Manipulation des EPI, gestion du stress, décontamination des surfaces souillées par Ebola… tels sont, entre autres, les modules de formation qu’ont reçus dix professionnels de santé kenyans au centre de formation de Médecins sans frontières le 10 juillet 2026. Une préparation cruciale face à la persistance de l’épidémie en République démocratique du Congo (RDC).
Bien qu’épargné à ce jour de l’épidémie d’Ebola, le Kenya, en raison de la forte circulation des personnes et des échanges commerciaux dans la région, impose une vigilance maximale. À Nairobi, sous une tente au centre de formation de Médecins sans frontières, dix professionnels de santé, susceptibles d’être déployés sur un foyer épidémique ou basés dans des pays voisins, viennent apprendre à travailler en se protégeant du virus Ebola, un réel danger pour les personnels soignants : sur les plus de 1 700 cas confirmés en RDC depuis le début de l’épidémie, 112 étaient des soignants, dont 35 sont décédés.
La formation mise en place par MSF, en collaboration avec le gouvernement kenyan, se concentre sur des modules éprouvants. Au-delà de la technique, c’est la gestion psychologique qui prime. « On pense qu’on peut gérer ce genre d’épidémie, mais une fois qu’on est dans un EPI (Équipement de Protection Individuelle), c’est une autre réalité », explique Cissé Papa Ndiaga, responsable de Promotion de la santé sur le terrain. Sous une chaleur intense, harnachés dans des combinaisons étanches, les soignants apprennent à travailler en tandem, car « la confiance en l’autre est une question de survie ».
Des protocoles stricts pour briser la chaîne de transmission
La formation repose sur des piliers fondamentaux pour sécuriser la riposte : apprendre à manipuler l’équipement et à le retirer sans se contaminer, une opération minutieuse où chaque
erreur peut être fatale. Le personnel est formé à isoler rigoureusement les cas suspects, à décontaminer les surfaces et à gérer les déchets médicaux pour éviter que l’hôpital ne devienne un foyer de propagation. Les simulations incluent des volets de communication pour désamorcer la peur et la méfiance des populations, un facteur clé pour encourager un dépistage précoce et des enterrements dignes et sécurisés.
Une stratégie de résilience régionale
Cette initiative s’inscrit dans un plan d’action plus vaste du ministère kényan de la Santé, qui a renforcé les contrôles aux 26 points d’entrée du pays. Pour le Dr Diana Corben, coordinatrice médicale adjointe de MSF, cette préparation est indispensable : « Je ne considère pas qu’il est effrayant de devoir s’occuper d’Ebola si l’on est conscient des mesures à prendre. »
Alors que la souche Bundibugyo continue d’endeuiller les familles en RDC, le Kenya se dote ainsi d’une expertise précieuse. En formant ces urgentistes et logisticiens, le pays ne se contente pas de protéger ses propres frontières : il se positionne comme un acteur solidaire et opérationnel, capable de projeter des équipes aguerries là où la vie humaine est en danger.









