L’Hôpital de District de Bangangté propose des services variés (maternité, chirurgie, pédiatrie, imagerie) en continu, avec un plateau technique modernisé (radiologie numérique, échographie). Mais cet élan se heurte à des obstacles majeurs : panne de la centrale solaire, incinérateur hors service, absence de clôture et manque de spécialistes, sur un axe routier très accidentogène.
Lorsque la brise d’altitude, chargée des effluves humides nées des lointains bas-fonds de raphias, vient caresser les collines altières de la ligne de partage des eaux, elle rencontre une citadelle de l’espoir. C’est là, au cœur battant du département du Ndé, dans l’arrondissement de Bangangté, que se dresse l’Hôpital de District de Bangangté, véritable bastion de la résilience thérapeutique et fleuron de la carte sanitaire de la région de l’Ouest. Ce sanctuaire de la guérison, drapé dans un écrin de verdure luxuriante où la nature semble s’allier à la science pour apaiser le corps et l’esprit, s’impose comme une bouffée d’air frais, au sens propre comme au figuré. Ce 9 juin 2026, l’institution a vécu un moment de haute portée managériale lorsque son Directeur, le Docteur Emmanuel Sako Haddison, a ouvert les portes de son domaine à une délégation de premier plan, conduite par Joseph Mbeng Boum, Directeur de Publication de l’influent journal Échos Santé, pour une immersion au cœur d’une mécanique hospitalière d’exception.
Dès le franchissement du seuil de cette enceinte hospitalière, le visiteur se trouve saisi par une atmosphère singulière, caractérisée par une propreté méticuleuse et une fluidité d’orientation exemplaire qui rompent radicalement avec les clichés austères
des structures publiques. Ici, l’humanisation des soins ne relève aucunement du vain slogan de circonstance, mais s’incarne en une réalité tangible et quotidienne. Le personnel, paré de sourires chaleureux et d’une bienveillance de chaque instant, réserve une prise en charge impeccable aux usagers, transformant l’angoisse de la maladie en une certitude de réconfort. Sur le plan purement infrastructurel et technique, l’établissement s’enorgueillit d’un plateau technique moderne d’une remarquable acuité, lequel s’appuie sur des services d’investigation de pointe capables de garantir la fiabilité des résultats en temps réel.
La colonne vertébrale de cette fluidité repose sur un protocole d’admission d’une précision d’horloger, orchestré par le service d’accueil et d’orientation. Chaque matin, le flux des patients est absorbé avec une sérénité magistrale par une équipe rompue aux exigences de la déontologie hospitalière. Le circuit débute impérativement par une évaluation clinique initiale, un tri rigoureux destiné à catégoriser les patients selon le niveau de gravité de leur état physiopathologique. Les malades sont ensuite guidés vers la caisse pour l’indispensable enregistrement administratif, avant d’être installés par le personnel infirmier pour la prise minutieuse des paramètres vitaux nécessaires à la constitution du dossier médical.
Sandrine, Vice-Major de ce service névralgique, souligne avec force l’importance du facteur relationnel, précisant que le sourire et l’aménité manifestés envers le patient constituent le premier jalon de l’acte thérapeutique, désarmant l’anxiété ou la colère dès le seuil de l’institution. L’affluence y est substantielle, dépassant régulièrement le seuil des cinquante patients par jour, avec des pics de fréquentation critiques observés le lundi et le mardi, ce qui impose parfois des transferts d’urgence absolue en court-circuitant le parcours classique pour préserver le pronostic vital. Cette fluidité procédurale permet d’acheminer le patient vers la consultation médicale, qu’elle soit le fait d’un médecin généraliste ou d’un praticien spécialiste, pour un examen clinique approfondi. C’est à l’issue de cette anamnèse rigoureuse que le malade bascule, lorsque la complexité diagnostique l’exige, vers les examens complémentaires indispensables au sein des laboratoires ou du service d’imagerie médicale pour confirmer la suspicion pathologique. Une fois le verdict diagnostic posé et l’ordonnance émise, le patient s’approvisionne à la pharmacie interne, garante de l’accessibilité et de la qualité des molécules, permettant l’administration immédiate des soins requis avant une orientation finale vers les services d’hospitalisation ou un retour à domicile.
Pénétrer dans le laboratoire d’analyses biologiques de l’Hôpital de District de Bangangté équivaut à entrer dans le sanctuaire de la haute précision scientifique. Ce service, caractérisé par une activité d’une densité exceptionnelle, explore les arcanes
de la physiologie humaine avec une exactitude clinique. Les compétences de l’équipe couvrent un spectre d’analyses hépatiques, rénales et métaboliques globales, ainsi que des investigations spécialisées touchant à la sphère urogénitale et à la fertilité humaine. Les prélèvements urétraux chez l’homme, les prélèvements cervico-vaginaux chez la femme à l’instar du classique examen du PCV, ainsi que les spermogrammes y sont pratiqués selon les normes les plus rigoureuses de la biopathologie.
Dorette Foting, Technicienne de Laboratoire et Major de ce service, décrit avec une ferveur scientifique les outils qui confèrent à son unité une avance technologique indéniable. Le laboratoire dispose de microscopes de haute résolution optique permettant de traquer les moindres parasites sanguins. La grande fierté technologique réside dans la possession de l’automate GeneXpert, un dispositif de biologie moléculaire de dernière génération qui permet de quantifier la charge virale plasmatique chez les patients sous traitement antirétroviral, mais aussi d’isoler l’ADN des mycobactéries responsables de la tuberculose. Le pôle hématologique s’appuie quant à lui sur l’automate Coulter, un analyseur de cytologie sanguine qui réalise les hémogrammes complets avec une célérité et une précision absolue. Le secteur de la microbiologie bénéficie d’étuves thermorégulées pour la réalisation des cultures bactériennes complexes, qu’il s’agisse de spermocultures, de coprocultures ou de cultures de tissus lésionnels, systématiquement assorties d’un antibiogramme afin d’identifier l’agent thérapeutique le plus efficace contre le germe isolé.
Une attention toute particulière est accordée à l’identification du mycoplasme, un agent pathogène insidieux et redoutable, fréquemment impliqué dans les problématiques d’infertilité conjugale, de malformations fœtales, de grande prématurité et d’avortements spontanés chez la femme enceinte. Face à ce péril, le laboratoire déploie une stratégie de dépistage précoce et préventive d’une pertinence rare, conseillant vivement à toute la jeunesse, dès l’âge de quinze ans, de se soumettre à ce dépistage systématique afin d’éradiquer les risques de stérilité future, ce germe ayant la particularité clinique de se développer de manière totalement asymptomatique. Par ailleurs, le laboratoire s’illustre par l’utilisation d’un analyseur hormonal permettant le dosage précis des hormones de la fertilité, ainsi que des marqueurs tumoraux spécifiques à l’instar du PSA pour le dépistage des pathologies prostatiques. Ce plateau technique sert également de pivot à une campagne de santé publique d’envergure nationale concernant le dépistage de la drépanocytose, réalisant l’électrophorèse de l’hémoglobine de manière totalement gratuite pour tous les enfants âgés de zéro à cinq ans résidant dans la ville et le département.
En dépit de ces performances cliniques remarquables, la séance de travail entre le
Docteur Emmanuel Sako Haddison et le Directeur de Publication Joseph Mbeng Boum a permis de mettre en exergue les défis structurels cruciaux auxquels fait face cette formation sanitaire de référence. Stratégiquement positionné sur un axe routier interconnecté particulièrement accidentogène, l’Hôpital de District de Bangangté subit de plein fouet l’afflux régulier de traumatismes routiers complexes. Cette situation géographique impose l’urgence absolue de la création et de l’équipement d’un service spécialisé en urgences et traumatologie de haut niveau, ainsi que le déploiement pérenne de médecins spécialistes pour optimiser la prise en charge du pronostic vital des accidentés. Pour immuniser ses équipements de haute technologie contre les aléas et les fluctuations chroniques du réseau électrique conventionnel, la direction plaide vigoureusement pour l’acquisition d’une infrastructure énergétique alternative, notamment le solaire, catalyseur indispensable pour sécuriser les automates et assurer la continuité stricte du service public hospitalier.
L’ouverture des portes de cette institution à la presse spécialisée démontre de manière éclatante que la transparence managériale et la quête de performance clinique constituent les deux faces d’une même médaille. Grâce à une synergie renforcée entre l’équipe de direction locale et un appui ciblé de l’État, l’Hôpital de District de Bangangté possède tous les atouts pour consolider sa position de hub médical incontournable et de vitrine d’excellence pour l’offre de soins dans toute la région de l’Ouest.
Interview : Dr. Emmanuel Sako Haddison
« Nous sommes à zéro mortalité maternelle »

À Bangangté, l’Hôpital de District soigne, prévient et résiste. Le Dr Emmanuel Sako Haddison, directeur de l’établissement, dresse un bilan sans concession de sa structure : 40 accouchements par mois, zéro mortalité maternelle, une radiographie numérique offerte par la Première Dame, mais aussi des défis criants – personnel insuffisant, énergie solaire en panne, incinérateur hors service. Dans cette interview, il lance un appel aux décideurs et à la population, convaincu que l’hôpital est un lieu de vie et de prévention, pas seulement de soins.
Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
Je suis le docteur Emmanuel Sako Haddison, médecin spécialisé en Public Health Management, Health Economics and Policy. Cela fait environ 9 ans que je suis directeur d’hôpital. J’ai commencé mon parcours dans la fonction publique au Nord, à l’Hôpital de district de Mayo-Oulo, situé dans la région du Nord du Cameroun, plus précisément dans le département du Mayo-Louti. Cet hôpital se trouve à proximité de l’Hôtel de ville et de la Sous-préfecture. Après cela, le ministre m’a confié la direction de l’Hôpital de district de Konye (Konye District Hospital), une structure publique située dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, où je suis resté plus de 2 ans. Depuis 2019, je suis directeur de l’hôpital de district de Bangangté, où nous avons beaucoup amélioré tous les plans. Aussi bien le personnel que la population peuvent en témoigner. Je dis donc merci au ministre pour la confiance qu’il m’a accordée.
Monsieur le directeur de l’hôpital de district de Bangangté, Bonjour.
Bonjour monsieur le journaliste, Bienvenue à vous et à votre équipe à l’hôpital de district de Bangangté.
Alors, faites-nous un bref historique de cet hôpital.
Merci. L’hôpital de district de Bangangté est un hôpital créé depuis 1958. C’est un hôpital de quatrième catégorie. Dans cet hôpital, nous offrons tous les services du Paquet Complémentaire d’Activités (PCA), qui est normal pour tous les hôpitaux de district. Actuellement, nous avons même un service de traumatologie. À cet effet, nous disons merci au ministre, parce que, comme vous le savez, c’est un hôpital qui est situé sur un axe très accidentogène. Nous avons souvent beaucoup de traumatismes. Donc, avec le traumatologue, nous arrivons maintenant à gérer la plupart de ces cas sur place. Nous disons aussi merci à la Première Dame et au SIRAC. Comme vous le savez, en 2023, il y a eu la rétrocession du service de radiologie, qui a été équipé avec un appareil de radiographie numérique. À cet effet, nous pouvons faire des radios sur place, ce qui permet au traumatologue de gérer les cas de traumatisme.
D’accord. Revenons maintenant sur la présentation de l’hôpital. Est-ce que vous pouvez nous présenter l’hôpital de district de Bangangté ?
L’hôpital de district de Bangangté est un hôpital, comme je l’ai déjà dit, de quatrième catégorie. Dans cet hôpital, nous avons un service qui fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Donc, tous les jours de l’année, l’hôpital reste ouvert. Dans cet hôpital, il y a d’abord un service d’accueil général pour tous les cas qui entrent à l’hôpital. Il y a un service d’urgence : pour les cas graves, ils ne passent pas par l’accueil, ils vont directement au service d’urgence. Il y a un service de maternité qui s’occupe des femmes enceintes. Il y a un service de chirurgie et de traumatologie. Il y a un service de médecine. Il y a un service de pédiatrie. Il y a un service de laboratoire. Il y a le bloc opératoire pour les interventions chirurgicales. Il y a un service d’imagerie pour la radiographie et l’échographie. Il y a un service d’odontostomatologie pour les pathologies dentaires. Il y a un service d’ophtalmologie pour les problèmes des yeux. Il y a un service de kinésithérapie pour les douleurs musculaires et osseuses. Il y a aussi un service de pharmacie où nous faisons la dispensation des médicaments. Il y a un service post-mortem, la morgue. En dehors de cela, il y a le service d’hospitalisation dans tous ces différents services.
D’accord. Quelle est la capacité d’accueil de votre hôpital ?
Notre hôpital a une capacité d’hospitalisation d’environ 70 malades par jour, et une capacité d’accueil d’environ 500 à 1000 malades par mois.
D’accord. Vous recevez en moyenne combien de patients en un mois ?
En moyenne, nous recevons environ 400 malades par mois.
Quelles sont les pathologies les plus rencontrées ?
Ici, nous avons surtout le paludisme, vous savez que nous sommes dans une zone tropicale. En dehors du paludisme, il y a l’hypertension, qui est en hausse, ainsi que le diabète. Donc les pathologies chroniques commencent à augmenter par rapport aux infections.
D’accord. En termes de personnel, est-ce que vous avez les ressources humaines nécessaires pour assurer le fonctionnement optimal de tous ces services ?
Pour l’instant, nous avons du personnel dans tous les services. Mais c’est vrai que c’est insuffisant. Sinon, pour l’instant, nous tenons le coup avec, comme je l’ai dit, l’affectation du traumatologue et de l’anesthésiste. Cela nous a permis d’élargir notre champ d’action. Nous espérons toujours que notre ministre nous enverra d’autres personnels.
Est-ce qu’on peut avoir une idée, au-delà du traumatologue et de l’anesthésiste, de ce que vous avez comme spécialistes ? Et vous avez combien de personnels de façon globale ?
Ici, à l’hôpital de district de Bangangté, nous avons environ 40 personnels en tout. En termes de spécialités, en dehors du traumatologue et de l’anesthésiste, il y a l’ophtalmologie et l’odontostomatologie qui sont représentées par des spécialistes. Et il y a l’économiste de santé qui est devant vous, monsieur le journaliste.
D’accord. C’est bon à savoir. Maintenant, revenons sur les équipements. Vous avez parlé des services, mais est-ce que vous avez les équipements nécessaires ? Si oui, est-ce que vous avez suffisamment d’équipements pour assurer une bonne prise en charge ?
En termes d’équipement, actuellement, c’est vrai qu’il y a des manques, surtout peut-être pour le bloc opératoire : il nous faut une table orthopédique pour faciliter le travail du chirurgien orthopédique. Au service du laboratoire, nous avons vraiment amélioré nos équipements. Parce qu’avant, il n’y avait pas la culture ici à l’hôpital de district de Bangangté. Actuellement, nous faisons aussi la quantification de l’hémoglobine dans les milieux forestiers, ce qui ne se faisait pas avant. Donc il y a beaucoup d’améliorations au niveau du laboratoire. Et aussi, comme j’ai parlé du service d’imagerie, il y a la radiographie numérique, ce qui n’était pas le cas avant, ainsi que les appareils d’échographie. Sinon, nous avons besoin d’augmenter l’équipement, surtout pour aider ces différentes spécialités à travailler de manière plus facile.
D’accord. Parlons de la gestion des urgences. Comment ça se passe ? Si quelqu’unarrive après un accident, par exemple une moto l’a percuté, comment est-ce que ça se gère ? Que ce soit la nuit ou le jour ?
Merci pour cette question. Nous savons que de nos jours, le problème des urgences est un problème quotidien, et ce n’est pas quelque chose qui est programmé. Avec les instructions de Son Excellence, Monsieur le Ministre de la Santé publique, il nous a été demandé, dans les 24 heures, de prendre en charge toute personne qui arrive en urgence, sans demander d’argent. C’est ce que nous faisons. Les messages sont bien affichés partout à l’hôpital. Il y a des kits qui sont conçus et déposés dans les services des urgences, ainsi qu’au niveau de la pharmacie. Toute personne qui arrive en urgence est prise en charge directement par l’équipe présente, sans qu’on lui demande de moyens de paiement. Les paiements peuvent se faire après.
Parlons maintenant de la couverture santé universelle. Comment ça s’implante à Bangangté ?
La couverture santé universelle, c’est d’abord une œuvre sociale. Nous disons merci au chef de l’État, car il a instruit le ministre de la Santé, qui nous a instruits à l’hôpital de district de Bangangté. La couverture santé universelle est bien implémentée ici. Il y a l’enrôlement qui se fait dans toutes les portes d’entrée, avec des équipes mises en place, du matériel informatique (les tablettes avec Internet), et le personnel est bien formé. Des messages sont affichés dans tous les services pour permettre à tous les usagers de comprendre ce qu’est la couverture santé universelle et tous les paquets de soins qui sont pris en charge : le VIH, la tuberculose, la consultation gratuite des enfants de 0 à 5 ans, la prise en charge des maladies rénales (à l’hôpital régional, nous pouvons enrôler ces malades et les référer à l’hôpital régional pour la suite). Donc la prise en charge du VIH et des autres pathologies est bien implémentée ici. Tout le personnel, pendant les réunions de service et les assemblées générales, reçoit des rappels pour que nous soyons tous dans le même rythme. Il ne faut pas que certains personnels soient en avance et d’autres en retard. Donc nous appliquons à 100 % la couverture santé universelle. C’est le moment de dire que nous sommes aussi parmi les hôpitaux de la région de l’Ouest qui ont commencé à utiliser le chèque santé, qui facilite la prise en charge des femmes enceintes du début de la grossesse jusqu’à 42 jours après l’accouchement, dès qu’elles ont leur chèque disponible dans tous les centres de santé et les centres médicaux d’arrondissement du district de santé de Bangangté.
Est-ce que l’hôpital de district de Bangangté a des projets ?
Actuellement, nous avons un projet phare. Parce que, vous savez, pour pouvoir bien travailler, il faut la sécurité, et l’hôpital n’est pas clôturé. Donc notre projet
prioritaire, c’est de sécuriser l’hôpital, non seulement pour protéger les matériels, mais surtout pour protéger le personnel qui est disponible. En dehors de la sécurisation avec la clôture, nous envisageons la construction d’un bon service d’urgence. Comme je l’ai dit, c’est un axe où il y a beaucoup d’accidents. Donc il faut un grand service d’urgence, avec un bloc presque autonome, même avec un laboratoire d’urgence, pour pouvoir gérer tous ces cas.
Est-ce que vous avez, au-delà de ces projets, quelques difficultés ? Tout à l’heure, vous avez évoqué le manque d’une table orthopédique au bloc opératoire. Mais au-delà de cela, est-ce que vous avez d’autres difficultés ?
Oui, il y a le problème du personnel. Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est vrai que nous avons le minimum nécessaire, mais il faut toujours plus de personnel, parce que nous envisageons d’avoir plus de malades. Avec tous ces spécialistes qui arrivent, le nombre de malades augmente, ce qui demande aussi une augmentation du nombre de personnels. Si nous pouvons avoir aussi d’autres spécialités comme la cardiologie et la gynécologie, cela aiderait beaucoup notre hôpital.
Au niveau du service de maternité, nous savons que c’est l’un des points les plus sensibles également. Comment ça se passe là-bas ?
Le service de maternité fonctionne actuellement à merveille.
Combien d’accouchements par mois, en moyenne ?
Nous sommes en moyenne à 40 accouchements par mois, avec environ 15 à 18 césariennes. Parce que, vous savez, c’est l’hôpital de référence du district. Donc la plupart des cas viennent des centres de santé et des CMR, souvent quand c’est compliqué. Comme l’équipe est toujours disponible, nous faisons le maximum. Et jusqu’à présent, nous sommes à zéro mortalité maternelle, ce qui est un motif de satisfaction.
Est-ce que vous avez un message à l’intention des décideurs, des hommes de bonne volonté ou de la population ?
Pour notre ministre, c’est surtout si nous pouvons avoir des sages-femmes pour appuyer ce service qui est très délicat. C’est un service que le ministre tient à cœur avec le chèque santé, qui est surtout destiné aux femmes enceintes. Tout cela, c’est pour diminuer la mortalité maternelle et infantile. Donc si nous pouvons avoir plus de sages-femmes ou de maïeuticiens, de gynécologues, et aussi un bloc opératoire pour ce service qui serait proche de la salle de travail. Actuellement, le bloc est un peu loin de la salle de travail, ce qui est parfois difficile. Donc si nous pouvons avoir un bloc opératoire dans ce service, cela faciliterait la prise en charge à 100 %.
D’accord, on va finir par là. Nous savons qu’en milieu hospitalier, l’hygiène est assez importante pour éviter les infections nosocomiales. Je voudrais savoir, est-ce que vous avez de l’eau potable ? Est-ce que vous avez un dispositif pour prévenir les infections ?
Pour l’instant, nous avons de l’eau. Nous utilisons le forage. C’est vrai qu’il y a souvent des pannes, mais nous faisons le maximum. Comme vous l’avez bien dit, dans un hôpital, c’est d’abord l’hygiène. C’est pour cela qu’il y a le comité de prévention et de contrôle des infections. Nous avons mis l’accent sur cet élément. La seule difficulté que nous avons, c’est surtout notre incinérateur qui n’est pas fonctionnel. C’est aussi un grand plaidoyer. Pour l’instant, avec l’appui de la délégation régionale, il y a souvent la collecte des objets tranchants souillés pour être détruits dans d’autres incinérateurs, sous la coordination du délégué régional. Et aussi pour l’énergie. C’est vrai qu’il y a la centrale solaire, mais actuellement, elle est en panne. Donc, quand il n’y a pas l’électricité du réseau ENEO, nous utilisons le groupe électrogène.
Est-ce que vous avez un mot à ajouter ? Est-ce que vous pensez qu’on a oublié quelque chose que vous aimeriez partager ? Vous savez, vous serez lu, vous serez regardé à travers le monde, et on ne sait pas qui va vous regarder.
Oui, je voudrais m’adresser à la population pour dire que nous sommes là pour eux. Et nous sommes toujours ouverts pour donner aussi des conseils. L’hôpital ne soigne pas seulement, l’hôpital fait aussi de la prévention. Et la prévention peut se faire aussi à travers l’éducation. Parce que nous constatons que beaucoup de personnes viennent à l’hôpital avec de la désinformation ou de la mauvaise information venant du quartier, ce qui nuit à leur santé. Ce qui fait que souvent, ils arrivent très, très en retard à l’hôpital. Nous sommes parmi eux, pour eux, et nous sommes ensemble. La population doit se fier aux personnels de santé pour venir prendre les informations n’importe quand, pour pouvoir les aider et les accompagner. Ils doivent savoir que l’État a mis ces informations sanitaires à leur disposition pour leur bien-être. Ce n’est pas pour être contre eux, mais c’est pour les accompagner à avoir une meilleure santé, pour un bon Cameroun.
Album photos : Hôpital de district de Bangangté

Salle d’accouchement de l’hôpital de district de Bangangté

Le service des urgences de l’hôpital de district de Bangangté

Laboratoire d’analyse médicale de l’hôpital de district de Bangangté

Espace vert de l’hôpital de district de Bangangté

Salles de consultation et d’hospitalisation de l’hôpital de district de Bangangté

Centre d’imagerie médicale de l’hôpital de district de Bangangté

Mini-centrale solaire en panne de l’hôpital de district de Bangangté

Ambulance de l’hôpital de district de Bangangté

Service mères et enfants de l’hôpital de district de Bangangté

Château d’eau de l’hôpital de district de Bangangté













