Réunie à Yaoundé, la Comifac a adopté son Plan de convergence 2026-2035 et confié la présidence de l’institution au Cameroun. Jules Doret Ndongo prend la tête du Conseil des ministres, tandis que Nchoutpouen Chouaibou succède au Dr Maïdou à la direction du Secrétariat exécutif.
La 12e session ordinaire du Conseil des ministres de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) s’est achevée ce jeudi 5 novembre 2026 dans la capitale camerounaise. Après trois jours de travaux intensifs, précédés par les concertations d’experts, les représentants des huit États membres présents (Burundi, Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, RDC, Tchad, Congo et RCA) ont adopté une série de résolutions majeures destinées à structurer la gouvernance et la préservation de l’un des plus grands poumons verts de la planète pour la prochaine décennie.
Ouverte sous le patronage du Pr Jacques Fame Ndongo, ministre d’État représentant le Premier ministre Joseph Dion Ngute, la rencontre a également été marquée par l’inauguration du tout nouveau siège officiel de l’organisation, un édifice offert par le Cameroun. Mais au-delà du cadre institutionnel, ce sont les décisions stratégiques qui redéfinissent aujourd’hui l’avenir de la coopération environnementale régionale.

L’adoption du Plan de convergence 2026-2035 : La feuille de route de la décennie
Au rang des résolutions les plus attendues figure la validation du troisième Plan de convergence pour la période 2026-2035. Ce document stratégique constitue désormais le cadre de référence absolu pour la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo. Il s’articule autour d’axes fondamentaux : la protection de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique, la valorisation économique responsable des ressources naturelles et l’amélioration directe des conditions de vie des communautés locales et autochtones.
Martelant la nécessité d’un changement de paradigme, le ministre camerounais des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo, a insisté sur l’urgence de la mise en œuvre : « Nous devons désormais passer résolument de la planification à l’action, des engagements aux réalisations, des ambitions aux résultats mesurables et concrets », a-t-il affirmé, appelant les partenaires techniques et financiers (PFBC, PNUD, GIZ, WWF, REFAC, REPALEAC) à appuyer cet effort collectif.

Renouvellement de la gouvernance et transfert de la présidence au Cameroun
La session de Yaoundé a également scellé le transfert de la présidence en exercice de l’institution du Burundi au Cameroun. Jules Doret Ndongo prend ainsi la tête du Conseil des ministres avec la lourde mission de piloter cette nouvelle ère de transition.
Parallèlement, le Conseil a procédé à la désignation d’une nouvelle équipe dirigeante au Secrétariat exécutif. C’est le Camerounais Nchoutpouen Chouaibou qui prend les rênes de l’organe opérationnel, succédant au Dr Hervé Martial Maïdou. Titulaire d’un Master en sciences forestières et fort d’une expérience poussée au sein de la Comifac où il a servi comme Coordonnateur technique puis Secrétaire exécutif adjoint, cet ingénieur forestier chevronné apporte une expertise technique solide indispensable pour conduire les chantiers stratégiques à venir.
L’exigence financière : Un rappel ferme sur les cotisations statutaires
Conscient des défis structurels qui pèsent sur le fonctionnement de l’institution, le nouveau président en exercice a formulé une résolution politique sans équivoque concernant la viabilité financière de la Comifac. Alors que l’organisation fait face à d’importants arriérés de paiement, Jules Doret Ndongo a rappelé aux États membres l’urgence d’honorer leurs cotisations.
« Le paiement des contributions statutaires et l’apurement progressif des arriérés ne constituent pas seulement des obligations financières. Ils sont l’expression concrète de notre solidarité, de notre volonté de disposer d’une institution régionale forte et autonome », a-t-il déclaré au nom du Premier ministre. En contrepartie, le Secrétariat exécutif a été instruit d’accentuer la transparence, la rigueur de gestion et la redevabilité institutionnelle.
En scellant l’adoption de sa feuille de route 2026-2035 et en renouvelant ses instances dirigeantes, la Comifac sort de cette 12e session de Yaoundé réarmée pour faire valoir la voix stratégique de l’Afrique centrale dans la diplomatie environnementale mondiale.






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