Un café média a eu lieu le mercredi 29 octobre dernier au siège d’African Genesis Health à Yaoundé. Il a permis aux professionnels des médias d’être édifiés sur le cancer du col de l’utérus, ses risques et son mode de traitement.
Dans le cadre du mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, Octobre Rose, le REMAPSEN Cameroun (Réseau des médias pour la promotion de la santé au Nord) a organisé un important café média le mercredi 29 octobre 2025. L’événement, tenu dans les locaux de African Genesis Health à Liberté Mimboman, a mis en lumière l’urgence du dépistage précoce et l’importance cruciale de la vaccination pour endiguer la progression des cancers gynécologiques, en particulier le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus. L’initiative a réuni des journalistes pour une session de travail et d’échanges avec des experts de la santé.
Une prévalence alarmante et un appel à l’action
Le Dr Patrice Teufack, gynécologue-obstétricien, a dressé un état des lieux préoccupant, soulignant que les cancers gynécologiques constituent une menace majeure. Il a révélé que le cancer du sein détient le « maillot jaune », représentant près de 36 % de tous les cancers gynécologiques, suivi par le cancer du corps de l’utérus qui compte pour 21 %. Ces chiffres justifient que les campagnes de masse s’orientent spécifiquement vers ces deux cancers, lesquels, contrairement à d’autres comme le cancer de l’ovaire, sont « accessibles au dépistage » et « détectables ». Le Dr Teufack a insisté sur le fait que la guérison est possible si les patients viennent précocement se faire dépister dès la détection des signes annonciateurs. Il a appelé à la déconstruction de l’idée selon laquelle le cancer est incurable, une perception souvent entretenue par les consultations à des stades tardifs nécessitant uniquement des soins palliatifs.
La prévention active : dépistage et vaccination
Le message central martelé par l’expert est que la guérison totale est atteignable. La clé réside dans la prévention active et le dépistage précoce de ce que l’on nomme les « lésions précancéreuses ». Pour le cancer du col de l’utérus, la science offre une mesure de prévention primaire de première importance : la vaccination contre le papillomavirus humain (VPH). Bien que ce point ne soit pas détaillé dans l’échange retranscrit, il est impératif de rappeler l’efficacité de ce vaccin pour prévenir la cause principale de ce cancer. Concernant le cancer du sein, le combat s’appuie actuellement sur la sensibilisation aux facteurs de risque, l’auto-examen régulier et les campagnes de dépistage gratuites organisées, notamment en mars et octobre. Il est crucial que les populations participent activement à ces efforts pour détecter la maladie avant même qu’elle atteigne le stade invasif.
Rôle des médias et enjeux financiers
Le prince Mpondo, coordonnateur du REMAPSEN au Cameroun, a souligné que l’objectif de ce café média était de rendre les journalistes aptes à vulgariser le message de prévention et de dépistage du cancer du col de l’ultérus et du sein. Il a déclaré : « Nous avons été outillés, nous avons vraiment eu des informations pertinentes qui nous permettent maintenant d’entretenir, que ce soient nos lecteurs, nos auditeurs ou nos téléspectateurs, sur cette problématique, de mieux sensibiliser et éduquer par rapport à cette problématique des cancers gynécologiques. » Le Dr Teufack a également insisté sur l’importance du partenariat avec les médias pour passer l’information dans la communauté, permettant ainsi la reconnaissance précoce des facteurs de risque et l’accès aux campagnes gratuites. En matière de prise en charge financière, il a été rappelé que le traitement coûte extrêmement cher, ce qui représente un stress majeur pour les patients en l’absence de couverture santé universelle effective. Cependant, des programmes de réduction sont actifs, notamment à l’hôpital général, pour alléger ce fardeau. L’activité s’est achevée par une visite guidée du centre hospitalier African Genesis Health.
Junior NTEPPE KASSI














Comments are closed