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Urgences sanitaires en RDC : MSF appelle à une riposte équitable des épidémies

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Tous les projecteurs et financements sont tournés vers le virus Ebola en RDC. Pourtant le choléra, la rougeole et le paludisme y sévissent et tuent en silence. Face à cela, l’OMS et Médecins Sans Frontières tirent une sonnette d’alarme pour ces cas qui demeurent dans l’ombre des priorités.

« Pour les familles que nous soignons, il n’existe pas de hiérarchie entre les crises. » Les mots du docteur Yvan Mbangi, coordinateur médical adjoint de Médecins sans frontières (MSF) à Goma, résonnent comme un avertissement. En République démocratique du Congo (RDC), la focalisation médiatique et financière sur le virus Ebola menace d’étouffer la réponse apportée aux autres fléaux majeurs qui ravagent le pays. Face à la réduction globale des fonds humanitaires, MSF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) demandent une réallocation équitable des ressources : la santé des Congolais ne peut pas être financée à une seule vitesse.

Pourtant, le terrain est épidémique. Depuis le début de l’année 2026, la RDC fait face à une recrudescence alarmante du choléra. Avec près de 39 500 cas suspects et 1 173 décès enregistrés au cours des 32 premières semaines de l’année, la maladie ne se cantonne plus à ses foyers endémiques de l’Est ou du Sud, comme le Nord-Kivu, le Sud-Kivu ou le Haut-Katanga. Elle s’infiltre désormais dans des provinces habituellement épargnées.

Une mortalité multipliée par six hors des foyers historiques

Dans ces zones non préparées, le bilan est dramatique. Selon un rapport interne de l’OMS, si la létalité du choléra s’élève à 1,31 % dans les provinces endémiques, elle s’envole à 8,05 % dans les territoires non-endémiques soit une mortalité plus de six fois supérieure. Les enfants de moins de cinq ans y paient un lourd tribut, avec une létalité grimpant à 8,49 %.

Cette situation mortelle, met en lumière des défaillances criantes : un retard dans la détection, des centres de traitement délabrés comme à Lubumbashi, une rupture des stocks de soluté de réhydratation et manques de tests rapides. De plus, l’accès aux soins est par ailleurs lourdement handicapé par l’enclavement géographique et la persistance des conflits armés. Dans l’Est, les combats ont entraîné la fermeture temporaire d’aéroports clés comme Goma et Bukavu, bloquant ainsi l’acheminement des vaccins et des intrants médicaux vitaux.

Au-delà du choléra, d’autres maladies dictent leur loi

Le choléra n’est d’ailleurs que la partie émergée de l’iceberg. Entre janvier et juillet 2026, la RDC a notifié plus de 108 000 cas suspects de rougeole et 1 394 décès, tandis que le paludisme reste la première cause de mortalité dans le pays. A cela s’ajoutent la poussée du Mpox, la fièvre typhoïde et les soins d’urgence liés aux violences sexuelles.

Pour MSF, le risque majeur réside dans l’effet d’éviction : en focalisant les financements et la logistique uniquement sur la menace d’Ebola, le système

sanitaire congolais abandonne ses structures de base. Dans les provinces touchées par Ebola, la peur du virus dissuade même certains malades de se rendre au centre de santé, retardant la prise en charge de pathologies pourtant curables.

Face à cette menace d’effondrement global, MSF exhorte les bailleurs de fonds internationaux et les autorités à maintenir un financement global et transversal. L’organisation humanitaire, qui a déjà soigné des milliers de patients cette année, demande une approche intégrée des urgences. Car se focaliser sur une seule crise en ignorant les autres ne revient pas à sauver des vies, mais simplement à choisir quelles épidémies ont le droit d’être combattues.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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