Les 18 et 19 juillet 2026, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), Jean Kaseya, et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, doivent se rendre à Bunia. Objectif : évaluer la situation sur le terrain et accélérer d’urgence la riposte face à une épidémie qui ne faiblit pas.
La riposte à Ebola se renforce jusqu’à l’épicentre. Cette descente conjointe au cœur de la province de l’Ituri, épicentre de la crise, fait suite à une réunion stratégique de haut niveau tenue à Genève. Face à la propagation de la souche Bundibugyo du virus Ebola en RDC et en Ouganda voisin, les dirigeants des deux organisations ont convenu de la nécessité d’imposer des « mesures urgentes à prendre sur le terrain ». « Nous sommes convenus de nous rendre ensemble à Bunia (…) afin de rencontrer les autorités nationales, les professionnels de santé en première ligne, les communautés touchées et les partenaires de la riposte », a déclaré le Dr Kaseya, soulignant que cette mission vise avant tout à « renforcer la coordination, accélérer la riposte et mobiliser le soutien nécessaire pour enrayer la transmission et protéger des vies ».
L’accélération, une question de survie face au virus Bundibugyo
L’importance de cette accélération repose sur la nature même de la menace actuelle. L’épidémie présente des défis opérationnels majeurs, principalement parce qu’il n’existe à ce jour aucun vaccin homologué ni traitement spécifique à large diffusion contre la souche Bundibugyo, bien que des essais cliniques soient en cours.
Avec plus de 1 800 cas confirmés dans le foyer principal de l’Ituri (et des extensions au Nord et Sud-Kivu ainsi qu’en Ouganda), la situation exige une réponse foudroyante. Le personnel médical paie d’ailleurs un lourd tribut, avec plus d’une centaine de soignants infectés, ce qui fragilise d’autant plus le système de santé local.
Dans ce contexte, chaque minute compte. Dans un récent appel à une solidarité internationale renforcée, Jean Kaseya a martelé les impératifs de cette course contre la montre : « Notre priorité est claire : détecter les cas plus tôt, effectuer les tests plus rapidement, isoler en toute sécurité, prendre en charge les patients, protéger les professionnels de santé et travailler en étroite collaboration avec les communautés. Lors d’une épidémie d’Ebola, la rapidité sauve des vies. »
Une stratégie unifiée et des moyens à la hauteur de la menace
Pour matérialiser cette accélération vitale, l’OMS et le CDC Afrique ont déployé une stratégie de riposte unifiée couvrant une période de six mois (juin-novembre 2026), chiffrée à 518 millions de dollars. Ce plan conjoint se concentre sur des priorités opérationnelles absolues pour endiguer le virus là où les vaccins font encore défaut : l’amélioration fulgurante du dépistage pour identifier les cas avant qu’ils ne propagent le virus ; un traçage des contacts rigoureux, indispensable pour briser les chaînes de transmission ; le déploiement d’essais thérapeutiques d’urgence pour offrir des options de soins viables aux patients ; l’ouverture de couloirs humanitaires dans ces zones souvent marquées par les conflits armés, afin de garantir l’accès des équipes médicales aux populations les plus vulnérables.
En se rendant ensemble sur la ligne de front, les directeurs du CDC Afrique et de l’OMS envoient un message sans équivoque : la riposte de routine ne suffit plus. Seule une action sanitaire accélérée, coordonnée et massive permettra de prendre de vitesse ce virus meurtrier.







