Le nouveau joyau architectural est officiellement fonctionnel. Le Gouvernement du Cameroun a inauguré cet édifice de sept étages ce 4 novembre 2026, matérialisant un investissement total de 16 milliards de francs CFA, don direct du Chef de l’État.
La genèse de cette infrastructure administrative remonte à l’accord de siège amendé que le Gouvernement camerounais et la COMIFAC ont signé le 10 mars 2020. Dans le montage juridique et financier de ce projet, l’État du Cameroun assume le rôle de maître d’ouvrage par l’intermédiaire du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF). Ce département ministériel a assuré la gestion directe des différents marchés publics liés aux travaux, à la maîtrise d’œuvre et au contrôle technique.
Le chantier a connu des évolutions majeures dans sa gouvernance technique. Le Cabinet MASHIA a repris la maîtrise d’œuvre le 2 juin 2022, à la suite du décès de l’architecte en chef initial survenu le 23 octobre 2021. Les travaux de construction ont été exécutés par le Groupe SOMAF, une entreprise de droit camerounais, tandis qu’un cabinet international a supervisé la mission de contrôle pour la garantie décennale. Lors de la cérémonie, le représentant de la maîtrise d’œuvre a tenu à exprimer sa gratitude envers le personnel du ministère, saluant la disponibilité quotidienne et la célérité du Secrétaire Général et du Directeur des Affaires Générales du MINFOF.
Spécificités techniques et modernité du complexe administratif
L’infrastructure s’étend sur un terrain de 4 971 mètres carrés qui se situe en position dominante dans le nouveau quartier administratif de Yaoundé. Le complexe comprend un bâtiment principal qui totalise un sous-sol, un rez-de-chaussée, un entresol et sept étages (R+7). L’ensemble développe une surface globale de 5 947 mètres carrés. Le niveau du dernier plancher s’élève à 34,40 mètres par rapport à l’accès des services de sécurité, ce qui classe l’établissement parmi les immeubles de bureaux recevant du public (ERP) de deuxième catégorie.
La répartition spatiale sépare strictement les fonctions administratives et de haute représentation. Le bâtiment administratif occupe une surface de 5 525 mètres
carrés. Le rez-de-chaussée intègre le hall d’accueil, un restaurant, une salle de réunion ordinaire, une bibliothèque, des archives et la salle informatique. Les niveaux allant du deuxième au cinquième étage abritent les bureaux des experts, des coordonnateurs, des chefs de service et des secrétariats. Les deux derniers niveaux accueillent le salon présidentiel, le bureau du Secrétaire Exécutif, le bureau du Secrétaire Exécutif Adjoint et la salle de réunion des Présidents dotée d’un système de traduction simultanée.
La circulation verticale s’effectue au moyen de deux escaliers de secours et de quatre ascenseurs, dont un appareil VIP réservé aux délégations présidentielles. Une salle de conférence autonome de 312 mètres carrés offre une capacité d’accueil de 180 places, incluant une mezzanine de 49 mètres carrés pour la régie technique et les cabines de traduction.
Le bâtiment intègre des technologies de gestion contemporaines. Un système de Gestion Technique du Bâtiment (GTB) centralise l’automatique, la télétransmission et la télésurveillance. La climatisation exploite une technologie à Débit de Réfrigérant Variable (DRV) qui supprime l’usage des pompes et des conduites d’eau traditionnelles. Les aménagements intérieurs, les revêtements de la salle de conférence et le mobilier intègrent exclusivement des essences de bois locales afin de promouvoir les ressources forestières du pays. Les espaces extérieurs comptent 64 places de stationnement, qui se répartissent entre 8 parkings couverts en sous-sol VIP et 56 places en surface.
Enjeux stratégiques et conservation du Bassin du Congo
Cette inauguration historique coïncide avec la douzième session ordinaire du Conseil des Ministres de l’organisation et le passage de la présidence en exercice de la République du Burundi vers la République du Cameroun. L’événement marque surtout le point de départ pour l’adoption du Plan de Convergence 2026-2035, qui constitue la troisième génération du cadre stratégique sous-régional pour les dix prochaines années.
Le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Jacques Fame Ndongo, a prononcé le discours d’inauguration en qualité de représentant personnel du Premier ministre. Le ministre d’État a rappelé la portée de l’événement en affirmant que cet édifice constitue un don du Cameroun à l’organisation sous-régionale et qu’il matérialise l’engagement du pays envers le fonctionnement de l’institution dont il accueille le siège. Le professeur Jacques Fame Ndongo a souligné que ces événements témoignent d’une volonté commune de renforcer la coopération sous-régionale et de faire de la gestion durable des écosystèmes forestiers d’équitables leviers de développement et de prospérité pour les nations.
La mise en service du siège intervient dans un contexte environnemental crucial. Le Bassin du Congo représente le deuxième plus grand massif de forêt tropicale humide de la planète et joue un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Le professeur Jacques Fame Ndongo a insisté sur le changement de paradigme nécessaire en déclarant que le Bassin du Congo ne doit plus être perçu uniquement comme un patrimoine mondial à préserver, mais également comme un actif stratégique planétaire dont la valeur écologique, climatique, scientifique et économique mérite une reconnaissance à la hauteur des services que rend ce bassin à l’humanité.
Le ministre d’État a précisé que le Cameroun mesure pleinement l’importance des responsabilités qui sont désormais les siennes dans un esprit de solidarité, d’efficacité, de dialogue et de concertation avec l’ensemble des États membres. L’institution s’active désormais comme centre sous-régional de coopération technique pour appliquer le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Pour assurer le suivi rigoureux du nouveau plan stratégique, la COMIFAC s’appuie sur l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), cellule technique chargée de garantir la qualité, la traçabilité et la bonne gouvernance des données forestières et environnementales.






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