Réunis ce lundi 7 septembre 2026 au CCOUPS, les experts de la CEMAC et de la Banque mondiale entament cinq jours de travaux stratégiques pour doter l’Afrique centrale d’un bouclier diagnostique performant sous la bannière de l’approche One Health.
Le feu de la menace épidémiologique ne prévient pas lorsqu’il embrase les frontières, indifférent aux barrières administratives qui délimitent nos États. Face à cette implacable réalité, la cité capitale du Cameroun s’impose ce lundi 7 septembre 2026 comme le carrefour névralgique d’une transformation sanitaire majeure. C’est en effet au Centre des Cérémonies, des Expositions et des Objets d’Art de l’Urgence de la Protection Sanitaire (CCOUPS) que s’est ouvert l’atelier d’évaluation des systèmes nationaux de laboratoires de santé humaine et de santé animale dans les États membres de la CEMAC. Portée par la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale avec le concours financier de la Banque mondiale, cette rencontre hautement stratégique ambitionne de changer radicalement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de subir les crises sanitaires, mais de les devancer en dotant l’espace communautaire d’un bouclier diagnostique indéfectible, guidé par la stricte exigence de l’approche globale One Health.
L’évidence des crises sanitaires récentes a rappelé avec force que la résilience de nos systèmes de santé ne se réduit pas uniquement à la gestion des urgences, mais à notre capacité collective à anticiper. Dans cette chaîne de riposte, le laboratoire d’analyses n’est plus perçu comme une simple structure d’appui technique reléguée au second plan, mais comme un véritable pivot de la sécurité sanitaire. Pour le Dr
Isomba René Gislain, administrateur du Laboratoire National de Santé Publique (LNSP), l’enjeu de ces cinq jours de travaux est capital. Cet atelier permet d’analyser sans concession les capacités nationales en matière de diagnostic, d’identifier les forces et les faiblesses, et de mesurer notre degré de préparation face aux urgences de santé publique. Les experts passeront ainsi au crible le réseau des laboratoires, la gestion des équipements, la chaîne d’approvisionnement et le système de management de la qualité. Des attentes partagées par le Dr Christian Mounjoa, sous-directeur de la protection sanitaire et de l’épidémiologie au ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales, qui rappelle que le Laboratoire National Vétérinaire (LANAVET) constitue le bras séculier de la surveillance des épizooties. L’objectif recherché est d’assurer une opérabilité fluide et un diagnostic rapide en moins de 24 heures pour parer à toute éventnalité.
Cette synergie intersectorielle trouve tout son sens dans la vision portée par les hautes autorités de la santé publique au Cameroun et dans la sous-région. L’Inspecteur Général du ministère de la Santé publique insiste sur la nécessité de mutualiser les forces à l’échelle de la zone CEMAC pour combler les insuffisances diagnostiques. Les maladies humaines et animales ignorant les délimitations territoriales, l’interconnexion des expertises et le partage d’infrastructures deviennent des impératifs absolus. À l’heure où s’implémente la Couverture Santé Universelle, il est exigé d’offrir à l’ensemble des populations des soins et un diagnostic d’une irréprochable qualité. Au terme de cette évaluation objective et des recommandations pratiques qui en découleront, les États membres de la CEMAC entendent transformer durablement leurs plateaux techniques. En consolidant les passerelles entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement, l’Afrique centrale se donne les moyens de bâtir une architecture sanitaire robuste, souveraine et résiliente.
Réactions : « Cette démarche favorise la mutualisation des expertises »

L’approche « Une seule santé » (One Health) permet d’appréhender globalement les problématiques de diagnostic des maladies humaines et animales. Cet atelier a pour objectif d’évaluer la situation actuelle des laboratoires de diagnostic, d’identifier les goulets d’étranglement et de combler les insuffisances constatées au Cameroun et dans l’espace CEMAC. Face aux menaces épidémiologiques qui traversent rapidement les frontières administratives, il est impératif de ne plus subir les urgences, mais de les détecter précocement pour protéger les populations. Cette démarche favorise la mutualisation des expertises, des infrastructures et des ressources humaines entre les États de la sous-région. Enfin, dans le cadre de la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle, cette dynamique garantit une offre de soins et un diagnostic de qualité accessible à tous.
« L’objectif est d’identifier les forces, les faiblesses et le degré de préparation face aux urgences de santé publique »

Porté par la CEMAC grâce à un financement de la Banque mondiale, cet atelier stratégique de cinq jours évalue les capacités nationales des laboratoires de santé humaine et animale au Cameroun, après les autres États de la sous-région. L’objectif est d’identifier les forces, les faiblesses et le degré de préparation face aux urgences de santé publique. Selon le Dr René Ghislain Essomba, Administrateur du Laboratoire National de Santé Publique (LNSP), les travaux passent au crible le réseau des laboratoires, le management de la qualité, les diagnostics, la gestion des équipements et la chaîne d’approvisionnement selon l’approche One Health. L’ambition finale est d’aboutir à un cahier de charges précis pour combler les lacunes et optimiser la surveillance et la riposte sous-régionales.









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