Lorsqu’un enfant avale accidentellement de l’eau de Javel, les premières minutes sont déterminantes. Certains gestes, pourtant faits pour aider, peuvent au contraire aggraver les brûlures.
Les enfants adorent toucher à tout pour découvrir leur environnement. C’est pourquoi les parents disent souvent que : « Quand l’enfant devient subitement calme dans la maison. Il faut chercher à voir ce qu’il fait car généralement il est en train de faire une bêtise ». Malheureusement, ce silence cache parfois un vrai danger. Un enfant qui joue peut être attiré par une bouteille de produit ménager laissée sur une table ou au sol, l’ouvrir et en avaler accidentellement une petite quantité. En découvrant donc la scène, certains parents s’affolent, ne sachant quoi faire à l’instant. Le premier réflexe souvent quand l’enfant avale de l’eau de javel, c’est de chercher à faire vomir l’enfant pour tenter de faire ressortir le produit avalé. Les réflexes varient dans ce cas d’un parent à l’autre. « J’avais eu le même problème avec mon fils, je lui ai donné de l’huile rouge », témoigne Jeanne. « Pour moi, j’avais donné le charbon avec l’huile rouge », explique Maëva. Sidoine raconte : « J’ai vécu cette expérience avec un enfant d’un an et demi et je lui avais donné du charbon avec de l’huile rouge, ensuite du lait. » MWANGA, médecin généraliste, explique sur sa page Facebook que provoquer les vomissements après l’ingestion d’eau de Javel est à éviter. La Javel est un produit corrosif qui peut brûler les tissus avec lesquels elle entre en contact. En faisant vomir l’enfant, le produit remonte une nouvelle fois dans l’œsophage et la bouche. Les zones déjà irritées peuvent alors être exposées de nouveau au produit et subir davantage de lésions.
Le réflexe adéquat en cas d’ingestion
Selon l’expert, de petites gorgées d’eau ou de lait peuvent être données uniquement
si l’enfant est conscient et capable d’avaler sans difficulté. L’objectif est notamment de diluer le produit présent dans l’œsophage et l’estomac, sans provoquer de vomissements. En revanche, il déconseille de donner du citron, du vinaigre ou un autre produit dans l’espoir de neutraliser la Javel. Ce type de mélange peut aggraver les lésions ou entraîner des réactions indésirables. Le charbon activé n’est généralement pas recommandé non plus dans ce type d’ingestion, car il est peu efficace contre les produits corrosifs. Le spécialiste met en garde également contre ces parents qui attendent à la maison pour voir si l’enfant va mieux. Une prise en charge médicale rapide est recommandée, particulièrement lorsque des symptômes apparaissent. L’accident peut également se produire autrement. Si le produit entre en contact avec la peau ou les yeux, il faut rincer abondamment la zone touchée à l’eau pendant environ 15 minutes en continu. Là encore, les produits domestiques ne doivent pas être remplacés par des recettes improvisées.
Les signes qui doivent alerter
Après l’ingestion, certains signes nécessitent une attention particulière. L’expert cite les douleurs, les vomissements, les difficultés à avaler, la toux ou une gêne respiratoire. Dans ces situations, l’enfant doit être conduit rapidement dans un centre hospitalier ou un centre antipoison, en suivant les recommandations locales. Le flacon ou l’emballage du produit doit être conservé et emporté avec l’enfant. Cette information permet aux professionnels de santé de connaître précisément la substance ingérée et d’adapter la prise en charge. La prévention reste essentielle. Le spécialiste recommande de ranger les produits chimiques en hauteur ou sous clé, dans leurs contenants d’origine et jamais dans une bouteille destinée à une boisson.
Face à une ingestion accidentelle, le bon réflexe n’est pas de multiplier les gestes, mais d’éviter ceux qui peuvent aggraver les lésions et de demander rapidement une prise en charge adaptée.
Marie Chantale FAIDA








