Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • Interview
  • Interview : « La prise en charge se simplifie et devient plus accessible »
Interview

Interview : « La prise en charge se simplifie et devient plus accessible »

Email : 37

Alors que le pays célèbre la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite, le Dr Rose Armelle Ada fait le point sur un fardeau épidémiologique préoccupant. Grâce au nouveau guide national, à la gratuité ciblée et à la baisse drastique des coûts, les patients n’ont plus à faire face à des obstacles financiers ou administratifs insurmontables pour se soigner.

Le monde célèbre ce 28 juillet 2026, la Journée mondiale contre l’hépatite. Au Cameroun, quelle est la réalité épidémiologique de cette maladie, notamment pour les formes B et C, qui restent particulièrement préoccupantes ?

Au Cameroun, la prévalence de l’hépatite B dans la population générale est d’environ 12,6 %, et celle de l’hépatite C est de 1,03 %. Vous comprenez donc que le fardeau de l’hépatite B est très important ; il est près de quatre fois plus élevé que celui du VIH.

Qu’en est-il du virus Delta ?

Il faut rappeler que le virus Delta se développe en CO ou surinfection de l’hépatite B. La prévalence de l’hépatite Delta est de 3 %, mais ce chiffre concerne 3 % des patients déjà infectés par l’hépatite B.

De manière générale, pour ces trois formes, la prise en charge a-t-elle évolué ? Peut-on dire qu’elle est satisfaisante ?

Je ne peux pas être juge, mais je pense que jusqu’à présent, de nombreux efforts ont été faits par le gouvernement, à travers le ministère de la Santé publique. Je peux citer, par exemple, toutes les actions mises en œuvre pour réduire les coûts de la prise en charge. Dernièrement, en raison du fardeau très important de l’hépatite B et des risques qu’elle fait peser sur les enfants et les jeunes, le ministère de la Santé a instauré la gratuité de la prophylaxie pour toute femme enceinte infectée par le virus de l’hépatite B, afin de garantir des naissances sans hépatite virale. Ces femmes reçoivent donc le traitement gratuitement.

Le ministère de la Santé publique met en avant le nouveau guide national de prise en charge des hépatites virales. Quels sont les grands changements apportés par ce document normatif pour rationaliser et standardiser les soins sur le territoire ?

Ce nouveau guide de prise en charge, conforme aux dernières directives de l’OMS, consacre un changement majeur : la charge virale, dont le coût était jusqu’ici élevé pour les patients, n’est plus une condition sine qua non pour débuter un traitement. Auparavant, il était impératif de réaliser cette charge virale, et compte tenu du pouvoir d’achat moyen de nos populations, nous perdions certains patients. Désormais, même si la charge virale reste importante pour le suivi, elle n’est plus obligatoire pour l’initiation du traitement.

Ce guide prévoit-il des mesures concrètes concernant les femmes enceintes et la vaccination à la naissance, dans l’objectif d’éliminer la transmission verticale du virus ?

Oui, les directives sont claires. Pour les femmes enceintes, nous avons le dépistage gratuit de l’hépatite B pour toutes. Nous avons également la prophylaxie gratuite pour celles qui sont infectées par le virus. Enfin, nous assurons la disponibilité et l’administration de la dose zéro du vaccin à la naissance pour tous les nouveau-nés. Je profite de rappeler que plus tôt dans la vie on entre en contact avec le virus de l’hépatite B, plus la probabilité de développer des formes compliquées, comme les cirrhoses et les carcinomes hépatocellulaires, est élevée.

Pour être optimiste, peut-on dire qu’aujourd’hui, on ne va plus se ruiner pour se soigner ?

Sans risque de me tromper, je peux affirmer que oui, car le pays met tout en œuvre à travers le ministère de la Santé, d’autant plus que les coûts ont considérablement baissé. Pour l’hépatite C, par exemple, les prix ont drastiquement chuté : alors qu’une dose s’élevait à 1,2 million de francs CFA entre 2000 et 2010, elle est passée à 600 000 francs CFA jusqu’en 2017, avant de tomber à 100 000 francs CFA depuis cette date, pour un traitement d’une durée totale de trois mois.

Le grand défi de la lutte reste l’ignorance du statut sérologique par la majorité des malades. Comment ce nouveau guide compte-t-il rapprocher le dépistage des populations vulnérables et de la population en général ?

Ce n’est pas la mission principale du guide, mais c’est l’une des stratégies mises en œuvre au niveau du ministère de la Santé. L’objectif est d’intensifier le dépistage. Vous verrez que de plus en plus de campagnes de santé et de dépistage sont organisées partout dans le pays, de manière transversale, dans toutes les régions, durant tout le mois consacré aux hépatites qui débute aujourd’hui.

Qu’est-ce qui est prévu à l’occasion de cette Journée mondiale pour qu’elle fasse tache d’huile ?

Le ministère de la Santé a choisi cette année de ne pas se limiter à des activités ponctuelles, mais d’organiser des campagnes de dépistage dans tout le pays tout au long du mois. Par exemple, l’hôpital de la Cité Verte à Yaoundé, le CHR de Garoua, l’hôpital régional de Maroua, et tous les hôpitaux vont organiser des dépistages. D’autant que c’est dans le Septentrion que le fardeau est le plus important. Les populations sont donc invitées à se rapprocher des structures de santé voisines.

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Santé n° 1467 du jeudi 20 août 2026

×