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Dr Mirdad Kazanji : Chevalier de l’Ordre de la Valeur.

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Ce 20 mai 2026, sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé, le Dr Mirdad Kazanji, Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun, a reçu des mains du Gouverneur de la Région du Centre la plus haute distinction honorifique camerounaise : l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Valeur.

L’esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé vibre encore au rythme du défilé civil et militaire. Sous un soleil de plomb, les drapeaux flottent, les uniformes scintillent. Mais au milieu de cette foule en liesse, un homme, en costume sombre, attend son tour. Il s’appelle Mirdad Kazanji. Il est Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun. Dans quelques instants, le Gouverneur de la Région du Centre va lui épingler sur la poitrine la plus haute distinction honorifique du pays : l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Valeur. Un moment suspendu, loin des laboratoires, des pipettes et des virus qu’il traque depuis près de quarante ans.

Les débuts pasteuriens : traquer un virus oublié

En 1999, Mirdad Kazanji n’est pas encore un nom connu du grand public. Il rejoint les cadres scientifiques de l’Institut Pasteur à Paris avec une mission ambitieuse : développer un vaccin contre le virus HTLV-1, un rétrovirus responsable de leucémies et de paralysies tropicales. Pendant cinq ans, il va diriger le laboratoire de rétrovirologie à l’Institut Pasteur de Guyane. Là-bas, en pleine Amazonie, loin des projecteurs, lui et son équipe développent plusieurs vaccins expérimentaux et les tests sur un modèle animal. « La science ne se fait pas dans le bruit, elle se fait dans l’ombre, avec patience et rigueur », aime-t-il à répéter.

L’Amérique et l’Afrique : un va-et-vient scientifique

De 2003 à 2004, le voilà « Visiting Professor » à l’Ohio State University aux États-Unis. Il continue ses travaux sur le vaccin anti-HTLV-1. Mais l’appel du terrain africain est plus fort. De 2005 à 2009, il prend la direction de l’unité de rétrovirologie du Centre International de Recherche Médicale à Franceville, au Gabon. Sa mission : étudier les interactions hôte-rétrovirus chez les primates et assurer la surveillance virologique du pays. Il est à la croisée de la recherche fondamentale et de la santé publique.

Bangui, 2009 – Diriger un Institut Pasteur en zone de crises

En décembre 2009, il devient Directeur de l’Institut Pasteur de Bangui (IPB), en République Centrafricaine. Une structure d’une centaine d’agents, membre du prestigieux Réseau International des Instituts Pasteur. Pendant près de cinq ans, il va diriger cet institut dans un contexte sécuritaire difficile. Malgré les tensions, il maintient le cap : recherche, formation, appui à la santé publique. Son travail est remarqué. En janvier 2014, le président centrafricain lui décerne la médaille de Commandeur dans l’Ordre de la Reconnaissance Centrafricaine. Une première consécration.

Guyane, 2014 – Retour aux sources amazoniennes

D’août 2014 à septembre 2021, il revient là où tout a commencé : la Guyane. Cette fois, il est à la tête de l’Institut Pasteur de la Guyane (IPG). L’institut est un acteur majeur de la recherche sur les maladies infectieuses et de l’appui à la santé publique. Kazanji ne veut pas simplement gérer. Il veut transformer. Il engage l’IPG dans un processus de renforcement des interactions entre les équipes de recherche et construit un plan stratégique ambitieux. Pendant sept ans, il obtient des financements européens avec l’appui de la préfecture et de la collectivité territoriale de Guyane. Il renforce les infrastructures et les équipes de recherche en virologie et en entomologie. La Covid-19 arrive. Sous sa direction, l’IPG devient un pilier de la réponse épidémique en Outre-mer. Ses publications sur les variants et l’efficacité des masques font référence. En janvier 2021, sur proposition du Premier ministre Jean Castex, il est fait Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Une nouvelle distinction, cette fois venue de la République française.

Cameroun, 2021 – Un décret signé par Paul Biya

Le 7 octobre 2021, un décret présidentiel signé par Son Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun, tombe : « Monsieur Kazanji Mirdad, Directeur de Recherche, est nommé au poste de Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun. » Le voilà à Yaoundé, à la tête de l’une des institutions scientifiques les

plus importantes du pays. Il succède à une longue lignée de pasteuriens. Dès son arrivée, il imprime sa marque : rigueur, excellence, ouverture internationale. Le CPC, sous sa houlette, renforce ses partenariats, modernise ses équipements et s’engage pleinement dans la lutte contre les épidémies. La fièvre hémorragique, le paludisme, la tuberculose, le VIH… Rien n’échappe à la vigilance de ses équipes.

20 mai 2026 – L’aboutissement d’une vie de labeur

Revenons sur cette esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé. Ce 20 mai 2026, le Cameroun célèbre sa Fête Nationale. Après le défilé, devant une assemblée de personnalités et de citoyens, le Gouverneur de la Région du Centre épingle sur la poitrine du Dr Mirdad Kazanji l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Valeur. La plus haute distinction honorifique du pays. Celle que le Président Paul Biya, Grand Maître des Ordres Nationaux, décerne aux fils et filles du Cameroun – et à ceux qui, sans être camerounais de naissance, servent la nation avec un dévouement sans faille. Kazanji est ému, mais il ne le montre pas. Il remercie d’une voix posée. Il pense à ses collègues du Centre Pasteur, au gouvernement camerounais qui lui a fait confiance, à sa famille, à tous ceux qui, dans l’ombre, ont rendu cet instant possible.

Une fierté pour toute la famille Pasteur

« Très honoré et profondément touché », écrira-t-il quelques heures plus tard sur son compte LinkedIn. « Je vois à travers cette distinction une reconnaissance du travail et de l’engagement pasteurien menés tout au long de cette mission. » Au Centre Pasteur du Cameroun, c’est l’effervescence. Les agents, fiers, partagent la nouvelle. Leur Directeur Général, ce scientifique discret mais infatigable, vient d’entrer dans l’histoire. Lui qui a dirigé des instituts Pasteur sur trois continents, qui a reçu la Légion d’Honneur française, la Reconnaissance centrafricaine, et qui est également lauréat du Prix JANSEN de l’Académie Nationale de Médecine et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, ajoute aujourd’hui une nouvelle étoile à son manteau.

À 55 ans, il est né en 1971 – le Dr Mirdad Kazanji n’a pas fini de servir. À la tête du Centre Pasteur du Cameroun, il continue de veiller sur la santé des Camerounais. Il forme la prochaine génération de scientifiques. Il traque les virus émergents. Il porte également, en tant qu’expert technique pour l’association « Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves » aux côtés d’Erik Orsenna, une voix d’alerte sur les risques sanitaires liés au changement climatique. Son engagement dépasse le simple cadre du laboratoire. Il est humaniste. Il croit que la science doit servir l’homme, partout, sans exclusion.

Ce 20 mai 2026 restera gravé dans la mémoire de la famille pasteurienne. Ce jour-là, un homme parti d’un laboratoire de rétrovirologie en Guyane, passé par l’Ohio, le Gabon, Bangui, Cayenne et enfin Yaoundé, a vu son parcours exceptionnel consacré par la plus haute autorité camerounaise. Le Dr Mirdad Kazanji est désormais Chevalier de l’Ordre de la Valeur. Une fierté pour lui, certes. Mais aussi pour tous ceux qui, comme lui, chaque jour, dans l’ombre, font avancer la science et la santé publique. Alors, la prochaine fois que vous croiserez le nom de cet homme discret, souvenez-vous : derrière chaque distinction se cache une vie de sacrifices, de nuits blanches au laboratoire, de voyages en zones reculées, d’engagement sans compter. Et peut-être, une seule phrase murmurée au moment où l’insigne touche la poitrine : « Le travail finit toujours par payer. »

Elvis Serge NSAA

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