Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Free-T : Quand le slam devient arme contre la violence numérique
A LA UNE

Free-T : Quand le slam devient arme contre la violence numérique

Email : 217

« Les réseaux deviennent des fléaux, armes de destruction à ciel ouvert… À cause des vies, on chosifie des vies. » Ces mots résonnaient puissamment dans la salle, portés par la slameuse originaire de l’Extrême-Nord, lors de la cérémonie consacrée à la 19 édition de la campagne mondiale « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles », placée cette année sous le thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et les filles ».

Présidée par le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, en présence des partenaires techniques et du système des Nations unies, la cérémonie a été le cadre d’une déclaration forte contre la cyberviolence qui touche de plus en plus de femmes et de filles. À travers son slam, l’artiste Free-T, a mis des mots sur ce mal silencieux mais dévastateur : les injures, les commentaires haineux, les images choquantes qui circulent sur les réseaux sociaux, et les blessures invisibles qu’elles laissent derrière elles.

« Ne télécharge pas ma dignité. Je te notifie que je suis un être humain. Une femme, une fille, une sœur, une mère, une grand-mère… Derrière chaque profil se cache une voix, un être, un souffle, une espérance, une existence, une vie », a-t-elle clamé devant l’auditoire.

Son slam n’était pas seulement une dénonciation : il était aussi un message d’espoir et de résilience. Free-T, a souligné le rôle des structures comme le centre Afiri, qui accompagnent des milliers de femmes victimes de violence numérique ou physique, en leur offrant un soutien psychosocial et en contribuant à reconstruire des vies.

Dans son témoignage personnel, la slameuse a raconté les violences numériques qu’elle a subies, souvent liées à son physique et à sa maternité : « On m’a envoyé des captures d’écran de ce que les gens disaient sur les réseaux… Beaucoup ne me connaissaient pas, mais ils commentaient, critiquaient, méprisaient. C’était frustrant, blessant. Mais j’ai choisi de transformer cette douleur en force. J’ai commencé à poster des messages de bien-être, pour moi et pour les autres filles. Mon art est devenu une thérapie. »

A lire aussi: Lutte contre la cyberviolence : le Cameroun muscle son arsenal juridique

À 32 ans, mère de quatre enfants, dont des jumeaux âgés d’un an et six mois, elle plaide pour une utilisation positive des réseaux sociaux. Elle invite à réfléchir avant de poster, à protéger sa vie et celle des autres, et à créer de l’empathie plutôt que de la haine :

« Les réseaux ne sont pas la réalité. Poster du positif crée un style de followers qui vous mettent dans un état de bien-être. Comment on se montre sur les réseaux détermine si les gens développent de la haine ou de l’empathie. »

Par son slam et son témoignage, Free-T, a rappelé que chaque femme, chaque fille, chaque voix compte. Derrière un écran, il y a des vies, des histoires, et la responsabilité de préserver la dignité de toutes.

Mireille Siapje

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1390 du mardi 21 avril 2026

×