints. Pour atteindre ces objectifs, il suffit que 15% du budget national annuel soit affecté au paludisme. Je ne vois pas comment on n’atteindrait pas cet objectif. Nous avons également demandé la création d’un compte séquestre pour mettre de l’argent de côté pour palier au problème de subvention internationale et particulièrement américaine qui ont été stoppées depuis l’arrivée de Donald Trump à la tête des USA. Il va donc falloir que l’Etat trouve d’autres moyens pour financer la lutte contre le paludisme. Toutefois, nous avons pu résoudre le problème de passation des marchés publics liés à la distribution des moustiquaires au plus grand nombre de la population. Cela a commencé en début d’année et nous espérons que cela se poursuivra. »,.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI















Comments are closed