Alors que la prévalence globale du VIH poursuit sa baisse au Cameroun, les adolescents et jeunes adultes demeurent la couche la plus vulnérable. Face à ce constat, le Comité national de lutte contre le SIDA (CNLS), sous la conduite du ministère de la Santé publique, réoriente ses actions de terrain pour rapprocher le dépistage et les soins de la jeunesse.
La riposte nationale contre le VIH/SIDA au Cameroun affiche des progrès indiscutables. Les mutliples actions menées par les autorités locales portent des bruits impressionnant. Comme l’explique le Dr Joseph Fokam, Scrétaire Permanent du Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS) : « D’après l’enquête CAMPHIA, il ressort que nous avons une prévalence de 2,6 % dans la tranche d’âge 15 à 49 ans, qui représente la tranche d’âge sexuellement active et reproductive au Cameroun. Et cela démontre également une baisse de la prévalence contrairement à 3,4 % que nous avions il y a de cela 7 ans en arrière. » Parallèlement, l’incidence annuelle est passée de 0,24 % à 0,15 %, soit une baisse de 9 points d’indice qui prouve « l’efficacité de nos programmes de prévention et de traitement » impulsés sous l’autorité du Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.
Un défi persistant chez les jeunes et les femmes
Néanmoins, ce bilan prometteur masque un défi majeur. « Toutefois, nous nous rendons compte que dans ces résultats, les adolescents et les jeunes demeurent la population la moins accessible en matière de dépistage et pourtant c’est également la tranche d’âge où nous avons des taux d’infections récentes les plus préoccupants », alerte le Dr Joseph Fokam. La vulnérabilité est d’autant plus marquée selon le genre : les jeunes filles de 15 à 24 ans présentent « environ 4 fois plus de risque d’avoir une nouvelle infection par rapport au sexe masculin ».
Une réorientation stratégique ciblée sur le terrain
Pour combler ce gap, le CNLS a reçu l’instruction ministérielle de réorienter ses interventions. La priorité est de « préserver Vacances Sans SIDA comme une activité essentielle pour atteindre les jeunes » tout en l’intensifiant dans plusieurs districts de santé et régions du pays. De plus, le CNLS compte investir les rassemblements de masse, notamment les Jeux universitaires, « afin que nous ayons également la facilitation, le dépistage pour le VIH et le lien aux soins pour ceux qui seraient dépistés VIH positif », précise Dr Joseph Fokam.
Innovation, gratuité des soins et déstigmatisation
Parmi les innovations majeures, des campagnes ciblées seront organisées autour du 11 février. L’objectif est de déstigmatiser la maladie et de redonner l’espoir : « Aujourd’hui le VIH n’est plus une fatalité, le VIH se traite, le VIH se contrôle et le VIH également se prévient de manière optimale. Surtout quand on est positif et qu’on prend son médicament, on ne peut plus transmettre l’infection à son partenaire sexuel », rappelle avec force le Secrétaire Permanent. Alors que le Cameroun affiche déjà 95 % de suppression virale chez les personnes sous traitement, cette prise en charge est gratuite grâce à la Couverture Santé Universelle (CSU), permettant au pays de viser l’élimination du SIDA avec la contribution active des jeunes.










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