Ces agressions laissent des blessures profondes chez les enfants, souvent difficiles à exprimer avec des mots. À travers la musique, certains peuvent retrouver un espace de parole, d’expression et de reconstruction.
« La musique adoucit les mœurs », disait le philosophe Platon. Un proverbe assez répandu de nos jours. S’inspirant de cette pensée, le Président-Fondateur de la NBV Child Recovery Foundation a choisi de faire de la musique un outil d’accompagnement et de reconstruction pour les personnes victimes de violences, afin de les aider à guérir de leurs traumatismes. La musique ne fait pas disparaître les traumatismes, mais elle peut aider les enfants victimes de violences sexuelles à exprimer leurs émotions, retrouver confiance en eux et avancer vers la reconstruction.
La musique agit sur le cerveau et favorise l’adaptation après un traumatisme
La musique ne se limite pas au divertissement. Elle agit sur le fonctionnement du cerveau à travers plusieurs mécanismes, notamment la neuroplasticité. Ce phénomène désigne la capacité du cerveau et du système nerveux à créer de nouvelles connexions et à s’adapter face aux expériences vécues. Selon Prosper NSABIYUMVA, cette capacité permet au cerveau de continuer à évoluer malgré les blessures liées aux traumatismes. Chez un enfant victime de violences sexuelles, la musique peut ainsi participer à un processus de reconstruction en stimulant certaines fonctions liées aux émotions, à la mémoire et aux interactions avec les autres. « Un enfant qui a subi un traumatisme n’a pas toujours le courage de dire ce qu’il ressent », explique-t-il. La peur, la honte ou encore le poids du silence peuvent empêcher la victime de raconter son vécu. L’utilisation d’un instrument, le chant ou toute autre forme d’expression musicale peuvent alors devenir un langage différent, permettant à l’enfant d’exprimer ce qu’il n’arrive pas à dire directement.
Un moyen de réduire le stress lié au traumatisme
Les violences sexuelles provoquent souvent un état de stress important chez les victimes. La musique peut contribuer à diminuer cette tension en favorisant la relaxation du corps et de l’esprit. À travers les rythmes, les mélodies et la pratique musicale, l’enfant peut retrouver progressivement un sentiment d’apaisement. Cette activité agit également sur les réactions physiques liées au stress, comme les tensions musculaires, tout en créant un environnement plus sécurisant. Pour le Président-Fondateur, l’objectif est aussi de permettre à l’enfant de retrouver une certaine stabilité émotionnelle après une expérience traumatisante.
Retrouver confiance en soi après les violences
Au-delà du stress, les violences sexuelles touchent profondément l’image que l’enfant a de lui-même. Certains développent un sentiment de honte, se sentent différents ou pensent que ce qu’ils ont subi représente une partie de leur identité. «
Certains vont même jusqu’à avoir honte de leur corps, de ce qu’ils ont subi », souligne le promoteur de NBV. La musique peut alors jouer un rôle dans la restauration de l’estime de soi.
Le collectif, une étape importante dans la reconstruction
La pratique musicale en groupe occupe également une place importante dans cette démarche. Pour les enfants qui se sentent isolés après un traumatisme, intégrer un groupe permet de recréer des liens et de retrouver progressivement confiance envers les autres. Selon Prosper NSABIYUMVA, l’enfant peut faire deux découvertes importantes : d’une part, comprendre qu’il existe encore des personnes capables de l’écouter et de l’accompagner ; d’autre part, réaliser qu’il possède des qualités et des talents qui méritent d’être valorisés. Se produire devant un public et recevoir des applaudissements peut devenir une expérience forte : l’enfant prend conscience qu’il a de la valeur et que son histoire ne se résume pas aux violences qu’il a subies.
Un accompagnement qui associe musique et suivi psychologique
Pour le promoteur de NBV, la musique intervient comme un outil complémentaire dans l’accompagnement des victimes. Elle ne remplace pas une prise en charge spécialisée, mais peut faciliter le processus de reconstruction. Les enfants accueillis peuvent être orientés vers des professionnels de la psychologie afin d’évaluer leurs besoins et de déterminer l’accompagnement adapté, qu’il s’agisse d’un suivi psychologique ou d’une thérapie. La démarche repose également sur des activités musicales régulières permettant d’observer l’évolution des enfants sur trois mois. L’objectif est de leur offrir un cadre où ils peuvent apprendre, s’exprimer et reprendre confiance progressivement.
La musique ne représente donc pas qu’un simple loisir. Elle peut devenir un espace de parole et de résilience pour les enfants confrontés aux traumatismes liés aux violences sexuelles.
Marie Chantale FAIDA









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