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Lutte contre la cyberviolence : le Cameroun muscle son arsenal juridique

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Le gouvernement s’appuie sur une série de mesures concrètes : la Stratégie nationale de lutte contre les VBG, le renforcement de l’arsenal juridique avec les lois sur la cybersécurité, la protection des enfants en ligne et la protection des données personnelles.

De plus, un projet de loi spécifique intégrant la violence numérique est en cours. La campagne unit le secteur public (Police, ANTIC), le secteur privé  et les partenaires internationaux dont le système des Nations Unies  pour faire de l’espace digital un lieu sûr pour toutes les femmes et filles.

Face à « l’escalade fulgurante » des violences faites aux femmes, le gouvernement camerounais, par l’entremise de la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa, a lancé la 19 édition de la campagne « 16 jours d’activisme » axée sur la lutte contre la violence numérique, ce 25 novembre 2025 à Yaoundé.

Les chiffres de l’Institut national de la statistique (2020) sont toujours aussi saisissants : 13% de femmes victimes de violences physiques, 39% depuis l’âge de 15 ans, 7% de femmes enceintes violentées, 12% de mariages précoces et 22% de violences psychologiques. Cinq ans plus tard, en 2025, cette réalité n’a fait que s’aggraver, connaissant une « escalade fulgurante » selon la société civile. C’est dans ce contexte d’urgence que la ministre de la Promotion de la femme et de la Famille, Marie-Thérèse ABENA ONDOA, a lancé ce 25 novembre 2025, la 19ᵉ édition de la campagne “16 jours d’activisme”, consacrée cette année à la lutte contre la violence numérique.

Devant un parterre de personnalités gouvernementales, diplomatiques et de la société civile, la ministre a dressé un constat sans appel : « La violence numérique est une réalité dévastatrice qui ne peut plus être ignorée, quelle que soit la forme : harcèlement, pistage, traque, contrôle d’accès, surveillance, menaces, tactiques d’intimidation, usurpation d’identité, abus basés sur l’image. » Le thème, « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles », reflète l’urgence d’une réponse coordonnée.

Un arsenal juridique renforcé

Face à cette nouvelle forme de violence, le Cameroun peut s’appuyer sur des avancées législatives significatives. La ministre a rappelé « l’élaboration de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (2022-2026) » et l’adoption de lois cruciales comme « la loi nᵒ 2010/012 sur la cyber-sécurité et la cybercriminalité, la loi nᵒ 2023/009 portant charte de protection des enfants en ligne, et la loi nᵒ 2024/017 relative à la protection des données à caractère personnel ». L’action gouvernementale s’est également concrétisée par « la mise en place de la ligne 116 d’assistance aux enfants » et « l’élaboration du projet de loi spécifique contre les violences à l’égard des femmes et des filles qui a considéré la violence numérique ».

Mobilisation multisectorielle

La réponse dépasse le seul cadre gouvernemental. Elizabeth A. MABOM, secrétaire générale de l’Orange Cameroun Foundation, a insisté sur la réalité tangible du phénomène : « Les violences numériques ne sont pas virtuelles : elles sont réelles dans leurs effets, douloureuses dans leurs impacts et destructrices pour les femmes qui les subissent. » Elle a énuméré les différentes formes que prennent ces violences : « cyberharcèlement, intimidations sexistes, diffusion non consentie d’images, traque numérique et arnaques ciblant spécifiquement les femmes ». Du côté des opérateurs, des initiatives concrètes voient le jour. Elizabeth MABOM a ainsi détaillé les « Safe Zones sur les plateformes de jeux comme Fortnite et Roblox » et le programme « Hello Women » qui a permis à « plus de 100 jeunes filles de participer à cette compétition sur l’ensemble du territoire national ».

L’expertise technique était également au rendez-vous. Gaëlle Brenda AKOTIKO, analyste en cybernétique à l’ANTIC, a présenté des « statistiques clés sur la vulnérabilité des femmes et des filles » et insisté sur « les enjeux de cybersécurité et les outils de protection numérique ».

Une réponse sécuritaire et judiciaire impliquée

La commissaire divisionnaire NGO MBENOUN Ernestine a rassuré sur l’engagement des forces de l’ordre, présentant « le processus de répression de la police camerounaise en cas de dénonciation d’un cas de violence numérique ». Elle a souligné « l’importance de la sensibilisation et de la collaboration avec les victimes » pour une prise en charge efficace. Samuel Kamwa, coordinateur pays de Vital Stratégies, a pour sa part présentée des outils pratiques avec « l’analyse situationnelle sur les VBG et la conception d’un outil harmonisé pour la gestion des cas », renforçant ainsi l’arsenal méthodologique à disposition des acteurs de terrain.

Un appel unitaire à l’action

Nadine PERRAULT, Représentante résidente de l’UNICEF au Cameroun, a donné le ton en affirmant que « la sécurité numérique est un point essentiel pour la promotion de l’égalité de genre ». Un message repris en écho par la ministre ABENA ONDOA dans un appel à la mobilisation générale : « Il est temps d’agir ensemble pour mettre fin aux violences en ligne à travers le renforcement des campagnes de sensibilisation, le plaidoyer pour des réformes législatives afin de renforcer les sanctions contre les auteurs de violences numériques, et l’appropriation des textes de lois existants ». Dans un message fort, elle a affirmé. « Aucune femme, aucune fille, ne doit craindre d’exister, de s’exprimer, en public, en privé, ou en ligne ». Et d’ajouter. « Je vous invite à vous joindre à nous dans cette campagne pour que nous œuvrions ‘main dans la main’ pour faire de l’espace numérique un lieu sûr et respectueux des uns et des autres. »

A lire aussi: Sécurité et efficacité des vaccins : la mise au point du MINSANTE

Alors que la campagne s’achèvera le 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, cette mobilisation sans précédent démontre la détermination du Cameroun à faire face aux nouveaux défis du numérique, unissant gouvernement, secteur privé et société civile dans un combat commun pour la protection et le respect des femmes et des filles, tant dans l’espace physique que digital.

Elvis Serge NSAA

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